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    Europe

    Des milliers de migrants, pour une Allemagne dans tous ses états

    media Un camp d'hébergement à Munich, le 7 septembre 2015. REUTERS/Michaela Rehle

    Si 22 500 migrants supplémentaires sont arrivés depuis lundi sur l'île grecque de Lesbos, à l'autre bout de la route européenne, des dizaines de milliers de personnes fuyant la guerre continuent d’arriver en Allemagne, première économie de l'UE. Berlin s'attend à recevoir 800 000 demandes d'asile cette année. C’est quatre fois plus que l’an passé. Le pays s’organise comme il peut dans un formidable élan de solidarité pour les réfugiés, quitte à s'émanciper des règles. Mais tous les Allemands n’approuvent pas ce mouvement.

    Avec notre envoyée spéciale à Dortmund et Düsseldorf, Stefanie Schüler

    Depuis le week-end dernier, 40 000 réfugiés sont arrivés à la gare de Munich. Pour la seule journée du jeudi 10 septembre, ils étaient encore près de 7 000, des chiffres qui sont donc de nouveau à la hausse. Les réfugiés embarquent désormais aussi, et c’est une première, dans des trains régionaux depuis l’Autriche pour arriver dans d’autres villes de la Bavière. Ce qui rend leur prise en charge par les autorités encore plus difficile.

    L’Allemagne est engagée dans une perpétuelle course contre la montre : tous les jours, il faut répartir les réfugiés à travers le territoire national pour désengorger la ville de Munich. Selon le système de quotas en vigueur, les personnes sont réparties sur les différents Länder (régions). A elle seule, la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Land de l’ouest prospère de l’Allemagne, accueille ainsi 30 % des nouveaux arrivants. C'est la plus grosse proportion. Les personnes arrivent en trains spéciaux à Dortmund, la plus grande ville du Land.

    La situation est sous contrôle mais reste tendue, affirment les autorités locales. Et pourtant, Murat Sivri, directeur du centre de premier accueil de Dortmund, avait vu venir la crise. « Dans une moindre mesure, nous vivons cette situation depuis deux ans déjà. Au centre d'accueil à Dortmund, nous n'avons que 350 lits. Et pourtant, nous avons eu jusqu'à 1 000 réfugiés par jour. Mais depuis le week-end dernier, nous sommes dans une situation où toutes les digues ont cédé. »

    Joyeuse pagaille générale à la gare de Francfort, à l'arrivée d'un train en provenance d'Autriche, le 5 septembre 2015. REUTERS/Kai Pfaffenbach

    Réfugiés : des Länder plus très loin de la saturation

    En quelques heures, la mairie de Dortmund, aidée par des bénévoles, a mis en place un centre d'accueil d'urgence où les réfugiés peuvent se reposer avant de repartir quelques heures plus tard vers d'autres villes à travers le Land. « Dimanche dernier, nous avons accueilli à notre gare 1 979 réfugiés, confie le porte-parole de la Ville, Hans-Joachim Skupsch. Que faire avec tous ces gens ? Il était clair qu'ils ne pouvaient pas rester à Dortmund. » Et d’ajouter : « Certes, les chiffres étaient en hausse. Mais qu'il y ait autant de réfugiés, personne ne pouvait le prévoir. »

    II a fallu travailler d’arrache-pied pour trouver - voire même édifier - des hébergements. L'urgence rend les autorités particulièrement ingénieuses, explique Hans-Joachim Skupsch : « Les citoyens qui possèdent des espaces habitables dont ils ne se servent pas en ce moment peuvent se faire connaître à la mairie. On peut y loger des réfugiés et la Ville de Dortmund vous paye un loyer. » Plusieurs centaines d'habitants ont déjà répondu à cet appel.

    Mais le Land montre des signes de saturation. Jeudi, les villes et communes qui accueillent les réfugiés ont demandé au gouvernement de Düsseldorf de ne leur envoyer plus que des personnes dont la demande d’asile a une chance d’être acceptée. Car les élus souhaitent mettre en place le plus rapidement possible des mesures d’intégration.

    Une arrivée en gare de Düsseldorf, le 8 septembre 2015. Cette nuit-là, un millier de personnes sont arrivées dans cette ville. AFP PHOTO / PATRIK STOLLARZ

    Le risque de l'émancipation des règles migratoires

    La chef du gouvernement de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Hannelore Kraft, tente de rassurer : elle annonce vouloir employer des chômeurs de longue durée pour l’accompagnement des réfugiés. Une mesure unanimement saluée, bien que personne ne sache pour l’instant comment la financer. Qu'à cela ne tienne : l’Allemagne a ouvert ses bras et ses frontières aux réfugiés ; le gouvernement fédéral et les autorités régionales et locales ont décidé qu’il fallait d’abord aider avant d’entamer les procédures bureaucratiques. La devise, c’est désormais en substance : « l’humanitaire avant la loi ».

    Si cette approche part d’un bon sentiment, elle pose néanmoins des problèmes, estime Murat Sivri, du centre de premier accueil de Dortmund. « C’est du jamais vu dans la procédure de demande d’asile en Allemagne : des Länder envoient des réfugiés non enregistrés à travers le territoire national sans leur fournir le moindre document. Les gens ont été répartis en faisant abstraction des formalités habituelles. Cela leur a permis d’être à l’abri, et évidemment c’est bien. Mais cela empêche aussi les réfugiés de rentrer dans la procédure de demande d’asile. Et ça, c'est beaucoup moins bien. »

    Selon M. Sivri, le fait que les personnes soient accueillies dans des hébergements d’urgence « ralentit la procédure de demande d’asile ». « Car dans les communes où ils sont finalement hébergés, ils ne peuvent pas poser leur demande. En Allemagne, la procédure de demande d’asile est gérée par les autorités fédérales. Par conséquent, la demande ne peut être faite qu’auprès d’un office fédéral. Seulement voilà, ces offices fédéraux se font très rares dans les petites communes. Concrètement, cela veut dire que les réfugiés sont physiquement présents, mais que leurs demandes d’asile n’ont pas encore été déposées. »

    Des personnes d'Afghanistan et du Pakistan se partagent une tente pour 60 hommes dans un centre d'enregistrement de Giessen, à 40 kilomètres de Francfort, le 10 septembre 2015. REUTERS/Kai Pfaffenbach

    L'extrême droite allemande n'approuve vraiment pas

    Depuis plusieurs jours, les Allemands se mobilisent. Mais toute la population n'est pas au diapason. A Dortmund par exemple, il n'est pas rare de voir les néonazis manifester devant la gare à l'arrivée des trains spéciaux remplis de réfugiés. Leurs mouvements - qui n’attirent que peu de membres, mais une minorité toutefois très active - sont systématiquement encadrés par la police et par des centaines d'habitants qui viennent pour faire bloc contre les thèses xénophobes. Une situation qui crée un malaise.

    A Kreuzviertel, quartier du centre-ville, une nouvelle manifestation de l'extrême droite a par exemple eu lieu mercredi. Mathias, jeune étudiant, était là pour faire taire ceux qu'il appelle « les chemises brunes ». « Les réfugiés ont déjà tellement enduré. Ils viennent de pays où des bombes tombent du ciel. C'est d'autant plus nul qu'ils soient confrontés ici à ces réactions hostiles... Ces manifestations sont honteuses », lâche-t-il. Andreas, lui, a la parade contre les néonazis. « En tant que citoyen, je m’efforce de les ignorer. Il ne faut pas faire attention à eux », dit-il.

    Mais Colette, la cinquantaine, dit en revanche comprendre les militants d'extrême droite. « Il y a des gens qui craignent que les réfugiés ne leur prennent tout ! », confie-t-elle. Une autre personne croisée regrette finalement que l'élan de solidarité des Allemands ne soit que l'arbre qui cache la forêt. « En ce moment, on veut que tout soit beau. Le problème, c'est notre gouvernement. Toutes ces manifestations de l'extrême droite n'auraient pas lieu si on expliquait aux gens ce qui est en train de nous arriver. Mais comme ces explications ne viennent pas, la peur surgit. Et la peur suscite le mécontentement. »

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