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    Europe

    La région de Debaltsevo, front stratégique de la guerre d'Ukraine

    media Des soldats ukrainiens photographiés le 24 janvier à l'est de Debaltsevo, dans la région de Donetsk. AFP PHOTO/ SERGEI SUPINSKY

    Les rebelles pro-russes menacent d'élargir leur offensive dans l'est de l'Ukraine, où les affrontements font rage. Les séparatistes tentent d'encercler la ville de Debaltsevo, tenue par l'armée ukrainienne, en grignotant les localités alentour. À l’inquiétude liée aux combats pour les populations locales, s’ajoute en outre l’agacement devant les procédures mises en place pour se déplacer en zone séparatiste.

    Article mis à jour au fil des informations transmises par nos envoyés spéciaux dans la région, Boris Vichith et Anastasia Becchio

    Les porte-parole militaires ukrainiens ne cachent pas que la situation est délicate. Selon eux, les séparatistes ont déployé un nombre important de forces dans la zone de Debaltsevo. Cette ville, située sur une route stratégique qui relie les capitales séparatistes de Donetsk et Lougansk, semble aujourd'hui l'un des objectifs prioritaires des rebelles. Les combats sont particulièrement violents près de la localité de Vuhlehirs'k, à une poignée de kilomètres à l'ouest de Debaltsevo. Si les séparatistes parvenaient à s'emparer de Vuhlehirs'k, l'encerclement de Debaltsevo et des milliers de soldats ukrainiens qui s'y trouvent deviendrait quasiment total.

    Les combats ont encore été violents vendredi 30 janvier. Selon Edouard Bassourine, commandant en second des forces séparatistes de Donetsk, une bonne partie de la localité de Vuhlehirs'k est désormais sous contrôle rebelle. Les officiels ukrainiens démentent. Le chef de la république séparatiste de Donetsk, Alexandre Zakhartchenko, a néanmoins appelé les militaires ukrainiens de Devaltsevo à déposer les armes et à saisir cette chance de sauver leur vie, alors que l'armée ukrainienne reste profondément marquée par la tragédie d'Ilovaïsk où, en août dernier, elle s'était retrouvée encerclée par les forces pro-russes. Plus de 100 militaires avaient péri.

    Au milieu des morts, la vie continue tant bien que mal

    A Debaltsevo et dans les alentours, les évacuations de civils sont de plus en plus délicates. Les communications passent difficilement. Il n'y a plus d'eau, plus d'électricité, et les gens qui sont restés se terrent dans les caves. Un homme croisé par nos envoyés spéciaux répare son toit en partie soufflé par une explosion. Le front n'est qu'à quelques kilomètres de là, les séparatistes ne sont plus très loin et pourraient s'emparer de la ville. Une perspective qui laisse Igor indifférent. « Moi, je m'en fiche de qui viendra, pourvu que ça ne bombarde pas, explique-t-il. Ça ne m'intéresse pas de savoir qui se bat contre qui et pourquoi. Pour moi, l'essentiel, c'est de rester en vie. »

    Des habitants de Debaltsevo dans un abri, le 30 janvier 2015. Les bombardements de ces derniers jours ont fait de nombreuses victimes civiles dans la régionde Donetsk REUTERS/Maksim Levin

    Avec l'intensification des combats, les villes alentour connaissent des bombardements quotidiens et des civils meurent. Les deux camps s'en rejettent la responsabilité. Dans une rue, une dispute éclate. Les autorités ukrainiennes venues sur les lieux pointent du doigt les séparatistes. Mais les habitants de la maison voisine ne sont pas vraiment de cet avis. « À chaque fois, vous dites que ce sont les combattants de la République de Donetsk qui nous bombardent. Mais eux, ils viennent nous libérer de l'armée ukrainienne. Pourquoi venez-vous chez nous ? Qui vous a demandé de venir ? Restez chez vous ! Nous, on ne vient pas vous attaquer ! » Sur la place de la ville, déserte, le camarade Lénine, sur son piédestal, tient un drapeau ukrainien. Un symbole qui n'est pas vraiment du goût de tous apparemment.

    La galère des laissez-passer entre les deux camps

    Nombre d'habitants des localités de la région sont agacés par les procédures mises en place pour se rendre dans la zone des séparatistes. Les autorités ont en effet instauré depuis peu un système de laissez-passer. Pour l'obtenir, il faut se rendre dans l'une des trois villes qui délivrent ces documents, et surtout s'armer de patience. Sur les marches de l'hôtel de police de Velikaya Novosilka par exemple, où s’amasse une foule compacte, les esprits s'échauffent. Cela fait plus de deux semaines que Nadezhda vient ici tous les deux jours dans l'espoir d'obtenir un sésame pour aller à Donetsk. « Je veux aller chercher mon petit-fils de 4 ans, proteste-t-elle. Je l'ai déjà gardé pendant six mois, mais comme il manquait à ses parents et que la situation s'était calmée, ils l'ont repris. Les combats se sont intensifiés, alors je veux le reprendre. »

    Un élément séparatiste pro-russe en plein feu aux alentours de la localité de Debaltsevo, dans la région de Donetsk, le 28 janvier 2015. AFP PHOTO / MANU BRABO

    À la gare routière toute proche, dans une minuscule échoppe, la photocopieuse marche à plein régime. Les candidats à l'obtention d'un laissez-passer doivent en effet préparer une batterie de documents prouvant qu'ils ont des liens familiaux ou des propriétés dans les régions sous contrôle séparatiste. Victor, anciennement pompier à Donetsk, veut aller voir son vieux père resté là-bas, mais le sésame se fait attendre depuis 10 jours. « Il y a beaucoup d'attente, mais d'un côté, je le comprends : il s'agit d'assurer la sécurité de notre pays. Ils font une enquête poussée, ils vérifient, par exemple, que chaque personne qui fait une demande n'est pas impliquée dans des activités séparatistes. » Victor repartira encore les mains vides ce soir. Son père, dont l'appartement à Donetsk a été endommagé par les bombardements devra encore attendre un peu.


    Les pourparlers de paix sur l'Ukraine vont-ils enfin se tenir ce samedi à Minsk, en Biélorussie ? Kiev l'espère, mais la tendance n'est pas à l'optimisme. Les négociations devaient débuter la veille, vendredi, et ont été reportées. Les séparatistes promettent de lancer une grande offensive si aucun accord n'est trouvé. L'Ukraine était au menu d'un dîner de travail entre Angela Merkel et François Hollande vendredi soir à Strasbourg.

    → à lire aussi la Revue de presse du jour : Ukraine, la tentation militaire

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