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    Europe

    Ukraine: l'inquiétude croît à Marioupol

    media Au loin, de la fumée s'échappe des grandes cheminées des usines métallurgiques de la ville de Marioupol, dans l'est de l'Ukraine, le 3 février 2015. REUTERS/Gleb Garanich

    Le conflit en Ukraine est « à la croisée des chemins, avec le risque d'une nouvelle escalade », a déclaré ce vendredi devant le Conseil de sécurité la présidente du Groupe de contact de l'OSCE sur l'Ukraine, Heidi Tagliavini.  Trois soldats ukrainiens ont été tués ces dernières 24 heures près des ruines de l'éaéroport de Donetsk. Sur le front sud, dans la région de Marioupol , la situation reste volatile. Reportage de nos envoyés spéciaux à Marioupol, Anastasia Becchio et Boris Vichith.

    Un an jour pour jour après la prise du Parlement de Crimée par un commando pro-russe, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni ce vendredi pour examiner la situation en Ukraine. « Nous sommes encore loin » de la pleine application des accords de paix de Minsk, a déclaré devant le Conseil de sécurité la présidente du Groupe de contact de l'OSCE sur l'Ukraine, Heidi Tagliavini, tout en soulignant le risque d'une « spirale négative ».

    Près de cinq millions de personnes ont besoin d'aide humanitaire en raison du conflit dans l'est de l'Ukraine, a estimé vendredi l'ONU, parlant d'« une situation très sombre ». « Il y a vraiment une crise humanitaire dans les zones tenues par les séparatistes », a précisé le coordinateur pour l'aide humanitaire de l'ONU en Ukraine, Neal Walker, qui se cherchait ce vendredi à Bruxelles le soutien des institutions européennes à un nouvel appel de fonds de 316 millions de dollars.

    La trêve semble tenir dans l'Est. Les deux parties ont débuté le retrait d'une partie de leurs armes lourdes de la ligne de démarcation. Sur le front Sud, dans la région de Marioupol, la situation reste volatile. L'inquiétude croît à Marioupol. Cette dernière grande ville de l'Est rebelle sous contrôle de Kiev pourrait être la prochaine cible des séparatistes. En dépit du cessez-le-feu, les autorités de la ville redoutent une attaque et s’y préparent. 

    Marioupol, port stratégique, cible de premier choix

    C’est devenu un rendez-vous régulier… Plusieurs fois par semaine, le maire de Marioupol Iouri Kotloubei réunit les représentants de l’armée, de la police, des services de secours, les bataillons de volontaires, pour faire le point sur la situation dans la ville. Parmi les points évoqués, des exercices d’évacuation de la population en cas d’attaque : « Le but est d’apprendre à la population, aux enfants, aux écoliers, comment se comporter en cas de danger, en cas d’attaque d’artillerie lourde. Nous savons bien que la paix n’est pas revenue. Tout près de la ville, nous avons toujours d’importantes forces de combattants de la république autoproclamée de Donetsk, qui sont là avec leurs armes venues de Russie. »

    En dépit du cessez-le-feu, Marioupol reste une cible de premier choix pour les séparatistes… Serguei Taruta en est convaincu. L’ancien gouverneur de la région de Donetsk, aujourd’hui député du Parlement ukrainien est venu spécialement de Kiev pour assister à la réunion : « Marioupol est la ville la plus industrialisée du Donbass. C’est une ville qui est importante non seulement pour l’économie de la région, mais pour l’Ukraine tout entière. C’est un nœud routier important. C’est un port de commerce. Nous comprenons bien que Marioupol est aujourd’hui la ville la plus importante du Donbass et nous nous devons de la défendre ».

    Le front à quelques kilomètres de là  

    Deux grandes entreprises métallurgiques sont implantées à Marioupol. Elles emploient des dizaines de milliers de personnes, inquiètes pour leur avenir.

    Les fumées des hauts fourneaux s'élèvent haut dans le ciel de Marioupol. Devant l'immense usine métallurgique Azovstal, des ouvriers prennent une pause.
    Edouard Koutchevoura, machiniste, 36 ans de maison, se réjouit de ne plus entendre des déflagrations depuis deux jours, mais reste assez pessimiste : « Cette incertitude, c'est comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête, témoigne-t-il, les ouvriers sont très pessimistes. Nous, on sait bien ce que représente Marioupol et ses usines et quel pourrait être l'intérêt pour une entité comme la République populaire de Donetsk de les avoir : quelque 10% du Produit intérieur brut de l'Ukraine provient de Marioupol. Cela représente beaucoup d'argent et c'est pourquoi tout le monde la veut. »

    Sur la route qui passe devant le grand complexe de l'usine, une patrouille de police monte la garde et fouille les véhicules suspects... Les autorités civiles et militaires ont augmenté les moyens de protection de la ville et de ses usines, mais Serguei Chalama, ingénieur chez Azovstal ne se sent pas plus protégé : « Je ne crois pas que les systèmes de protection mis en place soient efficaces... Ils ont creusé des tranchées et dressé des barrages, mais tout cela ne suffit pas, parce qu'on manque de forces. Je pense que la plupart des gens qui défendent la ville ne sont pas de bons professionnels, parce que tout simplement, dans notre pays, l'armée a été délaissée pendant 23 ans  ». Quoi qu'il arrive, Serguei affirme qu'il restera à son poste aussi longtemps qu'il le pourra.

    Les usines appartiennent à l'homme le plus riche de l'Ukraine

    Depuis le début des hostilités, les deux grandes entreprises métallurgiques de la ville de Marioupol connaissent des difficultés croissantes.

    17 heures, les ouvriers passent les grandes grilles de l'usine métallurgique Azovstal et s'en vont prendre leur tramway. Avec le front à quelques kilomètres de là, et une partie des mines du Donbass aux mains des séparatistes, les matières premières manquent, du coup, l'activité est ralentie, comme le reconnaît Anton : « La production de fonte et d'acier est liée au coke et comme il y en a moins, on a une baisse de production. On ferme les yeux sur le fait qu'on travaille moins et on nous paye comme si on produisait à plein régime. Rinate Léonidovitch nous ménage ».

    Rinat Leonidovitch Akhmetov, l'homme le plus riche d'Ukraine, veille sur ses deux usines de Marioupol qui totalisent 50 000 employés. Azovstal ne fonctionne qu'à 60% de ses capacités, mais pas question de licencier, explique le directeur général Enver Tskitichvili : « Rinat Akhmetov a une position très claire : nous ne taillons pas dans les salaires et ne licencions pas. Les gens que nous avons ici sont très qualifiés parce que nous avons beaucoup investi pour les former. Notre objectif est de les garder chez nous ».

    Ceux qui partent fuient la mobilisation militaire

    Pourtant, des ouvriers quittent l'usine ces derniers temps, c'est ce que constate l'ouvrier spécialisé Edouard Koutchevoura : « Ceux qui partent sont jeunes et souvent qualifiés. Ils fuient la mobilisation militaire. Dans mon unité, 70% de ceux qui ont reçu leur ordre de mobilisation, sont venus chercher leur solde de tout compte et ont quitté Marioupol ».

    Le mois dernier, le président Porochenko a lancé la quatrième vague de mobilisation militaire : 50 000 personnes supplémentaires doivent être recrutées d'ici avril.

    (Avec nos envoyés spéciaux à Marioupol, Anastasia Becchio et Boris Vichith)

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