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    Europe

    Italie: face à l’afflux des migrants, le pape appelle à la solidarité

    media Le pape François et le président italien Sergio Mattarella (à gauche) ont appelé la communauté internationale à aider l'Italie à s'atteler aux drames de l'immigration. AFP PHOTO POOL / MAURIZIO BRAMBATTI

    Samedi 18 avril, le pape François a pris la communauté internationale à témoin : il faut agir contre la multiplication des tragédies de l'immigration en Méditerranée, plaide-t-il. D’autant que d’après les organismes internationaux, le flux continu de bateaux qui abordent les côtes italiennes va se poursuivre et même s'amplifier. Le nombre de tragédies risque d'augmenter en proportion.

    « Je voudrais exprimer ma gratitude à l'Italie, qui a entrepris d'accueillir les nombreux migrants cherchant refuge, au prix de leur vie », a déclaré le pape François samedi. Le souverain pontife a exhorté la communauté internationale à agir face à la succession des épisodes tragiques marquant l'afflux de migrants tentant, au péril de leur vie, de gagner l'Italie depuis l'Afrique du Nord. « Il est évident que l'ampleur de ce phénomène requiert une plus grande implication. Nous ne devons pas nous lasser dans nos tentatives de solliciter une réponse plus globale au niveau européen et international », a ajouté François.

    Le pape s’exprimait dans le cadre de sa première entrevue officielle avec le nouveau président de la République italienne, Sergio Mattarella, qui a renouvelé l'appel de Rome à un plus grand soutien de la part de ses partenaires européens pour faire face à cette crise humanitaire. « Ces vies brisées compromettent la dignité de la communauté internationale, et nous risquons de perdre notre humanité », a lancé le chef de l'Etat italien.

    L'afflux des migrants ne cesse d'augmenter

    L’appel des deux hommes intervient une semaine après le naufrage de quelque 400 personnes en Méditerranée. En une semaine, pas moins de 11 000 migrants venus de Libye sont arrivés en Italie par la mer dans des embarcations de fortune. Et leur nombre ne cesse d’augmenter.

    Capture d'écran d'une vidéo diffusée par les gardes-côtes italiens suite à un sauvetage mené le 12 avril 2015 au large de la Sicile. AFP PHOTO / HO

    Cette tendance à la hausse va se poursuivre, selon le responsable international de l’immigration pour la Communauté Jean XXIII, Gianni Fortugno, qui coordonne par ailleurs l’urgence migrants à Reggio de Calabre en Italie. Selon lui, les arrivées devraient être quatre fois plus nombreuses cette année que l’an dernier, un afflux proportionnel à l’aggravation des conflits.

    « Si on prend en compte ce qui se passe en Afrique subsaharienne, avec la pression des franges jihadistes d'un côté et par ailleurs la montée en puissance de l'organisation Etat islamique, ça donne une situation de compression dans laquelle la population n'a pas d'issue de secours », a expliqué Gianni Fortugno à notre envoyée spéciale à Reggio de Calabre Juliette Gheerbrant.

    Une route de l'exil de plus en plus dure

    Aujourd’hui, ajoute Gianni Fortugno, 600 000 à 800 000 personnes attendent sur les côtes libyennes pour embarquer vers l’Europe aux mains de passeurs sans scrupule. Autre fait inquiétant selon lui, la route de l'exil est de plus en plus dure pour les réfugiés. « Les réfugiés de l'an dernier avaient moins peur du contact avec nous. Depuis le début de l'année, j'ai constaté que les passages en Libye avaient été extrêmement éprouvants pour les migrants. Et cela a certainement déclenché chez eux une sorte de repli, une manière de se protéger. Leur état général s'est dégradé aussi, ils arrivent plus exténués, plus sales », a constaté Gianni Fortugno.

    « Et puis, il y a aussi cette histoire, l'autre jour, des réfugiés musulmans qui ont jeté des chrétiens à la mer. C'est impensable... parce que jusqu'a maintenant, même s'ils étaient de religions différentes, ils sentaient qu'ils partageaient la même aventure malheureuse, la même histoire. Et j'ai toujours vu une cohabitation très sereine entre eux. J'ai l'impression qu'en ce moment, il se passe quelque chose de très délicat, et de particulièrement lourd », poursuit-il.

    Les tragédies se multiplient

    Avec l’augmentation des départs, les tragédies se multiplient. Ainsi, près de 500 personnes ont trouvé la mort ces dernières semaines dans des naufrages et plus de 900 migrants ont perdu la vie depuis le début de l'année en effectuant la traversée entre la Libye et l'Italie.

    Plus de 11 000 personnes sont arrivées sur les côtes italiennes en six jours. Ici, dans le port sicilien de Trapani, le 17 avril 2015. REUTERS/Guglielmo Mangiapane

    Ce n’est sans doute qu’une partie de la réalité. D’après Gianni Fortugno, « seule une partie des tragédies qui se déroulent en Méditerranée nous est connue, celles pour lesquelles la marine italienne réussit à intervenir. Parce qu'il en arrive beaucoup et... et nous ne pouvons pas avoir de témoignages sur ce qui se passe réellement en Méditerranée. »

    L'Italie souhaite une solution européenne

    Devant l’afflux de migrants, l'Italie en a appelé à la solidarité de ses partenaires européens. Avec l’Allemagne, la France et la Slovaquie, elle tente de créer un mouvement qui entraînerait les autres Etats de l'UE dans le sillage pour une réaction commune et une « solution forte » au niveau européen. Les quatre pays ont ainsi signé un texte vendredi 17 avril, qui appelle entre autres à une action résolue contre les trafiquants d'êtres humains.

    Mais comme le rapporte notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet, rien ne garantit cependant que ce texte sera suivi d'effet, la solidarité européenne ayant déjà maintes fois été invoquée. Car si le gouvernement italien estime recevoir plus de 90 % des candidats à l'exil arrivant en Europe, les migrants continuent de tenter de franchir le détroit de Gibraltar ou la mer Égée ; l'Espagne ou la Grèce sont elles aussi en première ligne et appellent également leurs partenaires européens à partager le fardeau.

    L'UE reste en retrait

    Malgré l'émotion causée par les 300 morts du naufrage d'octobre 2013 à Lampedusa, l'UE reste très en retrait dans ce dossier. La seule solution mise en avant pour l'instant par le commissaire européen chargé des Migrations serait la réforme de la convention de Dublin. Cette dernière stipule qu'un migrant ne peut faire de demande d'asile que dans le pays par lequel il est entré en Europe.

    Les cercueils des victimes du naufrage dans une hangar de l'aéroport de Lampedusa, le 5 octobre 2013. REUTERS/Antonio Parrinello

    La convention de Dublin a, pour les pays qui ne sont pas en première ligne, l'avantage de leur épargner un fardeau administratif et financier considérable. L'expérience des 18 derniers mois a montré qu'il ne sera pas simple de parvenir à motiver l'ensemble des 28 Etats de l'Union pour une politique migratoire solidaire.

    Une réduction de l'effort européen

    Au contraire, on a même assisté à une réduction de l'effort européen puisque l'opération italienne Mare Nostrum de surveillance et de sauvetage maritime a été remplacée par Triton, une opération européenne trois fois moins bien dotée et à laquelle participent moins de la moitié des pays de l'UE.

    Une situation contre laquelle le chef de la diplomatie italienne Paolo Gentiloni n’a pas manqué de s’insurger, jugeant scandaleux que l'UE, « la plus grande superpuissance économique de notre époque », ne consacre que des sommes selon lui dérisoires à cette opération.

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