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    Europe

    Soutien du Parlement européen à la reconnaissance d'un Etat palestinien

    media Le Parlement européen s'apprête à voter son soutien à la reconnaissance d'un Etat palestinien, le 17 décembre 2014. REUTERS/Vincent Kessler

    Le Parlement européen réuni à Strasbourg a apporté, mercredi 17 décembre, son soutien de «principe à la reconnaissance de l'Etat palestinien, et à la solution fondée sur deux Etats» mais sans appeler les 28 pays membres de l'Union européenne à faire de même, comme le souhaitaient plusieurs groupes politiques.

    Avec notre envoyée spéciale à Strasbourg, Béatrice Leveillé

    L’enjeu pour les eurodéputés qui viennent de voter massivement en faveur de cette résolution, c’est d’encourager la reprise du dialogue, ils sont convaincus que leur vote va donner une impulsion à de véritables négociations de paix.

    Désormais, pour l’Union européenne, la reconnaissance de l’État palestinien devient la base de ces négociations. Un pas déterminant pour une relation d’égal à égal entre Israéliens et Palestiniens. Le Parlement européen avait déjà condamné l’escalade de la violence dans la région La haute représentante de l’Union européenne, Federica Mogherini, avait déjà appelé à la création d’un Etat palestinien plusieurs pays de l'UE ont franchi le pas. Il s’agit de travailler diplomatiquement afin de promouvoir le processus de paix entre Israël et la Palestine.

    L’Union européenne qui est très impliquée dans la reconstruction à Gaza a encore des moyens de pression. Elle peut notamment suspendre son accord d’association avec Israël.

    « 70 ans, c'est trop long »

    Parmi les réactions, celle de Leïla Shahid, déléguée de la Palestine auprès de l'Union européenne qui se « félicite qu'une grande majorité des deux tiers soutienne la reconnaissance d'un Etat de Palestine. Ce compromis reconnaît l'Etat de Palestine dans ses frontières de 1967, et Jérusalem-Est comme capitale, et dit qu'il faudra qu'il fasse avancer le processus de paix et la négociation. C'est exactement ce que nous souhaitons. Nous pensons que cette décision (après celle de la Suède, de la Grande-Bretagne, de la France, du Portugal et ce matin du Luxembourg, qui sont tous les parlements qui ont voté la reconnaissance et qui recommandent à leurs Etats - parce que maintenant il faut que les Etats entérinent les recommandations des Parlements) est une chose très importante. Je vous rappelle qu'aujourd'hui, à New York, au Conseil de sécurité, la France et la Jordanie soumettent à la demande des Palestiniens une résolution qui elle aussi reconnaît l'Etat de Palestine et demande que d'ici deux ans on ait fini des négociations sous l'égide des Nations unies. C'est la dynamique qui est importante. Une dynamique très positive pour la Palestine. »

    Cependant, pour le député socialiste européen Edouard Martin, membre de la délégation pour les relations avec le Conseil législatif palestinien, « 70 ans d'attente pour les Palestiniens, c'est trop long, ça suffit. L'Union européenne doit aussi prendre ses responsabilités », c'est-à-dire « imposer un point de vue, y compris par un rapport de force un peu plus fort que ce que nous leur soumettons actuellement et pourquoi pas à travers des sanctions économiques vis-à-vis de l'Etat d'Israël sinon on n'y arrivera pas. Enfin, je crains qu'on n'y arrive pas. Je crains que ce soit une énième étape politique et que dans X années on y soit encore. Vous avez vu dans quelle situation on est actuellement ? Personne ne peut dire que le conflit israélo-palestinien n'a pas une influence sur tout ce qui se passe ailleurs, y compris en Europe. Je pense que l'UE doit aussi imposer son point de vue à l'Etat d'Israël. On ne peut plus se contenter d'un hypothétique plan de paix qui malheureusement n'arrive pas. »

    Ce même jour, à New York, les Palestiniens s'apprêtent à présenter au Conseil de sécurité de l'ONU une résolution réclamant la fin de l'occupation israélienne. Le texte, largement inspiré par les propositions françaises, sera ensuite soumis à un vote. On ne sait pas si le projet de résolution inclut une clause sur une date butoir pour la fin de l'occupation israélienne, que les Palestiniens réclament d'ici deux ans.

    Israël appelé à respecter le droit humanitaire

    Enfin, les représentants de 126 Etats, réunis ce mercredi en conférence à Genève, ont rappelé ce 17 décembre l'obligation de respecter le droit international humanitaire dans les Territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem-Est.

    La liste des griefs et des condamnations dressée contre Israël est longue, rappelle Laurent Mossu, notre correspondant à Genève. De l’occupation continu des Territoires palestiniens aux destructions d’habitations en passant par le blocus de Gaza, l’édification illégal du mur et les colonies de peuplement, la conférence de Genève a dénoncé en termes forts l’Etat hébreu.

    C’est par consensus que la déclaration appelle Israël à respecter le droit humanitaire. La déclaration, adoptée par consensus, énonce les principes fondamentaux du droit international humanitaire que tous les membres signataires de la quatrième Convention de Genève doivent respecter en ce qui concerne la protection des personnes civiles en temps de guerre, souligne un communiqué de la Suisse, organisatrice de la Conférence.

    Mais les Palestiniens n’échappent pas pour autant aux accusations notamment pour leurs attaques indiscriminées, entendez les tirs de roquette frappant les civils israéliens et l’utilisation de boucliers humains.

    Ces 126 délégations signataires des conventions de Genève avaient répondu à la convocation lancée par le gouvernement suisse en sa qualité de dépositaires des dites conventions. Les Etats-Unis et Israël ont boycotté la réunion dont les conclusions ont notamment reçu l’aval des pays européens.

    Le message a été jugé biaisé par Israël qui dénonce « une manoeuvre politique dont le seul but est (...) d'attaquer Israël » tandis que pour Washington, cette conférence risquait de « politiser les Conventions de Genève ».

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