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    Turquie: le processus de paix avec le PKK en danger

    media Des manifestants brandissent des drapeaux, dont celui du PKK, et des photos des victimes de l'attentat de Suruç, durant des funérailles à Istanbul, le 22 juillet. Reuters/Murad Sezer

    En Turquie, deux jours après l'attentat de Suruç attribué au groupe Etat islamique qui a fait 32 morts et une centaine de blessés, le PKK, le mouvement de rébellion kurde, a revendiqué ce mercredi l'assassinat de deux policiers turcs. Une action qui pourrait faire voler en éclats le processus de paix.

    C’est sur son site internet que le HPG, la branche armée du PKK, a revendiqué le meurtre de deux policiers turcs. Il parle d’« une action punitive conduite contre deux policiers qui coopéraient avec le gang de Daech [le groupe EI] ». Aujourd’hui, le processus de paix en cours depuis trois ans est en danger. D’autant plus que la guerre qui oppose les Kurdes aux jihadistes en Syrie et en Irak sans que le gouvernement turc n’intervienne a créé un fort ressentiment au sein de la population kurde en Turquie. Et l’attentat de Suruç, une immense émotion.

    Cet attentat a fait 32 morts et une centaine de blessés, pour la plupart des jeunes militants socialistes âgés d’une vingtaine d’années. Ils s’étaient rassemblés à Suruç à l'appel de la Fédération des jeunes socialistes turcs avec l'intention de participer à la reconstruction de la ville syrienne de Kobane, de l'autre côté de la frontière. Les visages des victimes ont fait le tour du monde. L’une d’elles, une jeune pédiatre tout juste diplômée, photographiée couverte de sang et de débris, allongée main dans la main avec une autre jeune femme blessée, a ému de très nombreux internautes. Elle a survécu à une centaine de blessures. Elle est actuellement soignée à l'hôpital universitaire d'Istanbul, celui-là même où elle a obtenu son diplôme de médecine.

    Le gouvernement turc accusé de soutenir l'EI

    Suruç est une ville kurde de 50 000 habitants située au nord de Kobane, un symbole pour les Kurdes depuis qu’ils l’ont reprise au groupe EI. L’attentat de Suruç visait donc essentiellement des Kurdes.

    Egalement présents en Syrie, en Iran et en Irak, les Kurdes représentent au moins 20 % de la population en Turquie. Depuis que les Kurdes irakiens ont obtenu une large autonomie, le gouvernement turc craint un éclatement du pays. Les Kurdes accusent le président Recep Tayyip Erdogan et le parti au pouvoir de soutenir les jihadistes contre les combattants kurdes de Syrie. Des accusations rejetées par Ankara.

    Mais les faits sont là. La frontière est perméable pour les combattants de l'organisation Etat islamique qui transitent par la Turquie et se font soigner en Turquie. Sans parler de convois soi-disant humanitaires escortés par les services secrets turcs. Récemment, des policiers turcs qui ont voulu intercepter un de ces convois parce qu’ils le soupçonnaient de transporter des armes se sont retrouvés face à des hommes armés membres des services secrets turcs. Ils ont par la suite étaient arrêtés et incarcérés. Dans l’autre sens, le pétrole des jihadistes transite également par la Turquie. Un comble pour un état membre de l’Otan.

    Un gouvernement fragile

    Le soutien du gouvernement turc au groupe EI peut s’expliquer par le fait que l’AKP est un parti islamiste, que les Turcs sont sunnites comme les membres de l’organisation Etat islamique et qu’ils craignent l’émancipation des Kurdes dans la région, par le fait que la frontière avec la Syrie longue de plus de 1 000 kilomètres est très difficile à contrôler ou encore parce qu’il ne veut devenir une cible du groupe EI. Mais ces dernières semaines, les arrestations contre des membres de l’organisation Etat islamique se sont multipliées et cette dernière a commencé à menacer les Turcs de représailles.

    La situation est d’autant plus complexe et tendue que le gouvernement turc actuel n’est là que pour gérer les affaires courantes en attendant la formation d’un gouvernement de coalition. Depuis la défaite de son parti aux élections législatives du mois de juin, le président Recep Tayyip Erdogan tient toujours les rênes du pays, mais son Premier ministre n’a plus que 15 jours pour former un gouvernement de coalition sous peine de devoir organiser de nouvelles élections. Un gouvernement extrêmement fragile alors que la contestation s’intensifie. Une manifestation de grande ampleur est ainsi attendue samedi à Istanbul.


    La paix qui ne vient jamais

    Trente ans d’insurrections, plus de 40 000 morts, des villages détruits par milliers et des millions de déplacés. Tel est le triste bilan de la guerre plus ou moins larvée qui oppose le PKK à Ankara depuis 30 ans.

    En 2012, à l’initiative du gouvernement islamo-conservateur, des pourparlers de paix se sont engagés. En 2013 une trêve est conclue. En 2014, les représentants des deux parties assuraient qu’un accord était à portée de main. Début 2015, rien n’est encore signé, mais le chef emprisonné du PKK appelle ses troupes à déposer les armes. Ankara commence timidement à évoquer la perspective d’une « paix définitive ».

    Mais la Turquie voit d’un mauvais œil les victoires des milices kurdes en Syrie. Ankara craint plus que tout la formation d’une province kurde autonome au nord de la Syrie. Recep Tayyip Erdogan assure que la Turquie ne le permettrait jamais, « quel que soit le prix à payer ». De leur côté les Kurdes accusent Ankara de s’appuyer sans le dire sur les jihadistes pour dissuader les aspirations kurdes.

    Signe que les négociations s'enlisent, des affrontements sporadiques ont éclaté ces derniers mois entre l’armée turque le PKK. Avec l’assassinat de ces deux policiers la perspective d’une paix durable s’éloigne un peu plus.

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