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    Europe

    Le cardinal Burke entre en résistance face au pape François

    media Le cardinal américain Raymond Burke à Rome, le 4 mars 2013. AFP PHOTO / ALBERTO PIZZOLI

    Le cardinal américain Raymond Leo Burke ne se remet pas des changements intervenus au Vatican depuis l’avènement du pape François. Ecarté fin 2013 de la Congrégation pour les évêques, l’équivalent d’un ministère dans l’Eglise catholique, le cardinal Burke ne s’est pas départi depuis d’une sainte inquiétude.

    Raymond Burke a beaucoup perdu le jour de février 2013 où Benoît XVI a décidé de renoncer à sa charge. Il faut dire que ce spécialiste du droit canon lui doit beaucoup dans son ascension vers plus hautes fonctions de l’Eglise catholique romaine. Mais, plus important que tout, les deux prélats étaient sur la même ligne de pensée conservatrice. « C’est un maître de la foi », aime à répéter en français le cardinal, un peu orphelin aujourd’hui. 

    L’avènement du pape François en mars 2013 a sonné pour le cardinal Burke la fin d’une époque faite de certitudes et de défense d’une institution en déficit de transparence. Les prises de position de François sur la famille, les homosexuels, le carriérisme des « princes de l’Eglise », les pratiques de la banque du Vatican, agitent dès lors tout ce que le Vatican compte d’ultraconservateurs qui y voient une menace pour la doctrine. .
     
    Contre nature
     
    Démis de ses fonctions au sein de la Congrégation pour les évêques, le cardinal Burke perd ainsi un pouvoir décisif : celui de nommer des évêques qui soient en phase avec sa conception de l’Eglise. A sa place, le pape a nommé un évêque, lui aussi américain, mais beaucoup plus modéré. François signifiait ainsi que sa volonté de privilégier les prêtres « proches du peuple » plutôt que les « ambitieux », n’était pas qu’un effet d’annonce.
     
    Puisque le pape ne ralentit pas sa marche vers le changement, les cardinaux les plus conservateurs s’organisent. Dans un entretien diffusé ce 8 février par France 2, le cardinal Burke déclare sans détour tout ce qui le hérisse. « Je n’accepte pas que l’on donne la communion à des couples non mariés devant l’Eglise. Parce que leur union irrégulière, c’est de l’adultère », estime-t-il. « Quant aux homosexuels, poursuit-il, ils n’ont rien à voir avec le mariage. C’est une souffrance d’être attiré par une personne du même sexe. C’est contre nature », tranche le cardinal.
     
    Des propos qui viennent en réponse à ceux du pape qui, parlant des homosexuels, disait : « Si une personne est gay, qu’elle cherche le Seigneur et qu’elle de bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? ». L’entretien est filmé dans la bibliothèque du cardinal qui, pour l’occasion, est vêtu de façon on ne peut plus traditionnelle : soutane noire, camail noir gansé de pourpre, calotte et ceinture de soie moirée rouge, pendue à une chaîne, une grande croix d’or.
     
    Les forces du mal
     
    Quand la journaliste de France 2 lui demande ce qu’il compte faire si le pape persiste dans cette direction, le cardinal prend un air navré et répond en italien : « Je résisterai. Je ne peux rien faire d’autre. Puis il reprend, « il y a un malaise, c’est indubitable ». « C’est douloureux, c’est préoccupant », reconnaît enfin le prélat. « Mais je dois m’habituer au nouveau pape », lâche-t-il enfin.
     
    Celui qui a été jusqu’en 2014 le chef (préfet) du Tribunal suprême de la signature apostolique, la plus importante juridiction  du Saint-Siège, maîtrise mieux que personne l’art de la dialectique. Ainsi, quand on lui demande s’il pense que l’Eglise est menacée en tant qu’institution, Raymond Burke baisse les yeux et répond : « Le Seigneur nous a assuré, comme il l’a assuré à saint Pierre dans l’Evangile, que les forces du mal ne vaincront pas ». On ne saura évidemment pas qui sont ces forces du mal et qui les incarne…
     
    La caméra glisse alors vers une statue du Christ avant de se poser sur un portrait du pape François devant lequel se tient le cardinal qui consulte sa montre gousset. « C’est quand même votre ami le pape », s’inquiète alors la journaliste. Une sollicitude qui arrache un début de rire à Raymond Burke : « Je ne voudrais pas qu’il devienne mon ennemi », dit-il dans un demi-sourire, tout en signifiant que l’entretien est terminé.

     

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