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    Srebrenica: 20 ans après, une réconciliation vide de sens

    media Le Premier ministre serbe Aleksandar Vucic avec Munira Subasic, la présidente de l'association Mères de Srebrenica, avant qu'il ne soit agressé par la foule. REUTERS/Antonio Bronic

    Alors que 50 000 personnes étaient venues commémorer ce samedi le massacre de Srebrenica, 20 ans après, le Premier ministre serbe a été pris à partie et agressé par la foule. Alors que le Premier ministre minimise l’incident, les autorités de Belgrade ont des mots très durs envers la Bosnie.

    Avec notre correspondant à Belgrade, Laurent Rouy

    Venu pour commémorer les 20 ans du massacre de Srebrenica, le Premier ministre serbe Aleksandar Vucic a été violemment pris à partie. Poursuivi par un groupe en colère qui lui a aussi lancé des pierres, le chef du gouvernement de Belgrade a été touché à la tête, avant de prendre la fuite avec sa délégation. L’incident est de taille, il a presque occculté l’importance de la commémoration.

    A Belgrade, les réactions ont été immédiates et très dures. Le ministre de l’Intérieur parle d’une tentative d’assassinat. Le chef de la diplomatie a envoyé une note de protestation à la Bosnie et demande que toute la lumière soit faire. Le chef de la police serbe critique quant à lui l’absence de professionnalisme de ses collègues bosniaques. A l’inverse, Aleksandar Vucic a cherché à minimiser l’incident et a déclaré que la politique de la main tendue et de la réconciliation avec la Bosnie continuerait.

    En Bosnie, le maire de Srebrenica, la présidence et le parti musulman au pouvoir, le SDA, ont condamné ces jets de pierre et se sont excusés. Mais un membre d’une association de victimes a déclaré que Vucic avait provoqué l’incident ces jours-ci par ses déclarations sur Srebrenica. Un signe, s’il en fallait, qu’à Srebrenica, la réconciliation n’est qu’une expression vide de sens.

    Pour Ivan Vejvoda, le vice-président du think tank German Marshall Fund, le processus de réconciliation est un travail de longue haleine, qui se fait aussi au Tribunal pénal international de La Haye où Radovan Karadzic et Ratko Mladic, deux auteurs du massacre de Srebrenica, sont en jugement. « Le président serbe, Boris Tadic, s’est rendu deux fois à Srebrenica où il a présenté ses excuses pour ces crimes au nom de l’Etat serbe. L’Assemblée serbe a voté il y a cinq ans une résolution condamnant ce qui s’est passé à Srebrenica, rappelle Ivan Vejvoda. Mais c’est surtout un travail qui doit se promouvoir à travers l’école, dans les leçons d’histoire. Le génocide à Srebrenica est évidemment le crime le plus grand. Il n’est pas le seul. De tous les côtés, il y a eu des victimes. La reconnaissance et les excuses mutuelles sont un processus qu’on verra donc se poursuivre. »

    → A (RE)LIRE : sur le même sujet, une série de reportages proposée par Jean-Arnault Dérens, Laurent Geslin et Simon Rico
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