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    Europe

    Attaque du Thalys: les enquêteurs belges cherchent des complices

    media Une photo non datée d'Ayoub el-Khazzani, principal suspect de l'attaque manquée contre le Thalys, vendredi 21 août. AFP PHOTO / SOCIAL NETWORK

    Une enquête pour « faits de terrorisme » a été ouverte par la justice belge suite à l’attaque déjouée dans le train Thalys, vendredi 21 août. Les enquêteurs se concentrent sur les complicités probables dont a bénéficié Ayoub el-Khazzani, le principal suspect monté à bord du train à Bruxelles.

    De notre correspondant de Bruxelles

    C'est à Bruxelles qu'Ayoub el-Khazzani, le principal suspect de l’attaque déjouée dans le train Thalys Amsterdam-Paris, est monté dans le train. C’est la raison sur laquelle s’est appuyé le parquet fédéral belge pour ouvrir une enquête pour « faits de terrorisme ».

    L’enquête belge se concentre sur la recherche des inévitables complicités dont a pu bénéficier ce Marocain disposant d'une carte de séjour obtenue en Espagne, qui a vécu en Belgique et s'est rendu en Syrie. Car sans hébergement, transport et la fourniture du redoutable arsenal qu’il avait emporté à bord du train dans deux sacs de voyage, jamais cet individu n’aurait été en mesure de passer à l’action. Lui prétend avoir trouvé les armes dans un parc de Bruxelles...

    Un mode opératoire atypique

    Le mode opératoire, en amont de l’attaque, intrigue également les policiers belges. Les voyageurs qui on neutralisé Ayoub el-Khazzani ont en effet tous rapporté qu’il paraissait dans un état second. Autre indice qui intéresse à Bruxelles, le fait que l’homme soit passé à l’acte torse nu. Des éléments assez atypiques, dans les attaques jihadistes, même s’il arrive que les kamikazes ceints de leur charge explosive soient drogués préalablement par ceux qui les préparent au crime.

    Les autorités judiciaires belges passent actuellement au peigne fin les interactions connues entre groupuscules radicaux, afin de vérifier s’il n’y aurait pas un quelconque fil conducteur entre la fusillade du Thalys, l’attentat du musée juif de Bruxelles en 2014 et des cellules jihadistes rescapées de l’opération antiterroriste de Verviers, en janvier de cette année.

    La Belgique, cible des jihadistes

    Il n’y a pas de concurrence entre les enquêteurs français et les Belges. L’action de ces derniers se justifie d’abord par le fait que le tireur est monté à bord du Thalys à Bruxelles et qu’une partie au moins de ses actes criminels s’est déroulée dans le train en marche, alors que celui-ci n’avait pas encore quitté le territoire belge. Ces éléments font obligation au parquet fédéral de se conformer à la loi antiterroriste de 2003, adoptée à une époque où dans le sillage des attentats du 11-Septembre à New York et au Pentagone, alors que les attaques islamistes en Europe, au Maroc ou en Indonésie commençaient à prendre une ampleur qui n’a cessé de croitre depuis.

    La Belgique, siège de l’Otan et d’institutions européennes, a pourtant longtemps été réputée laxiste vis-à-vis des filières extrémistes étrangères présentes sur son sol. Désormais, le pays se retrouve depuis une quinzaine d’années « promu » au rang peu enviable de cible de choix. Cible de choix multiples, même. Dans ses communiqués vengeurs, al-Qaïda n’oublie jamais de désigner la Belgique comme un objectif à frapper. La veille de l’attaque déjouée dans le Thalys, des menaces explicites sont parvenues aux autorités belges. Ces messages audio, adressés par un jihadiste anversois bien connu résidant en Syrie depuis juin 2013, appelaient à s’en prendre aux écoles, aux hôpitaux, aux bibliothèques et aux discothèques dans tout le royaume.

    L’attentat contre le musée juif de Bruxelles a servi de réveil brutal à une opinion qui avait pris l’habitude de croire que les forces de l’ordre avaient la capacité de déjouer toutes les tentatives extrémistes, d’où qu’elles viennent et quelle qu’en soit la forme. De fait, les autorités belges ont été plutôt efficaces, qu’il s’agisse de menaces contre des membres la famille royale ou contre les armes nucléaires américaines stockées dans une base aérienne belge. De plus, s’en pendre à un train ne constitue pas une idée neuve : en 2011, un Belgo-Marocain avait déjà été empêché de justesse de faire sauter un convoi ferroviaire transportant des unités de l’Otan.

    Renforcement des mesures de sécurité

    La question de la sécurité dans les trains reste difficile. Il est clair que l’accès aux trains dans les gares ne pourra pas être mené de la même façon que dans les aéroports. Parmi les grands trains internationaux, seul l’Eurostar qui assure la liaison de Paris et Bruxelles avec Londres fait l’objet de précautions particulières. A l’origine, il s’agissait davantage d’éviter tout incident dans le tunnel sous la Manche plutôt que de considérations antiterroristes.

    Le Premier ministre belge Charles Michel a répété ce dimanche à la radio nationale belge qu’il réclamait une réunion d’urgence des ministres européens des Transports et de l’Intérieur et qu’il envisageait des fouilles systématiques des bagages des voyageurs des trains internationaux. Mais il reconnait lui-même les limites de la mesure : « C’est aux citoyens de faire preuve de vigilance et d’éviter de céder à la paranoïa. »

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