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    Europe

    Migrants: en attendant les actes de l'Europe, l'Italie gère l'urgence

    media Des migrants discutent dans le centre d'accueil de Mineo, le plus grand d'Europe, en Sicile, le 21 avril 2015. REUTERS/Antonio Parrinello

    Les mesures annoncées à l'issue du sommet européen de Bruxelles sont davantage centrées sur le problème de la surveillance en mer, plutôt que sur la question de l'accueil des migrants. Beaucoup d'entre eux débarquent en Sicile, où, tous les soirs, des associations distribuent repas et couvertures dans les rues de Catane. Une aide bienvenue pour les migrants, mais aussi pour les Italiens touchés par la crise.

    Avec notre envoyée spéciale en SicileJuliette Gheerbrant

    Les dirigeants des 28 pays membres de l'Union européenne se sont réunis hier, jeudi 23 avril, pour étudier un ensemble de mesures afin de lutter contre la tragédie des migrants en mer Méditerranée. 

    Mais en Sicile, la vie continue, avec son lot de deuils et un tenace sentiment d'abandon. Sur la place de la République de Catane, à l’heure de la soupe populaire, deux mondes se côtoient sans se mélanger. Une quinzaine de réfugiés érythréens se servent et s’éloignent aussitôt. Ils dorment là, dans des cartons, sous les arcades.

    Plus loin, c’est un groupe d’Italiens, deux fois plus nombreux, qui attendent. Simona, 28 ans, est avec son jeune fils. « Les gens d'ici viennent parce qu'ils sont dans le besoin, ils vivent des situations difficiles. Le travail manque, il y a trop de licenciements, alors... Les gens s'arrangent comme ça. » Stefania, de son côté, n’arrive pas à boucler ses fins de mois. « Je fais des ménages, j'ai une fille qui va au lycée, c'est très dur. Je suis divorcée et toute seule. Et travailler ça ne suffit plus », déplore-t-elle. 

    « Ils pensent que l'Europe est toujours rose. Et ce n'est pas le cas »

    Mêlé aux Italiens, Abdoussi est un ancien instituteur sénégalais installé en Italie depuis plus de vingt ans. La Sicile a le plus fort taux de chômage du pays. Pourtant c’est là qu’il a choisi de venir quand il a perdu son emploi. « Ici en Sicile ils sont plus chaleureux que dans les autres régions d’Italie. Ils permettent beaucoup de choses que les autres ne permettent pas. Par exemple d’aller dans un marché vendre. Ils sont plus accueillants et plus tolérants, en un mot. » 

    Pour autant, cet homme de soixante ans ne comprend pas que les jeunes de son pays risquent leur vie pour venir ici. « Les gens sont mal informés. Ils pensent que l’Europe est toujours rose. Et ce n’est pas le cas. » 

    Au centre de Mineo, l'attente après la traversée

    A quelques kilomètres au sud de Catane, à Mineo, se trouve le plus grand centre d'accueil de demandeurs d'Europe. Il accueille 3 200 personnes en attente d'une décision sur leur statut. Imtiaz Ehmad, jeune pakistanais de 24 ans, est là depuis huit mois. Il veut s'installer en Italie.

    Comme beaucoup, il a d'abord connu l'exploitation en Libye, la base de nombreux départs. « Ils m'ont pris mon passeport, et m'ont fait travailler sans me payer pendant trois mois. Puis, un de mes amis m'a dit qu'il y avait un moyen d'aller en Europe, alors on a pris le risque et on est venu en bateau », explique-t-il, avant de raconter la dangereuse traversée en mer.

    « Au bout de 20h le moteur est tombé en panne. Il y avait beaucoup de vent, c'était la nuit et un bateau indien est venu nous aider. Quand il nous a vu il est resté près de nous pendant quatre ou cinq heures en attendant les secours. Le bateau était trop petit. Mais on n'avait pas le choix. On ne pouvait pas rentrer chez nous et on ne pouvait pas rester en Libye, les Libyens sont devenus fous. »

    Emmené à Catane avec les autres réfugiés, il attend des papiers depuis. « Ils ont pris nos empreintes et nous emmenés au centre. Il y a des gens très bien ici, c'est propre, la nourriture est bonne, la vie se passe bien. On n'a pas de problèmes, on a juste besoin de papiers. Mais c'est trop long, il y a des gens là dedans qui attendent seize mois et après leur demande est rejetée, ils sont même refusés. »


    Vu de Rome, tout reste à faire

    Etant l'un des principaux pays concernés par l'afflux de migrants, l'Italie attendait beaucoup du sommet extraordinaire qui s'est tenu hier jeudi 23 avril à Bruxelles. Même si pour le chef du gouvernement italien Matteo Renzi, c'est une victoire, un rien n'est encore fait et un certain scepticisme règne.

    Avec notre correspondante en ItalieAnne Treca

    Minute de silence en hommage aux migrants disparus en Méditerranée, à Bruxelles avant l'ouverture du sommet extraordinaire le 23 avril 2015. REUTERS/Yves Herman

    « Pour la première fois nous avons obtenu un sommet sur ce qui passe au sud de l’Europe, et une stratégie ! » Matteo Renzi veut en convaincre les Italiens : ce qui s’est passé à Bruxelles est un gigantesque pas en avant. Même si le président du Conseil le reconnaît : rien ne garantit que tout ce qui s’est dit hier soit traduit en actions concrètes.

    Alors dans la presse, les premiers commentaires sont plutôt méfiants. La seule vraie décision est l’augmentation des ressources prévues pour les secours en mer. Et cela peut permettre d’éviter de nouvelles tragédies dans le canal de Sicile.

    En revanche le plan d’action contre les trafiquants n’est encore qu’un projet a définir. On annonce une mission européenne aux Nations unies et, surtout, l’Italie demeure seule pour recevoir les milliers de refugiés qui débarquent dans la péninsule. C’est une douche froide pour les optimistes qui attendaient une solidarité européenne. Des pays partenaires pourraient offrir des places d’accueil, mais sur une base volontaire et aucun chiffre n’est donné.

    Vu de Rome, les vraies décisions ont été renvoyées à plus tard. Personne n’est vraiment satisfait. Ni l’Eglise qui réclame une mobilisation internationale d’urgence. Ni l’opposition qui voudrait fermer les frontières.

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