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    Europe

    L’arrivée des réfugiés en Allemagne «va changer le pays»

    media Deux fillettes syriennes dans un centre d'accueil pour réfugiés à Hamm, en Allemagne, ce lundi 7 septembre. REUTERS/Ina Fassbender

    Samedi et dimanche, une foule de réfugiés est venue frapper aux portes du pays. Un week-end qualifié ce lundi par Angela Merkel de « saisissant et émouvant ». L’Allemagne s’apprête à accueillir jusqu’à 800 000 demandeurs d’asile cette année et cet afflux de migrants « va changer le pays », affirme la chancelière allemande.

    A situation exceptionnelle, des mots qu’on a peu l’habitude d’entendre dans la bouche de la chancelière allemande. « Ce que nous vivons est quelque chose qui va continuer à nous occuper dans les années à venir a affirmé ce lundi la chancelière, quelque chose qui va nous changer, et nous voulons que le changement soit positif », a déclaré Angela Merkel, qui dit aussi se réjouir que « l’Allemagne soit devenue un pays avec lequel les gens associent de l’espoir. C’est quelque chose de très précieux, si l’on regarde notre histoire. »

    La situation est exceptionnelle, d’abord, dans les chiffres. Ces réfugiés qui arrivent à pied, en camion, en train depuis l’Autriche et la Hongrie ont pour objectif premier de rejoindre l’Allemagne. L’engagement de Berlin, il y a deux semaines, de ne pas refouler les Syriens vers leur point d’entrée en Europe a été le déclencheur. Et ce sont désormais des foules entières, une marée humaine que l’on voit affluer vers le pays : 20 000 migrants sont arrivés à Munich entre samedi et dimanche, et les médias allemands estiment à 10 000 le nombre de personnes arrivées ce lundi.

    Soutien de l’opinion allemande

    Si l’Allemagne a opéré un tel changement de politique vis-à-vis des réfugiés, c’est d’abord parce que la chancelière dispose du soutien de l’opinion. Parmi les Allemands, ils sont 60 % à penser que l’Allemagne a les moyens d’accueillir ces migrants. Ce qui veut dire, aussi, que certains s’opposent à cette politique d’ouverture, notamment en ex-Allemagne de l’Est. Dans la nuit de dimanche à lundi, trois centres pour immigrés ont encore été incendiés dans le pays. Mais globalement, une grande partie de l’opinion s’oppose aujourd’hui à une politique qualifiée de « sans cœur ».

    On se souvient de cette vidéo qui avait suscité un véritable tollé sur les réseaux sociaux, en juillet dernier. A l’écran, une jeune Palestinienne menacée d’expulsion vers le Liban fondait en larme après qu’Angela Merkel avait tenté de lui expliquer la politique d’asile allemande. La presse allemande avait alors multiplié les Unes et les commentaires acerbes vis-à-vis d’une chancelière qualifiée de « froide », « impassible » ou « incapable d’empathie ».

    A ce soutien global, s’ajoutent le passé du pays et la crainte d’un retour de la xénophobie. La plupart des micros-trottoirs réalisés ces derniers jours en Allemagne donnent lieu à deux réponses : 1. Il faut accueillir les réfugiés ; 2. Il faut faire barrage aux extrémistes, aux partis xénophobes qui veulent chasser les « étrangers » hors du pays.

    Des déclarations qui s’accompagnent de gestes de générosité. Les télévisions ont montré des volontaires rassemblés dans les gares pour distribuer de l’eau, un peu de nourriture et des vêtements à ces migrants qui ont effectué des milliers de kilomètres au péril de leur vie. Avec ces pancartes qui ont fleuri un peu partout ce week-end : « Refugee welcomen ! », « Bienvenue aux réfugiés ! »

    Le combat tardif de « Mama Merkel »

    « Où était l’Allemagne pendant la crise des migrants en Méditerranée et l’afflux de dizaines de milliers de réfugiés sur les côtes italiennes ? », s’interrogent cependant plusieurs esprits critiques. L’engagement de Berlin est certes tardif, mais il est ancré dans la personnalité de la chancelière. Car la donne a changé, et c’est directement en Allemagne que débarquent, par familles entières, celles et ceux qui fuient la guerre. Tout laisse à penser qu’Angela Merkel a fait des migrants un combat personnel. Une manière de redonner un peu d’humanité à une Allemagne souvent considérée comme égoïste, arc-boutée sur l’euro fort et les politiques d’austérité, comme on a pu le voir lors de la crise grecque.

    La chancelière allemande est désormais la nouvelle héroïne des migrants, surnommée « Mama Merkel » par nombre de réfugiés, nous racontait la semaine dernière le correspondant de RFI à Berlin, Pascal Thibaut. Réélue pour la huitième fois consécutive, la chancelière est toutefois loin d’être seule dans son combat.

    C’est une grande coalition qui gouverne en Allemagne – une coalition « noir et rouge », comme disent les Allemands –, avec les chrétiens démocrates d’Angela Merkel, mais aussi les sociaux-démocrates. En écho à l’opinion publique, ces derniers ont fait pression pour que soit instaurée cette politique d’ouverture dans un pays à la pyramide des âges vieillissante. L’Allemagne et ses plus de 82 millions d’habitants ont en effet besoin des migrants.

    6 milliards d’euros pour les réfugiés

    Aider les réfugiés, cela nécessite des fonds. Les partis de la coalition gouvernementale se sont mis d’accord, dans la nuit de dimanche à lundi, sur une nouvelle enveloppe financière de 6 milliards d’euros pour l’accueil et l’intégration des réfugiés. Sur ce total, 3 milliards d’euros seront versés aux Lander et aux communes. Chaque réfugié accueilli en Allemagne doit avoir un toit pour l’hiver, et ces fonds doivent notamment servir à réhabiliter des lieux pour les migrants, souligne Stéphanie Schüler, journaliste au service international de RFI. Il faut y prévoir des douches, des sanitaires corrects... Et en ce moment même, des architectes et des spécialistes du bâtiment font le tour des lieux disponibles, tels que des casernes désaffectées, pour les remettre aux normes.

    Le gouvernement allemand entend aussi accélérer les procédures d’examen des demandes d’asile et orienter son budget d’aide au développement vers la prévention des migrations. Il lui faut aller vite, car il y a aussi le rendez-vous au Parlement en octobre prochain : le gouvernement doit faire une proposition de lois liées à l’accueil des migrants d’ici au 24 septembre prochain.

    Les limites de la politique d’ouverture

    Cette nouvelle générosité allemande n’empêche pas Berlin d’appeler le reste de l’Europe à faire « un effort » pour les migrants. « L’Allemagne, l’Autriche et la Suède ne peuvent pas être les seuls pays qui accueillent des réfugiés », a renchéri le vice-chancelier et ministre de l’Economie, le social-démocrate Sigmar Gabriel.

    Car sur cette question, l’Union Européenne est loin d’être unie. Les pays de l’Est de l’Europe se montrent beaucoup plus frileux vis-à-vis de l’accueil de ces migrants. Sur les 120 000 réfugiés que la Commission européenne propose de répartir entre les Etats-membres, 31 000 devraient être accueillis par l’Allemagne, 24 000 par la France et 20 000 par le Royaume-Uni, comme vient de le proposer David Cameron.

    En Allemagne, certaines voix critiques notent que les Syriens ne sont pas les seuls à fuir la guerre. D’autres pays sont en conflit comme l’Erythrée, la Somalie, le Soudan du Sud ou encore le Yémen. Certains s’inquiètent également d’un éventuel durcissement de l’accueil pour les réfugiés déjà en Allemagne, avec par exemple un reclassement du Kosovo dans la liste des « pays sûrs » et ne pouvant donc donner droit à l’asile.

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