En Lettonie, il transforme la sève en or - Europe - RFI

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En Lettonie, il transforme la sève en or

media Dans ces grosses poches, la sève de bouleau fraîchement récoltée va ensuite être transformée en limonades et en vins pour être exportée. RFI / François-Damien Bourgery

En Lettonie, la sève de bouleau, réputée pour ses vertus dépuratives et revitalisantes, est récoltée au début du printemps. Depuis six ans, Linards Liberts la commercialise sous forme de limonades et de vins pétillants bio. Reportage.

De notre envoyé spécial,

En ce dernier jour de mars, la campagne lettone semble encore plongée dans sa torpeur hivernale. Le printemps est pourtant là. On le perçoit en observant la Daugava, le fleuve qui traverse le pays d’ouest en est. Le redoux y a chassé les dernières plaques de glace, lançant le départ de la récolte de la sève de bouleau. A Ikskile, une bourgade située à 30 kilomètres au sud-est de Riga, elle touche déjà à sa fin. La saison est courte. Deux semaines, trois, pas plus. Dans le petit bois où Linards Liberts nous conduit, de grosses poches gonflées d’un liquide transparent pendent le long des troncs noir et blanc. Chaque arbre peut donner de cinq à dix litres par jour. Linards Liberts espère en récolter cette année 30 000 litres qu’il transformera en limonade, en sirop et en vin. Il y a six ans, ce Letton de 35 ans aux yeux bleu glacier a fait d’une tradition ancestrale une entreprise florissante. Aujourd’hui, il exporte en Europe et en Asie.

RFI / François-Damien Bourgery

En France, où on trouve la sève de bouleau au rayon santé et bien-être des magasins bio au prix d’un Champagne d’entrée de gamme, il est recommandé d’en boire un verre le matin. Mais ici, en Lettonie, on la consomme par litres pour se purger des excès de l’hiver. La boisson nationale est un remède miracle. « Après un hiver passé à manger une nourriture pas forcément saine, la sève de bouleau procure les premières vitamines données par la nature. En Lettonie, et en Europe de l’Est en général, nous en buvons en grande quantité. Cela nous permet d’éliminer les toxines de notre corps et de nous recharger grâce à la nature », sourit Linards.

Dans les supermarchés locaux, elle est vendue dans des bouteilles en plastique, fraîche ou pasteurisée, pour un prix dérisoire. Mais bien souvent, les Lettons la récoltent eux-mêmes. La technique est simple : il suffit de percer un trou dans le tronc et d’y ficher un tube. Le liquide s’écoule, instantanément. Incolore, presque insipide, on dirait de l’eau. Ce n’est qu’au bout de deux ou trois jours que son goût change radicalement pour devenir plus sirupeux.

Les principaux pays producteurs sont l’Ukraine, la Biélorussie et la Finlande, des régions où la rigueur de l’hiver garantit une sève abondante. En Lettonie, ils ne sont que deux à s’être lancés dans l’exportation. Linards Liberts, lui, a misé sur le bio. « J’ai choisi de la produire de façon biologique parce qu’en Europe, où se trouve le marché que je cible, ce label bio me permet de montrer qu’il s’agit d’un produit totalement naturel », argumente l’entrepreneur. Si la méthode de production n’est pas plus compliquée, elle n’est pas sans contraintes. Chaque année, des experts viennent inspecter ses forêts, vérifient qu’elles se trouvent loin des autoroutes et des usines, et la qualité du sol. « Pour vendre une boisson avec le label bio, il faut que la sève soit certifiée et que donc la forêt le soit aussi », explique-t-il encore.

Pour cette production biologique, Linards Liberts touche une subvention de 2 000 euros par an. Est-ce au titre de la Politique agricole commune, qui aide les fabricants de boissons fermentées et dont la réforme adoptée en 2013 met l’accent sur le respect de l’environnement ? Il n’en est pas sûr. Il sait juste que ce petit pécule lui permet d’acheter les sacs qui servent à recueillir le liquide bienfaisant et de s’équiper en nouvelles machines pour fabriquer limonades, sirops et vins pétillants élaborés « selon la méthode champenoise », précise-t-il en français.

Linards Liberts nous présente une bouteille de sa production. RFI / François-Damien Bourgery

Devant sa petite maison qui surplombe le fleuve, deux palettes de bouteilles vides attendent ainsi d’être remplies avant d’être envoyées à Taïwan. Linards Liberts exporte aussi en Allemagne. La semaine précédente, il était à Londres pour promouvoir ses produits. Libertu, son entreprise encore familiale, est vouée à s’agrandir. En 2014, 20 000 euros ont été investis pour un chiffre d’affaires de 80 000 euros. Cette année, il a doublé la mise. « A la fin de la saison, nous remercions les arbres pour ce qu’ils nous ont donné. Parce qu’ils sont nos amis et nous sommes très proches d’eux », confie Linards Liberts, reconnaissant.

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