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    Europe

    Turquie: récit d'un témoin retranché dans la ville assiégée de Cizre

    media Des soldats turcs au niveau d'un check-point sur la route principale reliant Mardin et Cizre, le 9 septembre 2015. REUTERS/Sertac Kayar

    En Turquie, même si le niveau de violence a globalement diminué, des locaux du parti pro-kurde HDP, à Istanbul et dans d’autres villes du pays, ont été mis à sac et parfois brûlés par des militants islamistes et nationalistes mercredi 9 septembre. Et ce, pour la troisième soirée consécutive. A la frontière syrienne, la situation dans la ville de Cizre, sous blocus depuis une semaine, est toujours très préoccupante. Les bilans s’alourdissent. Un journaliste français retranché dans la localité témoigne du climat de guerre qui y règne.

    Depuis mercredi, les principaux dirigeants du parti pro-kurde HDP, dont son président Selahattin Demirtas, tentent d’obtenir le droit de rendre visite à Cizre. Mais l’accès leur a été barré à plusieurs reprises à plusieurs kilomètres de distance. Ce jeudi midi, les députés pro-kurdes de Turquie ont finalement été interdits d'entrée par le gouvernement turc. « Nous ne permettrons pas qu'ils se rendent à Cizre », a déclaré le ministre de l'Intérieur, précisant qu'il s'agissait d'assurer leur sécurité. Illustration de ce qui est en train de se passer dans le sud-est kurde du territoire turc.

    Ces derniers jours, à Cizre, des tirs ont fait plusieurs victimes après les attaques lancées par le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Après la riposte violente des nationalistes, un climat de guerre s'est désormais installé. Matthieu Delmas, un journaliste français indépendant, se trouve à l'intérieur de localité. Il nous a décrit par téléphone ce qu'il vit. Son témoignage illustre les tensions majeures qui y règnent : « La ville est assiégée depuis maintenant six jours, depuis vendredi. J’ai pu voir par moi-même des tanks qui sont positionnés à chaque entrée de la ville, totalement bouclées. Personne ne peut ni entrer, ni sortir de la ville. »

    « Les habitants vivent retranchés dans leur quartier »

    « C’est vrai que depuis six jours, j’ai pu voir la situation évoluer. Les habitants se barricadent dans leur quartier en construisant des murs de sacs de sable, en perçant des passages entre les bâtiments afin de ne pas avancer à découvert. Il faut savoir que la principale menace, c’est avant tout les snipers. Depuis plusieurs jours, il y a plusieurs civils dont au moins cinq enfants qui ont été tués par les snipers des forces spéciales. C’est vraiment une ville où les habitants vivent retranchés dans leur quartier. »

    Matthiew Delmas en fait de même : « Moi, je suis retranché dans un quartier qui longe la route de la ville de Nusaybin. Il faut savoir qu’on ne peut pas du tout sortir du quartier parce que cette route est totalement déserte. Il y a des snipers qui sont sur les toits de l’hôpital, qui est tout proche, et qui ont ordre de tirer à vue sur les civils. » Les snipers auraient fait au moins neuf morts.

    Un militant kurde à Cizre, en Turquie, le 28 août 2015. REUTERS/Stringer

    Des müezzin muets, des menaces policières

    Notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion, nous explique que Cizre est la seule ville de Turquie où l'on n’entend plus d’appel à la prière depuis une semaine. Les müezzin ne peuvent plus sortir aux balcons des minarets, car ils sont précisément occupés par les tireurs d’élite, dont l'objectif est de faire respecter l’interdiction de sortir dans les rues. A la place, ce sont les haut-parleurs de la police qui diffusent des harangues et des insultes à la population, lui promettant que sa fin approche, selon de rares témoignages disponibles, alors que la ville n’est plus censée avoir ni téléphone ni électricité depuis une semaine.

    Toute la nuit dernière, d’énormes détonations n’ont cessé de retentir dans la petite ville que l’on surnomme désormais « la Kobane de Turquie », tant elle subit un déluge de feu depuis une semaine. La nuit dernière, ce sont des obus tirés par des tanks qui ont résonné à plusieurs kilomètres à la ronde. Ils ont eux aussi fait de nombreuses victimes. Il y aurait jusqu’à huit civils tués, la plupart en raison de blessures graves n’ayant pu être soignées car les ambulances ne peuvent non plus pénétrer dans la ville.

    Le gouvernement n’a pas envie d’aller aux élections parce que toutes les enquêtes publiées par la presse turque montrent que notre parti va avoir des succès encore plus importants. (…) Notre parti est prêt, malgré toutes ces attaques, toute cette situation insupportable, à partir aux élections.
    Eyyup Doru, représentant du Parti démocratique des peuples (HDP) en Europe 10/09/2015 - par Domitille Piron Écouter


    La journaliste Frederike Geerdink est rentrée en Hollande, après avoir été expulsée par les autorités turques mercredi 9 septembre. Elle avait été arrêtée le week-end dernier dans la ville de Yüksekova (frontière irakienne) alors qu'elle couvrait les protestations de la population contre les opérations de l'armée dans la région. Elle avait passé quatre jours en garde à vue. Comme en janvier dernier, quand elle avait déjà été placée en garde à vue, elle est accusée de « soutenir une organisation terroriste », à savoir le PKK.

    Les forces de sécurité turques empêchent le passage du convoi de la délégation d'élus pro-kurde en route vers Cizre, en Turquie le 9 septembre 2015. REUTERS/Sertac Kayar

    Écouter l'invité de la mi-journée de RFI sur la situation en Turquie

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