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Climat: l’Europe doit anticiper car les migrations vont s’amplifier

media Les émissions de CO2 sont en grande partie responsables du réchauffement climatique Getty image/ Nello Giambi

Si les conflits et la pauvreté expliquent l’essentiel des migrations aujourd’hui, les personnes déplacées à cause des catastrophes naturelles sont de plus en plus nombreuses chaque année. Les changements climatiques vont augmenter ces flux. La situation migratoire en Europe n’est pas une crise. C’est un phénomène qui va durer et s’amplifier car ses causes sont structurelles. François Gemenne, chercheur au Centre de l’étude des migrations à l’université de Liège et professeur à Sciences-Po Paris, répond aux questions de RFI.

RFI: Comment jugez-vous la réaction des grandes capitales européennes qui semblent découvrir le phénomène des migrants alors que vous travaillez sur ce sujet depuis plus d’une décennie ?

François Gemenne : C’est insupportable et désespérant. L’absence de politique commune en matière d’immigration et d’asile donne l’impression que l’Europe est dépassée par les événements et ne contrôle plus l’arrivée des migrants. En réalité, faute de développer un projet politique cohérent, l’Europe a remis les clés de sa politique migratoire aux passeurs et a créé les conditions de la crise dans laquelle elle se trouve aujourd’hui.

RFI: Est-ce que l’Europe fait réellement face à une arrivée massive de réfugiés au regard des chiffres et de l’histoire ?

FG : Non. Au regard de l’histoire, on ne peut pas parler d’« invasion ». L’Europe a accueilli des flux migratoires bien plus importants. Par exemple au moment de la guerre d’Espagne à la fin des années 30, la France a accueilli 750 000 réfugiés espagnols.
Les chiffres actuels sont comparables à l’afflux des réfugiés lors de la crise des Balkans au milieu des années 90. Dans le contexte actuel, l’Europe ne fournit pas un effort massif. Il y a aujourd’hui 60 millions de personnes déplacées par les guerres et les violences dans le monde, l’Union Européenne n’en accueille que 5%. L’Europe n’accueille que 10% des 4,5 millions de réfugiés syriens. Il est aussi utile de rappeler que l’essentiel des flux migratoires circulent entre les pays du Sud et à l’intérieur d’un même pays. Par exemple, le plus grand camp de réfugiés du monde se trouve à Dadaab au Kenya.

RFI: Quelle est la proportion des réfugiés climatiques par rapport aux réfugiés politiques et aux migrants économiques ?

FG : C’est extrêmement difficile à dire car les données statistiques sont partielles. Nous savons qu’il y a en moyenne 26 millions de personnes déplacées chaque année à cause des catastrophes naturelles. Mais toutes ces catastrophes ne sont pas imputables aux changements climatiques. Il y a aussi des phénomènes plus graduels que nous ne savons pas quantifier, comme l’impact de la hausse du niveau de la mer ou de l’avancée de la désertification. Les personnes qui les subissent s’ajoutent aux 26 millions de déplacés annuels mais nous n’avons aucune donnée précise. Ce qui est certain c’est qu’il y a déjà des millions de personnes déplacées chaque année à cause de la dégradation de leur environnement et que leur nombre va augmenter au rythme de l’accélération du changement climatique.

RFI: Quelles sont vos recommandations ?

FG : Il faut que l’Europe et les pays industrialisés arrêtent de voir les migrants et les réfugiés comme une charge qu’il faut se partager ou comme un problème exceptionnel à résoudre. Les migrations sont désormais une réalité structurelle d’un monde globalisé. Nous ne vivons pas une situation exceptionnelle. Ce n’est pas une crise ponctuelle à résoudre. Les migrations vont s’amplifier. Il ne sert donc à rien de vouloir résister, contrôler ou juguler ces flux. Cela dépasse largement le contrôle des politiques.
Au contraire, il faut essayer d’anticiper ces migrations pour qu’elles se déroulent au mieux dans l’intérêt des migrants et des sociétés d’accueil. C’est le meilleur moyen d’éviter de subir ces flux, comme c’est le cas aujourd’hui.

Retrouvez l’intégralité de l’interview de François Gemenne dans l’émission C’est pas du vent, samedi 19 septembre à 11h10 (Paris) et 11h10TU (Afrique).

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