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Les dirigeants du G7 s'engagent à limiter les émissions de CO2

media Les dirigeants des pays du G7 et leurs invités se sont réunis au château d'Elmau, dans les Alpes bavaroises, les 7 et 8 juin 2015. REUTERS/Christian Hartmann

Le sommet du Groupe des Sept (G7) - Etats-Unis, Allemagne, Japon, France, Royaume-Uni, Italie, Canada - s'est terminé lundi 8 juin au château d'Elmau, un hôtel de luxe situé dans les Alpes bavaroises. Après l'Ukraine, qui a fait la part belle des discussions dimanche, la conférence climat (COP 21) qui se tiendra à Paris fin 2015 et la dette grecque se sont invités dans les débats.

  • Environnement

Les pays membres du G7 se sont engagés ce lundi à réduire la part du carbone dans leurs économies, approuvant au passage l'objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Pour autant, aucun ne s'engage à des objectifs contraignants. Une formule qui devrait plaire au Japon et au Canada, deux pays qui refuse des engagements chiffrés. Mais les ONG présentes ici se montrent toutefois satisfaites du résultat, constate notre envoyé spécial Achim Lippold. « Le G7 a envoyé le signal que l’époque des énergies fossiles est révolue », vient de déclarer le responsable climat de l’organisation Greenpeace.

Aujourd'hui, des règles contraignantes n'existent pas. Ce sera donc l'objectif de la conférence de Paris.
Angela Merkel, chancelière allemande 08/06/2015 - par RFI Écouter

Un objectif précis en revanche, celui de limiter la hausse de la température moyenne dans le monde d'ici à 2100 à 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle. Pour cela, ils visent 40 à 70% d'émissions de gaz à effet de serre en moins au niveau mondial d'ici à 2050. Décision dont s'est félicité François Hollande, qui a salué des « engagements ambitieux et réalistes » dans la lutte contre le réchauffement climatique, en vue de la Conférence de Paris en décembre prochain. « Toutes les interventions aujourd'hui ont permis d'atteindre les objectifs que je voulais pouvoir placer dans ce G7 », a ajouté le président français. Barack Obama a également salué des progrès vers un « accord solide » sur le climat à Paris.

  • Ukraine

Les pays du G7 ont également menacé ce lundi 8 juin de durcir les sanctions contre la Russie dans le conflit ukrainien. En substance, les chefs d'Etat présents ont rappelé que les sanctions déjà effectives ne seront levées seulement si Moscou « honore ses engagements » pris lors de la signature des accords de Minsk. « Nous sommes également prêts à prendre d'autres mesures restrictives pour augmenter le coût pour la Russie si ses actions le rendent nécessaire », ont-ils ajouté dans un communiqué commun.

REACTION
Les Ukrainiens ont très probablement voulu provoquer une tension maximum à l'approche du sommet.
Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères 08/06/2015 - par RFI
Moscou accuse Kiev d'être à l'origine de nouveaux affrontements dans l'est de l'Ukraine.
Écouter

« S'il était démontré que la Russie continue d'armer et d'avoir une présence militaire à l'est de l'Ukraine [...], alors cela pourrait justifier une aggravation des sanctions », a soutenu François Hollande, rappelant tout de même que Kiev devait aussi respecter les accords de Minsk. Le chef d'Etat français a par ailleurs estimé qu'au Conseil européen, « cette proposition de prolonger les sanctions jusqu'à la fin de l'année sera [vraisemblablement] avancée par les autorités européennes ».

Ces déclarations interviennent alors même que le conflit s'envenime en Ukraine. Les autorités de Kiev ont affirmé lundi affronter une force de plus de 42 000 hommes appuyés par un demi-millier de chars dans l'est de ce pays.

  • Terrorisme

Eclipsée par le conflit en Ukraine, la lutte contre le terrorisme a tout de même fait l'objet de quelques déclarations, en présence du président nigérian Muhammadu Buhari, de son homologue tunisien Beji Caïd Essebsi et du Premier ministre irakien Haider al-Abadi. Les dirigeants du G7 ont notamment affiché leur soutien à la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis contre l'organisation Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak et martelé leur « détermination à vaincre ce groupe terroriste et à lutter contre la propagation de son idéologie de haine ».

Le président tunisien Beji Caïd Essebsi a promis devant le G7 de s'engager sur la voie de la démocratie et de lutter contre le terrorisme. Mais il a fait aussi comprendre aux dirigeants des sept puissances économiques mondiales que son pays avait besoin du soutien pour y arriver : « Nous avons un plan d’action, d’abord combattre le terrorisme et l’immigration clandestine. Deuxièmement, sur le plan politique, nous allons continuer le processus démocratique. Nous devons aussi combattre le chômage, la pauvreté. Nous allons y arriver, mais nous avons besoin de soutien ».

Au sujet de l'avancée des jihadistes en Libye, ils ont aussi appelé Tripoli à prendre des « décisions politiques audacieuses » pour surmonter les divisions qui ont plongé le pays dans la guerre civile.

Le président nigérian Muhammadu Buhari a profité de son premier déplacement en Europe pour présenter toute une liste de souhaits aux dirigeants du G7. Et selon la présidence nigériane, il a eu en partie gain de cause. La France l'Allemagne et le Canada ont promis de soutenir le gouvernement dans sa lutte contre Boko Haram, sans pour autant préciser la nature de cette aide. Muhammadu Buhari avait notamment demandé une aide en matière de renseignements sur le mouvement, la formation et la provenance des armes de ce groupe islamiste.

Un message entendu par la chancelière allemande Angela Merkel qui a promis à ces pays l'aide du G7 : « Ces Etats font face à un terrorisme extrême. Ils ont des infrastructures défaillantes. C'est pour cela nous devons les soutenir. Nous avons convenu d'aider la Tunisie à mieux surveiller sa frontière avec la Libye. Il y a déjà quelques efforts employés ; mais ces actions sont trop isolées. Il faut les rendre plus efficaces ».

  • Grèce

Petite surprise lors de ce sommet des grandes puissances mondiales, Barack Obama s'est immiscé dans les débats sur la dette grecque. « Les Grecs vont devoir faire des choix politiques difficiles », a reconnu le président américain. Choix difficiles pour aboutir à un accord permettant de débloquer les 7,2 milliards d'euros d'aide financière dont Athènes a un besoin urgent pour éviter un défaut de paiement.

La chancelière allemande est, elle, restée dans son rôle, alertant sur l'urgence de la situation. « On n'a plus beaucoup de temps et donc, il faut travailler dur [...] Maintenant chaque jour compte pour réaliser ce qui reste à faire », a déclaré Angela Merkel.

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