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    Europe

    Ukraine: tous à Paris pour un point sur l'application de Minsk

    media De gauche à droite: Vladimiri Poutine, François Hollande, Petro Porochenko et Angela Merkel, le 11 février 2015 à Minsk, en Biélorussie. AFP PHOTO / MAXIM MALINOVSKY

    Les présidents français, russe et ukrainien, ainsi que la chancelière allemande, se retrouvent ce vendredi 2 octobre 2015 à Paris pour un sommet consacré à l’Ukraine. Les quatre dirigeants vont faire le point sur l’application des accords de Minsk conclus en février dernier, à un moment où les armes se sont calmées dans le Donbass, mais où le processus politique peine à être mis en œuvre. Le contexte est particulier : l'aviation russe a lancé mercredi ses frappes en Syrie.

    La question syrienne ne risque-t-elle pas d’éclipser le dossier ukrainien ? Elle pourrait, du moins, avoir une influence sur le climat général des négociations. Vladimir Poutine pourrait être tenté de faire pression sur ses homologues occidentaux, pour obtenir la promesse d’une levée progressive des sanctions européennes qui visent son pays. D’ailleurs, avant le sommet, François Hollande et Angela Merkel auront, chacun leur tour, un tête-à-tête d’une heure avec Vladimir Poutine.

    « Convergences limitées »

    La Syrie « fait partie du paysage politique mais n’est pas l’objet principal de la rencontre, les deux sujets ne sont pas liés », souligne cependant une source diplomatique française. « Du côté français, allemand et plus largement occidental, il y a une claire volonté de compartimenter les choses, explique le chercheur Jean-Sylvestre Mongrenier, de l'Institut Thomas More. Il n'est pas question de rentrer dans une sorte de deal, qui consisterait à dire : on fermerait les yeux sur l'Ukraine, moyennant quoi, il y aurait une convergence de vues sur la Syrie. »

    Et d'ajouter : « Déjà sur la Syrie, on voit bien que ces convergences sont extrêmement limitées. Mis à part essayer d'arrêter l'Etat islamique, il y a des contradictions flagrantes sur des thèmes comme le devenir de la Syrie, la place de Bachar el-Assad, la question de la transition politique... Il me semble que du côté européen, et plus largement occidental, on est bien conscients des enjeux : l'Ukraine n'est pas un théâtre périphérique qui pourrait être sacrifié au bénéfice de la Syrie. »

    Officiellement donc, pas question de laisser la Syrie s’immiscer dans le dossier ukrainien. François Hollande et Angela Merkel vont tenter de faire progresser le volet politique des accords de Minsk 2, qui prévoient une large autonomie pour les régions rebelles et des élections locales d'après les lois ukrainiennes et sous contrôle des observateurs de l’OSCE. Or, les séparatistes insistent sur la tenue de leurs propres élections le 18 octobre pour la république autoproclamée de Donetsk, et le 1er novembre pour celle de Lougansk, et non le 25 octobre comme dans le reste du pays.

    « Quelques signaux »

    Les diplomates européens veulent tenter de mettre tout le monde d’accord sur un scrutin organisé selon les mêmes règles, quitte à ce qu’ils aient lieu plus tard dans les territoires contrôlés par les pro-russes. « Il y a quelques signaux qui laissent penser que les dirigeants de ces deux soi-disant " républiques populaires " seraient prêts à organiser leurs élections locales en février 2016 », explique le politologue allemand Andreas Umland, expert de l’Institut de coopération euro-atlantique de Kiev (IEAC).

    Si ces signaux étaient confirmés, ils seraient perçus comme une avancée. « Cela permettrait de laisser du temps pour déployer dans de meilleures conditions des observateurs de l’OSCE pour ce scrutin, poursuit le politologue. Cela laisserait une chance d’organiser, dans ces territoires, des élections que l’OSCE pourrait éventuellement reconnaître comme étant démocratiques. On aurait à ce moment-là une situation complètement différente. »

    Parmi les autres points à débattre figurent la libération des prisonniers et la question très sensible de la décentralisation, avec l’objectif d’aboutir à une autonomie accrue des régions aujourd’hui sous contrôle des rebelles pro-russes. Sur le terrain, les observateurs relèvent une accalmie. Le cessez-le-feu semble tenir depuis le 1er septembre, avec quelques incidents isolés. Cette semaine, l’Ukraine et les dirigeants des républiques autoproclamées ont annoncé un accord sur le retrait des armes de calibre inférieur à 100 mm.

    « Encore du travail »

    Certains dirigeants séparatistes vont même jusqu’à annoncer que la guerre est terminée. Pourtant, rien n’est réglé, estime Jean-Sylvestre Mongrenier : « Même si ce cessez-le-feu s'installait dans la durée, ce statu quo territorial serait mis à profit par les séparatistes, par la Russie, pour consolider son quasi Etat, en attendant des circonstances plus propices, pour peut-être avancer de nouveau. Avec la Transnistrie en Moldavie, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud en Géorgie, on a suffisamment de recul pour juger de la chose maintenant. »

    « Il s’agit de la " tactique des conflits gelés ", poursuit le chercheur. Dans les années 1990, lorsqu’on voulait voir les choses de manière positive, on insistait sur le fait que ça avait permis de faire cesser les hostilités, tout en se persuadant qu’on arriverait à trouver une solution diplomatique. Mais on a fini par comprendre que pour la Russie, il s'agissait d'installer ces conflits dans le temps pour faire accepter le démembrement des Etats en question. » Pour éviter que les choses ne s’enlisent cette fois-ci, François Hollande et Angela Merkel vont tenter de faire pression sur les présidents russe et ukrainien.

    Objectif : accélérer la mise en œuvre des accords de Minsk, dont dépend la levée des mesures restrictives imposées depuis l'an dernier par l'Union européenne à la Russie. « Il y a la possibilité d'un accord et d'une levée des sanctions avant la fin de l'année, veut croire un diplomate français. Il faut accélérer le processus. » Un autre renchérit : « Il y a encore beaucoup de travail. »

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