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    L’opinion publique russe face aux événements en Ukraine

    media Sur le tee-shirt de ce manifestant, la photo du président Poutine et l’inscription: «L’ours ne cédera pas sa taïga!». RFI/ Muriel Pomponne

    Le changement de pouvoir il y a un an en Ukraine a été commémoré à sa façon par la Russie par une grande campagne médiatique, contre toute velléité de contestation populaire. Le point d'orgue de cette campagne a été la manifestation « anti-Maïdan » du week-end dernier à Moscou.

    De notre correspondante à Moscou,

    Depuis le début de la révolution ukrainienne, l’opinion publique russe a une vision très négative des événements en Ukraine, que ce soit le Maïdan - du nom de la place depuis laquelle les pro-Européens ont renversé le régime de Viktor Ianoukovitch - d’abord, puis la crise et la guerre dans l’Est. Le pouvoir de Kiev est toujours qualifié de fasciste par les médias, et le changement de pouvoir du 21 février 2014 est qualifié de « coup d’Etat ».

    Néanmoins, pour Denis Volkov, sociologue à l’institut Levada de Moscou, les thèmes dominants dans l’opinion ont évolué depuis un an. En mars, l’annexion de la Crimée a été saluée par 84% de la population. La nostalgie de la Crimée était un thème très populaire et donc très porteur pour les autorités russes. L’euphorie autour de la Crimée a duré pendant quelques mois. Vers la fin de l’année 2014 c'est la crise économique qui a préoccupé l'opinion. La dévaluation brutale du rouble a constitué un choc. Maintenant la crise est passée au deuxième plan, derrière l’ opposition entre la Russie et l’Occident . Le thème qui est mis en avant change régulièrement, ce qui permet de ne pas réfléchir aux problèmes intérieurs. La propagande anti-occidentale a du succès , car c’est un thème qui a toujours inquiété la population.

     L’Occident pointé du doigt

    La nécessité de se défendre contre les intentions belliqueuses des Etats-Unis est un thème qui est utilisé comme un chiffon rouge depuis longtemps en Russie, mais encore plus depuis le début de la crise ukrainienne. Les Etats-Unis chercherait à semer la discorde entre les pays frères pour mieux atteindre la Russie. Le député du Front populaire Anatouli Vibourni, qui participait samedi à la manifestation « anti-Maïdan » affirme qu’il en est convaincu : « La Russie, la Biélorussie et l’Ukraine sont des peuples frères. Nous espérons que le peuple ukrainien va se réveiller, va se rendre compte de la guerre de propagande menée par les Américains, et qu'il aura assez de force pour redevenir le peuple que nous connaissons depuis des siècles et avec le quel nous avons toujours vécu. »

    Tout au long de cette manifestation dont le thème était la lutte contre un éventuel « Maïdan », un slogan est revenu régulièrement : le « Maïdan », c’est la guerre et le chaos. Denis Volkov explique que dès le début, l'insurrection de Maïdan a été considérée comme un projet américain. D'ailleurs, le conflit est perçu comme montrant les Etats-Unis et l’Occident faisant pression sur la Russie par le biais de l'Ukraine. C'est la même interprétation que lors des manifestations en Russie en 2012 : on disait à l'époque que les gens manifestaient pour des biscuits américains. C’est en quelque sorte la suite de ce thème en Ukraine.

    Des cosaques lors de la manifestation «anti-Maïdan» à Moscou, le 21 février 2015. RFI/ Muriel Pomponne

    Ce climat anti-occidental utilisé par le pouvoir se base aussi sur l’échec du projet d’intégration de la Russie dans la communauté internationale, sur le traumatisme de la perte du statut de super puissance suite à l’éclatement de l’URSS. Ce conflit aujourd’hui est donc interprété comme le retour de ce statut, face à un Occident « qui ne nous a jamais aimé mais qui a peur de nous, qui nous haït mais qui est obligé de nous prendre en compte ».

    Le rôle de la propagandes et des médias de masse

    Quand on ose demander aux manifestants, ce qu’ils feront s’il y a un « Maïdan » à Moscou, ils sont nombreux à dire qu’ils iront manifester leur soutien au président Poutine, car ils approuvent sa politique. D’autres ont seulement peur du désordre et n’envisagent pas de manifestations populaires.

    Pour Denis Volkov, ce point de vue est façonné par la propagande. Selon lui, la politique de la Russie à l’égard de l’Ukraine ou de quoi que ce soit d'ailleurs, ne dépend pas de l’opinion publique. C'est l’opinion publique qui est façonnée sur telle ou telle question.

    Cela est particulièrement notable depuis un an, depuis qu’un véritable « régime de propagande militaire » s’est mis en marche dans les médias principaux. Un mode de fonctionnement des médias qui a déjà existé sous l’ère Poutine, en 2008, lors de la guerre avec la Géorgie, mais cela n’avait duré qu’un mois. Cette fois-ci ça dure déjà depuis près d’un an. Le format des programmes a changé : 70% des informations sont consacrées à l'Ukraine, elles sont moins factuelles, plus basées sur l’émotion.

    Cela permet à Vladimir Poutine de recueillir 85% d’opinion favorable, ce qui réduit d’autant la possibilité des opposants, et notamment des partisans de la paix, de se faire entendre.

    Un fossé entre l’Ukraine et la Russie qui se creuse

    D’après les sondages réalisés par l’institut Levada, les Russes sont de moins en moins nombreux à souhaiter une union des deux pays. L’indépendance de l’Ukraine semble être un fait accepté.

    En revanche, la perception de la guerre dans l’est de l’Ukraine n’est pas la même. Les Russes ne sont que 25% à penser qu’il y a la guerre entre l’Ukraine et la Russie actuellement. Alors que les sondages réalisés coté ukrainien montrent que 70% des Ukrainiens estiment qu’il y a la guerre entre les deux pays. L’opinion publique est convaincue qu’il ne peut plus y avoir de coopération. Pour Denis Volkov, cette divergence de perception du conflit influencera significativement le développement des relations entre les deux pays.

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