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    Europe

    La Turquie happée par l'escalade de la violence

    media Des manifestants nationalistes turcs, devant les locaux du journal «Hurriyet», accusé d'avoir critiqué le gouvernement, ce mardi 8 septembre. REUTERS/Murat Saka

    Après les attentats meurtriers dans le sud-est du pays, la spirale de la violence se répercute dans la population. Lors de manifestations violentes, des militants nationalistes et islamistes ont pris pour cible des locaux du HDP, le principal parti pro-kurde, et ceux du journal Hürriyet, accusé de critiquer le gouvernement. Le couvre-feu a été instauré dans plusieurs villes.

    Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

    La Turquie est en proie à une escalade de violences qui s’étend désormais jusqu’à la population civile. Ces derniers jours. Dimanche, des attaques revendiquées par les combattants kurdes du PKK ont fait 16 morts dans les rangs de l’armée turque, déclenchant des représailles militaires. Et mardi matin, 14 policiers turcs ont été tués par des tirs attribués aux séparatistes kurdes.

    A Ankara, sous prétexte de marcher « contre le terrorisme du PKK », des dizaines de manifestants islamistes et nationalistes s’en sont pris dans la nuit de mardi à mercredi aux locaux du Parti démocratique des peuples, le HDP, principal parti turc pro-kurde HDP. Et pour la deuxième soirée consécutive, mardi, les locaux du grand journal de centre-droit Hürriyet, accusé de critiquer la politique du gouvernement, ont été la cible de jets de pierre par des partisans de l’AKP, le Parti de la justice et du développement de Recep Tayyip Erdogan.

    Des attaques coordonnées

    Difficile de voir dans ces attaques très systématiques et coordonnées une éruption de ras-le-bol ou de colère spontanée. C’est d’ailleurs un député de l’AKP au pouvoir, chef de la branche jeunesse du Parti de la justice et du développement, qui était à la tête des casseurs qui ont saccagé le rez-de-chaussée du siège du journal Hürriyet. Bien qu’il soit protégé par son immunité parlementaire, une plainte a été déposée contre lui. Le Premier ministre turc a demandé au gouverneur d’Istanbul des « mesures de protection exceptionnelles » pour les journaux de la métropole.

    La police est en revanche accusée de passivité dans les nombreuses attaques de locaux du parti pro-kurde HDP, dont plusieurs, y compris le siège à Ankara, ont été incendiés. C’est un miracle qu’il n’y ait eu aucune victime. Les locaux du parti frère du HDP, le DBP, et parfois ceux du social-démocrate CHP ont également été saccagés dans plusieurs villes. Une vague de violences qu’un député d’opposition qualifie de véritable « nuit de cristal » du pouvoir d’Erdogan.

    Ces tout derniers jours, d’innombrables attaques contre les affiches du HDP avaient été constatées et, plus grave, de simples citoyens ont été passés à tabac, torturés, et parfois même poignardés à mort au simple prétexte qu’ils étaient Kurdes. Mardi soir, pour la première fois, le président Erdogan a d’ailleurs lancé un appel au calme.

    Des scènes de guerre civile dans le sud-est

    Une vue de la ville de Cizre, lors de la célébration de la fête kurde Newroz, la fête du printemps et de la nouvelle année, en mars 2015. AFP PHOTO / YASIN AKGUL

    Par ailleurs, le couvre-feu a été décrété dans plusieurs villes. C’est notamment le cas depuis cinq jours à Cizre, dans le sud-est du pays. Cette petite ville, enclavée près de la frontière de la Turquie avec la Syrie et l’Irak, avait accueilli de nombreux réfugiés Yézidis en 2014. Elle est aujourd'hui sous le blocus des forces de sécurité. Elle est quasiment sans communication avec l’extérieur, puisqu’il n’y a plus ni électricité, ni téléphone fixe, ni réseau de téléphonie mobile. L’eau et le pain viennent aussi à manquer, selon plusieurs témoignages.

    Mais il y a plus grave. Tout comme les journalistes, et les députés du HDP qui tentent de faire cesser les hostilités d’une manière ou d’une autre, les ambulances sont désormais interdites d’accès dans la ville et ne peuvent aller chercher les blessés, nombreux, pour les transférer dans les hôpitaux de la région. Un père de famille, dont la fille de 13 ans a été tuée il y a trois jours est contraint de conserver le corps de sa fille dans un congélateur.

    Depuis le début de ce siège, visant à pourchasser d’éventuels membre de la rébellion, pas moins de neuf civils ont été tués, parce qu’ils avaient enfreint l’interdiction de sortir dans les rues. Et ces civils ont été tués par des snipers, des tireurs embusqués de la police, placés sur les toits des bâtiments les plus hauts. Des scènes qui rappellent les pires heures du siège de Sarajevo, lors de la guerre qui a déchiré l’ex-Yougoslavie. Mardi soir, une jeune fille et sa mère ont ainsi été abattues en pleine rue. Un témoignage, en fin de nuit, faisait état de tirs nourris d’obus et de mitrailleuses dans la ville, sans que l’on sache exactement ce qui s’y passe. Difficile d’imaginer de telles scènes, au XXIe siècle, dans la Turquie moderne de M. Erdogan.

     

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