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    Kolinda Grabar-Kitarovic: une dame de fer à la tête de la Croatie?

    media Kolinda Grabar-Kitarovic, après l'annonce de sa victoire à la présidentielle. REUTERS/Antonio Bronic

    Jamais une élection présidentielle n’avait été si ouverte. Finalement, la candidate de la droite, Kolinda Grabar-Kitarovic s’est imposée d’un cheveu, battant le sortant social-démocrate Ivo Josipovi avec 50,7% des suffrages. Elle devient ainsi la première femme chef d'Etat de Croatie.

    Dimanche soir, le suspens a duré longtemps, au gré des sondages sortis des urnes et des résultats partiels et contradictoires, jusqu’à ce qu’Ivo Josipovic reconnaisse sa défaite et félicite sa rivale. Aussitôt, la fête longtemps attendue a pu commencer au siège du parti de la Communauté démocratique croate (HDZ), au son des tubes de Thompson, l’ultra-nationaliste et très contesté chanteur pop. Avec la victoire de Kolinda Grabar-Kitarovic, la droite croate est sûre de tenir sa revanche, et s’apprête à déloger au plus vite le gouvernement de centre-gauche de Zoran Milanovi, au pouvoir depuis décembre 2011.

    Kolinda Grabar-Kitarovic est la première femme à devenir présidente de la Croatie mais, avant elle, le pays avait déjà eu une Première ministre, en la personne de Jadranka Kosor (2010-2011), elle aussi issue des rangs du HDZ. Celle-ci avait eu à gérer la tumultueuse arrestation et les débuts du procès de son prédécesseur, Ivo Sanader, finalement condamné à dix ans de prison pour corruption, avant de devoir céder le pouvoir aux sociaux-démocrates. Disposant d’un électorat fidèle et discipliné, le HDZ a réussi à se remettre de ce scandale et a choisi d’adopter une ligne d’opposition très dure, sous l’impulsion de son nouveau président Tomislav Karamarko. Toujours lié aux secteurs les plus droitiers de l’Église catholique et aux puissants réseaux d’anciens combattants, le parti semblait revenu à son nationalisme des années 1990.

    Technocrate efficace, moderne et très pro-occidentale

    La candidature inattendue de Kolinda Grabar-Kitarovic a cependant représenté un relatif coup de frein à cette dérive droitière. Mariée et mère de deux enfants, la nouvelle dirigeante de la Croatie est née en 1968 à Rijeka. Fille de boucher, elle décrit avec passion son enfance à la campagne et parle de sa mère comme de son héros. « C'est elle qui a nourri mes ambitions dans la vie », souligne la présidente qui a grandi aux Etats-Unis, à Los Alamos, avant de revenir en Croatie en 1993. Après avoir obtenu un diplôme de langues étrangères (anglais et espagnol) à l’Université de Zagreb, elle s’engage dans la diplomatie du pays, indépendant depuis quelques années. Ministre de l’Intégration européenne puis des Affaires étrangères dans les deux cabinets dirigés par Ivo Sanader (2003-2008), elle a été ambassadrice de Croatie à Washington (2008-2011) et enfin secrétaire générale-adjointe de l’Otan (de 2011 à septembre 2014). Membre de la Commission trilatérale, Kolinda Grabar-Kitarovic jouit d’une image de technocrate efficace, moderne et très pro-occidentale, ce qui n’est pas précisément le cas de la « vieille garde » de son propre parti.

    Dans une Croatie en récession constante depuis 2008, profondément désorientée dix-huit mois après son adhésion à l’Union européenne (1er juillet 2013), cette image très atlantiste et europhile aurait pu être un handicap, mais Kolinda Grabar-Kitarovic a réussi à conserver la base électorale de son parti tout en mordant sur des franges centristes attirées par son image de rassurante efficience. Son élection, plutôt bien perçue par les chancelleries occidentales, a toutefois réveillé quelques inquiétudes dans la région, notamment en Serbie. Le HDZ martèle que Zagreb devrait user de la menace du veto pour ralentir le processus d’intégration européenne de son voisin serbe, mais la candidate a pris ses distances avec cette position radicale, quelques jours avant le second tour. Elle s’est également prononcée, en termes relativement ambigus, en faveur d’une « représentation politique égale » des Croates de Bosnie-Herzégovine, sans toutefois reprendre la revendication d’une « troisième entité », purement croate, dans ce pays déjà divisé selon des lignes ethniques.

    « Présidente de la diaspora »

    La nouvelle présidente promet de « réconcilier la Croatie », mais son élection est déjà contestée. La sociologie des résultats montre un pays clivé en deux : c’est la Croatie des campagnes et des îles et du littoral qui a voté pour la candidate de droite, la Croatie la plus dépendante du tourisme et des emplois saisonniers, la Croatie la plus touchée par le chômage et la crise. À l’inverse, la région de Zagreb, le grand port de Rijeka et le « bastion » de gauche de l’Istrie ont plébiscité le sortant social-démocrate, sauf que c’est aussi dans ces régions que l’on a compté le plus grand nombre de bulletins nuls (60 000 à l’échelle nationale), signe de la colère et de l’insatisfaction de l’électorat de gauche.

    Au total, la candidate du HDZ ne l’a emporté qu’avec 32 000 voix d’avance. Or, la diaspora croate a envoyé pas moins de 33 000 voix. Très nationaliste, cette diaspora, principalement concentrée en Bosnie-Herzégovine, est presque entièrement acquise au HDZ : à Mostar, la grande ville toujours divisée entre quartiers croates et bosniaques, des incidents ont même éclaté auprès des bureaux de vote, tant était forte la pression pour aller voter. En Croatie, des voix n’ont pas manqué de s’élever pour stigmatiser la « présidente de la diaspora » et réclamer une réforme du système électoral.

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