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    Europe

    Réfugiés: en Hongrie «ça fait peur, parce qu’ils sont nombreux»

    media A Harmica, les migrants font face à la police Slovène, à la frontière avec la Croatie, le 18 septembre 2015. REUTERS/Srdjan Zivulovic

    L’Union européenne est parvenue à un accord laborieux sur les migrants, mercredi soir, qui prévoit l’accueil de 120 000 réfugiés Irakiens, Syriens et Erythréens arrivés depuis la fin de l’été en Europe. Quatre pays de l’Est ont voté contre - la République Tchèque, la Slovaquie, la Roumanie et la Hongrie - mais devront théoriquement prendre leur part. Reportages avec nos envoyés spéciaux en Hongrie et Croatie, deux pays de transit de volontaires à l'exil en Europe qui ont fermé leurs frontières.

    En Hongrie, où le Premier ministre Viktor Orban a rejeté « l’impérialisme moral » que tenterait selon lui d’imposer la chancelière allemande, la jeunesse hongroise semble soutenir cette position. C’est ce qu’a constaté Stéphane Lagarde, envoyé spécial de RFI à Gyor, dans le nord-ouest de la Hongrie.

    En Hongrie, une jeunesse qui soutient Orban

    « Cela fait peur, parce qu’ils sont nombreux ». Le terme de peur revient souvent chez les jeunes de Gyor même si, évident quand on a vingt ans, beaucoup préféraient mercredi soir le bowling aux dernières informations venues de Bruxelles. « J’ai peur, car on ne sait pas ce qui va se passer. Le fait qu’ils viennent ici n’est pas une obsession, mais je ne sais pas ce qui va arriver ensuite », explique Bea, élève ingénieur.

    Crainte pour l’avenir alors que le Premier ministre hongrois Viktor Orban a été l’un des premiers à fermer les frontières du pays face à l’afflux de migrants. Dans cet ancien poste militaire lové sur le Danube, la jeunesse se presse dans les cafés des rues piétonnes. Là encore, la répartition des migrants votée par Bruxelles est loin d’être bienvenue. « Il faut fermer toutes les portes, s’emporte Andreas. Nous avons beaucoup travaillé après la deuxième guerre mondiale pour en arriver là, et personne ne nous a aidé. Pourquoi je devrais payer pour eux ? »

    La Hongrie veut «trier» avant l'entrée sur son territoire

    Moins radical, Karl dit comprendre la détresse des familles de migrants. Pas question pour autant d’ouvrir l’Europe à tout le monde, selon lui. « Fermer les frontières comme l’a fait notre Premier ministre est une bonne chose. L’Union européenne doit mieux contrôler à qui elle accorde des visas. Vous avez vu ces images de soit disant réfugiés qui lancent des pierres sur la police… »

    La Hongrie, qui a rendu ses frontières étanches par une clôture de barbelée de 175 kilomètres, demande désormais à ce que la distinction entre « migrants » et « demandeurs d’asile » soit faite avant l’entrer dans l’espace Schengen.

    A la frontière entre la Croatie et la Slovénie, nouveau point de passage

    Sur les routes des Balkans, tous les réfugiés sur la route ne voyagent pas en groupe. Certains tentent de gagner seuls et à pied les frontières extérieures de l’espace Schengen. La frontière slovène est désormais l’une des nouvelles portes d’entrée de l’Europe, a constaté Blaise Gauquelin, notre envoyé spécial à Harmica, en Croatie, à la frontière avec la Slovénie. La raison ? La Slovénie est dans Schengen. La Croatie non.

    Un réfugié syrien montre un petit bout de papier, sur lequel est inscrit le nom de la capitale allemande. C’est sa destination finale. Il ne parle que l’arabe. Il ne veut pas donner son nom. Il marche depuis des heures en rase campagne. A quelques mètres du poste frontière tant espéré, qui marque l’entrée dans l’espace Schengen, ses nerfs craquent. Sa voix s’étrangle. Il explique qu’il a perdu sa femme et ses enfants, quand sa ville, Alep, a été bombardée. Il se présente aux gardes-frontières croates, sous le regard des bénévoles.

    Parmi eux, il y a Nina Stanic-Buljan. Elle aussi a les larmes aux yeux : « Il y a 20 ans, on avait la guerre ici aussi ! Beaucoup de gens ont vécu la même chose que ce monsieur, que ce réfugié. Beaucoup de gens comprennent ce que c’est. Alors ils aident. Les habitants achètent de la nourriture, des chaussures ». La compassion des villageois croates n’aidera pas le réfugié syrien à rentrer dans l’espace Schengen. Il n’a pas les papiers nécessaires. Il sera refoulé vers Zagreb.


    ■ Quand la Hongrie et le Danemark dissuadent les réfugiés syriens

    Dissuader les Syriens de prendre la route de l'Europe : c'est le but des mises en garde publiées ces derniers jours dans la presse libanaise par la Hongrie, et avant elle par le Danemark. Ces annonces ne font pas expressément référence aux Syriens, mais personne n'est dupe, elles sont censées décourager les départs depuis le Liban qui abrite plus d'1,2 million de réfugiés syriens, écœurés par la démarche hongroise, rapporte la correspondante de RFI à Beyrouth, Laure Stephan.

    Sur la page d'un quotidien libanais, Nawar, Syrien originaire de Deraa, découvre l'avertissement publié par la Hongrie. Le gouvernement assure qu'il n'autorisera pas ce qu'il appelle les « immigrants illégaux » à franchir le territoire hongrois. Le message choque Nawar et le laisse sceptique : « Cette démarche de la Hongrie est inhumaine. Elle n'aura pas d'impact : quelles que soient les menaces, la prison, la violence physique, cela n'empêchera pas les Syriens de partir vers l'Europe. Et puis ce n'est pas par les journaux que les Syriens s'informent de ce qui se passe en Europe, mais par internet ou par la télévision ».

    Adel, lui, vient de Raqqa, ville de l'est de la Syrie sous le joug de l'Etat islamique, et dont les habitants redoutent aussi les bombardements de la coalition ou du régime syrien. Il vit dans un quartier populaire du sud de Beyrouth. Il voit ses amis partir. Il y pense aussi, alors que le quotidien devient de plus en plus difficile pour les Syriens au Liban : « Partir, c'est une décision de chacun, pour vivre, pour protéger ses enfants. L'encart publié par la Hongrie dans la presse est indécent, c'est un déni du droit de chacun. Aucun Syrien n'est heureux d'être réfugié en Turquie, au Liban, en Jordanie ou en Europe. Il faut mettre fin à la guerre en Syrie ! ».

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