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    La Turquie devant un choix crucial

    media Le Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir est crédité de 38 à 42% des intentions de vote, selon les différents sondages. Reuters/Murad Sezer

    Les Turcs se rendent aux urnes le dimanche 7 juin pour élire un nouveau Parlement, dont dépendra la composition du nouveau gouvernement. L’équipe islamo-conservatrice du parti AKP du président Recep Tayyip Erdogan est au pouvoir depuis treize ans. Elle se présente aux élections législatives en favorite, mais affaiblie.

    L’AKP se présente aux élections dans un contexte de ralentissement de l’économie et des critiques qui visent la dérive autoritaire de son leader historique, le président Recep Tayyip Erdogan. Celui-ci compte sur une nette victoire électorale de son parti pour instaurer un régime présidentiel autoritaire.

    La nature de l’Etat en jeu

    Ce qui est donc clairement en jeu, c’est la nature même de l’Etat turque. De l’avis de l’historien et politologue Samim Akgönül, enseignant chercheur à l’Université de Strasbourg et au CNRS, il s’agit de « petites élections législatives qui peuvent avoir des conséquences lourdes pour le régime ». Il rappelle que « le régime en Turquie est certes parlementaire, avec un président de la République qui a des prérogatives sans avoir de responsabilités ». Mais comme il s’agit, dans le cas de Recep Tayyip Erdogan, d’un « homme fort d'un mouvement politique » et « qu'il a été Premier ministre pendant onze ans et qu'il est devenu président au suffrage universel pour la première fois », il n’est pas surprenant de le voir éprouver la tentation de « changer ce régime en véritable régime présidentiel où il n’y aura pas d’équilibre de pouvoir ». Pour Samim Akgönül, si l’AKP obtient au moins 330 sièges au Parlement sur 550, le changement du régime en ce sens sera « le véritable résultat de ces élections ».

    Un nouvel acteur sur la scène politique

    Et pourtant, ce résultat est encore loin d’être assuré. En effet, les islamo-conservateurs doivent affronter un nouvel acteur sur la scène politique, le mouvement HDP (le Parti démocratique des peuples). Issu d’un parti prokurde, il est devenu une coalition hétéroclite de mouvances de gauche diverses et variées, rassemblées autour des idées de la liberté et de la démocratie.

    Selon Dorothée Schmid, responsable du programme Turquie contemporaine à l’Institut français des relations internationales, « ce mouvement, c’est un peu le début d’une restructuration du paysage politique turque ». Pour la chercheuse, deux ans après les grandes manifestations qui avaient agité la Turquie, « on a d’une certaine façon enfin une force politique qui a compris qu’il y avait un terrain à occuper sur l’idée des valeurs démocratiques, des droits de l’homme, d’une Turquie plus égalitaire, d’une Turquie qui serait débarassée des enjeux strictement religieux et communautaires ».

    L’enjeu majeur : le seuil de 10%

    Cela dit, un obstacle majeur se dresse devant le HDP. En effet, la loi électorale turque impose à un parti de réunir plus de 10% des voix au niveau national pour entrer au Parlement, seuil parmi les plus élevés au monde. Si le HDP réussissait à le franchir, les conséquences politiques pourraient être multiples. D’abord, observe Samim Akgönül, « il y aurait certainement une coalition ». Autrement dit, l’AKP, au pouvoir depuis treize ans, ne pourrait plus gouverner tout seul. Dans ce cas de figure, qui pourrait former une coalition avec qui ? « Oh, j’ai une petite idée », remarque Samim Akgönül : « certainement, le parti islamiste au pouvoir avec le parti ultranationaliste peuvent très bien former un gouvernement de coalition ».

    Ensuite, à moyen terme, observe le chercheur, « il est sûr et certain que la Turquie a besoin d’une nouvelle Constitution démocratique et pluraliste, d’une décentralisation, et de changer la loi électorale, la loi sur les partis, sur les associations, pour qu’elle puisse devenir un pays véritablement démocratique ». Enfin, si le HDP réussit son pari électoral, le projet de « présidentialisation » du régime, cher à Recep Tayyip Erdogan, sera sans doute compromis. Le choix entre ces différentes options, essentielles pour l’avenir du pays, appartient aux seuls Turcs. Ils le feront lors du vote du dimanche 7 juin.

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