GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mercredi 18 Octobre
Jeudi 19 Octobre
Vendredi 20 Octobre
Samedi 21 Octobre
Aujourd'hui
Lundi 23 Octobre
Mardi 24 Octobre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Moyen-Orient

    Couac diplomatique entre la Suède et l'Arabie saoudite

    media En Arabie saoudite, toute dissidence est sévèrement réprimée et les droits de l'homme sont souvent bafoués. REUTERS/Fayez Nureldine/Pool/Files

    Stockholm a décidé de ne pas renouveler son accord de coopération militaire avec Riyad, un acte qui a rapidement engendré le courroux des autorités ultraconservatrices du royaume. Au cœur de cette décision pour le moins courageuse, la question ultra-sensible des droits de l’homme en Arabie saoudite.

    Le gouvernement de gauche suédois fait à nouveau parler de lui dans un domaine qui lui est cher, celui des droits de l’homme. Mardi 10 mars, Stockholm a mis fin unilatéralement à sa coopération militaire avec l’Arabie saoudite, en ne renouvelant pas un accord signé en 2005 et dont l’échéance arrivait en mai prochain. Selon cet accord, qui faisait de l'Arabie saoudite le troisième acheteur d'armement suédois en dehors des pays occidentaux, Riyad avait acheté l’an dernier pour 37 millions d’euros d’armements suédois, dont les radars Saab – une somme modeste au vu des contrats d’armement du royaume, mais non négligeable pour l’économie suédoise.

    Le fait que Riyad soit un partenaire stratégique des Occidentaux dans la région plus instable que jamais n’y a rien fait. En Suède, on ne plaisante pas avec la défense des droits humains, et vendre des armes à un Etat considéré comme une dictature par les Verts suédois est tout simplement immoral. Quitte à faire porter un coup dur à l’industrie nationale.

    Les raisons de cette rupture ne sont pas officiellement connues. Mais tout semble pourtant clair : la Suède, dirigée depuis le mois d’octobre par une coalition entre sociaux-démocrates et Verts, s’est lancée dans une diplomatie audacieuse par rapport à ses voisins européens. La reconnaissance de l’Etat de Palestine est encore dans toutes les mémoires.

    Une décision qui n’arrive pas au hasard

    A l’origine de la décision suédoise, un incident diplomatique qui s’est produit avec le royaume musulman ultraconservateur. Lors d’une réunion de la Ligue arabe au Caire, la ministre des Affaires étrangères suédoise, connue pour défendre une politique étrangère féministe, a tout simplement été empêchée de prononcer son discours. Car Margot Wallström a de quoi s’attirer le courroux de Riyad : la chef de la diplomatie suédoise a dénoncé haut et fort le sort réservé au blogueur Raif Badawi, évoquant les « méthodes moyenâgeuses » de la justice saoudienne. D’autant que Raif Badawi, flagellé pour « insulte à l’islam », risque aujourd’hui d’être condamné à mort puisque les autorités du royaume pourraient le rejuger cette fois-ci pour apostasie, un délit passible de la peine maximale.

    Mais l’Arabie saoudite de faire fi de cette décision suédoise somme toute minime pour ses affaires et de poursuivre sa politique ultraconservatrice : ce 11 mars, le Gulf Center for Human Rights a annoncé que Mohammed al-Bajadi, l’un des membres fondateurs de l’une des rarissimes associations de défense des droits de l’homme du royaume, avait été condamné à dix ans de prison par une « cour criminelle spécialisée » sur le terrorisme. Jugé sans préavis et sans avoir pu contacter ses avocats, le jeune trentenaire était accusé d'avoir, entre autres, acquis des livres interdits, organisé une manifestation de familles de détenus et diffusé des documents susceptibles de « troubler l'ordre public ». Et ce n’est malheureusement qu’un exemple parmi beaucoup d’autres.

    Margot Wallström, ministre des Affaires étrangères suédoise, a dénoncé haut et fort le sort réservé au blogueur Raif Badawi, évoquant les «méthodes moyenâgeuses» de la justice saoudienne. Reuters

    En Arabie saoudite, royaume où toute dissidence est sévèrement réprimée, les prisons regorgent de militants qui ont eu le malheur de se frotter aux droits de l’homme ou à la liberté d’expression. Début mars, selon Amnesty International France, le jeune blogueur Raif Badawi a confié, durant une conversation téléphonique avec son épouse exilée au Canada : « Mon cas n'est pas un cas individuel, c'est un cas de liberté d'expression et de liberté de religion. Nous devons tous être libérés. »

    Riyad reste inflexible

    Le 7 mars dernier, Riyad a réaffirmé n'accepter « aucune forme d'ingérence dans ses affaires internes et rejeter toute atteinte à l'indépendance de sa justice », en réaction à la vague de critiques internationales provoquée par la condamnation de Raif Badawi à 10 ans de prison et mille coups de fouet. Sur son compte Twitter mardi soir 10 mars, Margot Wallström a écrit : « La plupart des questions exigent du courage et de la patience pour être traitées. Fière d'être claire sur la démocratie et les droits de l'homme ».

    Reste à savoir si d’autres Etats occidentaux suivront l’exemple suédois. D’autant que Riyad s’est empressé de rappeler son ambassadeur à Stockholm et, dans la foulée, de rétorquer sur les déclarations de la ministre. Les propos de Margot Wallström sont « préjudiciables au royaume et ne sont tolérés ni par les conventions internationales, ni par les coutumes diplomatiques, et ne s'accordent pas avec (l'esprit) des relations amicales entre Etats », a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères à Riyad, cité par l'agence officielle SPA.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.