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    Europe

    Migrants: l'Union européenne veut renforcer le rôle de Frontex

    media Un hélicoptère de Frontex survole un canot transportant des migrants vers l'île grecque de Lesbos, le 28 septembre 2015. REUTERS/Dimitris Michalakis

    Les ministres de l’Intérieur de l’Union européenne étaient réunis ce jeudi à Luxembourg. Cette fois, leurs décisions portaient moins sur l'accueil des migrants que sur l'endiguement des flux. Une autre réunion, plus large et inédite par son format, s'est néanmoins déroulée dans la soirée, intégrant les pays frontaliers de la Syrie, et mettant l'accent sur la route des Balkans, empruntée par des centaines de milliers de réfugiés.

    Avec notre envoyé spécial à Luxembourg, Guilhem Delteil

    Après l'humanitaire, le volet fermeté. « Mais c'est un paquet global », assure le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, président du Conseil et maître d’œuvre de cette réunion des ministres de l’Intérieur européens. Pour le français Bernard Cazeneuve, l'accueil des réfugiés n'est soutenable que s'il est accompagné d'une plus grande fermeté à l'égard de « ceux qui ne relèvent pas de la protection internationale ».

    Les Vingt-Huit veulent donc accroître le nombre d'expulsions des migrants économiques, les rendre plus systématiques. Cela passera par une identification dès les « hotspots », ces centres que la Commission européenne entend mettre en place dès le mois prochain dans les pays d'entrée pour gérer ce flux migratoire. Les Vingt-Huit se sont mis d'accord pour y déployer 670 personnes de plus, sous l'égide de Frontex. L'agence de surveillance des frontières extérieures sera aussi dotée d'un bureau retour, chargé d'organiser les expulsions de ceux qui ne se verront pas attribuer le statut de réfugié.

    Frontex est au cœur des mesures annoncées ce jeudi. Le Conseil aimerait lui voir jouer un rôle accru dans le contrôle des frontières extérieures. L'agence pourrait être dotée à terme d'un corps européen de garde-frontières pour venir en aide aux Etats-membres où la pression migratoire est particulièrement forte. Une politique qui se veut, aux yeux des Vingt-Huit, un outil de dissuasion et un coup porté aux réseaux de passeurs.

    Une conférence « historique », axée sur la route des Balkans

    Plus tard dans la soirée, c'est à une autre réunion que l'Union européenne avait convié ses partenaires de l'Est, ainsi que les pays voisins de la Syrie. Une grande conférence, inédite sa composition, consacrée à la route des Balkans. Les pays de cette région ont vu passer des centaines de milliers de personnes ces derniers mois. Et cela ne s'est pas fait sans tension. La Croatie et la Serbie, tout comme certains pays d'Europe de l'Est, tels que la Hongrie ont bloqué leurs frontières.

    41 pays étaient donc réunis pour tenter de trouver une réponse à la crise migratoire : pour le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères Jean Asselborn, l'événement en tant que tel mérite d'être salué. « La conférence peut, je crois, être qualifiée pour une certaine part d’historique, car c’est la première fois qu’une réunion a lieu dans ce format. »

    « Ce que nous venons de voir, c'est le travail d'équipe à son meilleur niveau », a ajouté Federica Mogherini, la haute représentante de l'Union pour les Affaires étrangères, avant de préciser : « Pour une fois ! ». Et la chef de la diplomatie européenne d'y voir un moyen d'avancer : « Il est temps de réaliser que notre fardeau doit être mis en perspective avec le fardeau des pays voisins de la Syrie, a-t-elle précisé. Et pas que depuis maintenant ; depuis quatre ans. Donc travailler ensemble nous aide à mieux comprendre le problème et à identifier les solutions que nous pouvons mettre en place ensemble. »

    De solutions, il ne s'en dégage pour autant pas de franches. Les Européens ont promis d'augmenter leur aide à destination de leurs partenaires tout en renforçant la surveillance de leurs frontières extérieures. Mais le dialogue va se poursuivre, promettent les Européens, dans les mois et même les années à venir.

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