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    Europe

    Migrants: en Italie, échange d'insultes entre extrême droite et Eglise

    media Le leader du parti italien Ligue du Nord, Matteo Salvini, le 28 février dernier à Rome lors d'un meeting contre la politique du gouvernement Renzi. AFP PHOTO / TIZIANA FABI

    Depuis plus d’une semaine, le ton ne cesse de monter entre le secrétaire général de la conférence épiscopale italienne, Mgr Nunzio Galantino, et le chef du parti Ligue du Nord, Matteo Salvini. Les Italiens assistent à un véritable bras de fer sur la question de l’accueil des migrants en Italie. Le Vatican a une position clairement en faveur d’une Italie et d'une Europe moins égoïstes. La Ligue du Nord, elle, accuse les associations caritatives catholiques de s’enrichir sur le dos des migrants.

    De notre correspondante à Rome,

    Le climat n’a jamais été très chaleureux entre les représentants de l’Eglise italienne et ceux de la Ligue du Nord. Mais là, on atteint un niveau d’agressivité verbale sans précédent. Ce week-end, lors de la traditionnelle fête de son parti à Ponte di Legno, en Lombardie, Matteo Salvini n’a pas hésité à déclarer : « L’Etat doit être libre, l’Eglise doit être libre, mais un évêque doit s’en tenir à son rôle d’évêque et arrêter de casser les couilles (sic) à ceux qui administrent les villes. »

    Le chef de la Ligue du Nord s’adressait, sans citer son nom, à l’évêque Nunzio Galantino, qui est à la tête de la conférence épiscopale italienne. Mgr Galantino défend une politique d’accueil des migrants adaptée à leurs nécessités. Mais il faut dire aussi qu’il ne mâche pas ses mots lui non plus. Il y a quelques jours, il a fustigé « les populistes qui prônent des mesures indignes » et qui « se comportent comme des politicards de quatre sous ».

    Sur le fond, ce que reproche actuellement le Vatican à la Ligue du Nord, et qui justifie que ce parti soit aussi remonté contre le numéro 1 de la conférence des évêques, c'est la question du sauvetage en mer des migrants. La Ligue du Nord compare les navires utilisés pour les secours à des « taxis de la mer ». L’Eglise italienne, quant à elle, estime qu’elle fait sa part en matière d’accueil et d’aide aux réfugiés et demandeurs d’asile, alors elle demande davantage d’efforts de la part de l’Italie, dont certaines villes, administrées par La Ligue du Nord, refusent d’accueillir des migrants.

    Matteo Salvini reproche à l’Eglise d’encourager « l’africanisation de l’Italie » et a même suggéré au pape François d’accueillir les migrants « chez lui, au Vatican ». Alors, assiste-t-on à une sorte de retour à l’ingérence de l’Eglise dans la politique italienne ? Il est vrai que certains propos du secrétaire général de la conférence épiscopale ont été interprétés, pour le moins, comme maladroits. Ainsi, lorsque Mgr Galantino a reproché au gouvernement Renzi sa « mollesse », un sénateur du Parti démocrate au pouvoir, Matteo Colaninno, a réagi en déclarant : « Je reconnais que le Vatican est un interlocuteur naturel, sur certaines thématiques, mais je déplore une entrée aussi brusque dans le débat politique. » Cela dit, la gauche, les centristes, et une partie de Forza Italia, le parti fondé par Silvio Berlusconi, critiquent âprement le ton insultant du leader de la Ligue du Nord.

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