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    Europe

    La Crimée totalement paralysée par le blocus des Tatars

    media un activiste empêche le passage d'un camion en Crimée, le 20 septembre 2015. REUTERS/Sergii Kharchenko

    Depuis le dimanche 20 septembre, plus aucun camion de marchandises ne passe de l’Ukraine à la péninsule de Crimée, annexée par la Russie. C’est un véritable blocus alimentaire que les Tatars de Crimée ont organisé, blocus qui ne fait visiblement que commencer.

    De notre correspondant à Kiev,

    Comment peut-on bloquer comme cela une péninsule de deux millions d’habitants ? D’un point de vue logistique, c’est très simple. Il n’y a que deux routes qui mènent de l’Ukraine continentale à la Crimée. Donc le dimanche 20 septembre, quelques centaines de personnes ont disposé leurs voitures et quelques blocs de béton en travers des routes.

    Ces militants, ce sont des Tatars de Crimée, mais aussi des membres de bataillons pro-ukrainiens, dont le très nationaliste Pravy Sektor. Très rapidement se sont formés des files de poids lourds. Les chauffeurs ont attendu quelques jours, et en milieu de semaine, ils sont pratiquement tous repartis dans l’autre direction. Dorénavant ne passent que les véhicules privés transportant des passagers.

    De fait, la situation de la Crimée est aujourd’hui la même que celle du Donbass : là non plus, les camions de marchandise ne peuvent plus passer la ligne de front. Et c’est exactement ce que voulaient les Tatars de Crimée. Moustafa Djemilev, le leader spirituel de cette communauté, a déclaré le premier jour : « Il faut que l’Ukraine se décide : c’est soit on est en guerre contre la Russie, soit on fait du commerce ». Le ton était donné…

    Contre l'annexion russe

    Les Tatars de Crimée veulent avant tout attirer l’attention. Ils s’étaient majoritairement opposés à l’annexion de la Crimée, et ils dénoncent aujourd’hui des persécutions politiques et toutes sortes de pression sur la communauté. Mustafa Djemilev, et d’autres personnalités d’ailleurs, sont interdits d’entrée sur le territoire de la Crimée depuis l’été 2014. Et si l’on regarde la situation géopolitique actuelle, on observe qu’il y a une tentative, côté ukrainien comme côté russe, d’appliquer les accords de Minsk qui pourraient mener à une paix durable dans le Donbass. Or il y a une condition sine qua none, c’est que les Occidentaux admettent que la Crimée ne revienne pas à l’Ukraine. C’est quelque chose que les Tatars de Crimée refusent net, d’où cette action.

    Il y a aussi une autre dimension à ce blocus : on constate que les gardes-frontières ou la police ne sont pas intervenus. Cela veut sans doute dire que le président Petro Porochenko a donné son accord tacite à cette initiative. Il a d'ailleurs récemment garanti la sécurité des protestataires. Cela signifierait qu’il se sert de la situation comme un moyen indirect de pression sur la péninsule, et par répercution sur la Russie.

    Un coup rude

    Pour l’instant, la réaction russe est assez faible, hormis des désapprobations politiques et une agitation médiatique sur la présence de militants de Pravy Sektor à la frontière. Mais le coup est dur. La péninsule n’est pas connectée à la Russie par voie de terre. Quasiment tous les approvisionnements passent par l’Ukraine. Et c’est d’autant plus critique que les ports de Crimée souffrent aussi du boycott commercial des Occidentaux. On peut imaginer l’inflation des prix qui va bientôt frapper la péninsule, si ce n’est pas des pénuries.

    D’autant que les Tatars de Crimée ne comptent pas s’en tenir là. Ils demandent à Petro Porochenko de stopper les approvisionnements d’électricité à la péninsule. Celle-ci en dépend, à 70%. Avec l’hiver qui approche, on peut imaginer les conséquences d’un tel blocus. Et les tensions politiques qui en découleraient.

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