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    Europe

    Présidentielle en Biélorussie: pour ou contre Loukachenko?

    media Jour de vote à Minsk, en Biélorussie, dimanche 11 octobre. Les Biélorusses sont appelés à élire leur prochain président. REUTERS/Vasily Fedosenko

    Les bureaux de vote ont ouvert. Le président biélorusse Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 21 ans, postule pour un nouveau mandat, ce dimanche 11 octobre 2015. Dans le pays, personne ne doute de sa réélection. Si ses adversaires dénoncent un régime autoritaire, ses partisans le voient comme le garant de la stabilité. Face à M. Loukachenko : trois candidats, dont deux russophiles qui ne contestent en rien la politique de l’homme fort de Minsk. La troisième personnalité, Tatiana Korotkevitch, est officiellement issue de l’opposition, mais sa représentativité est contestée par ses anciens amis.

    Avec notre envoyée spéciale à Minsk,  Muriel Pomponne

    Aucun des grands ténors de l’opposition biélorusse, candidats en 2006 ou 2010, ne s'est présenté à l’élection présidentielle cette année. Trois d’entre eux, dont Mikola Statkevitch - dernier prisonnier politique libéré en août -, ont appelé à ne pas voter, estimant que tout est joué d’avance dans ce scrutin. Ils attendent plutôt les élections parlementaires de 2016 pour jauger la réelle volonté d'ouverture du pouvoir - actuellement, le Parlement monocolore n'a aucun pouvoir en Biélorussie.

    Les opposants ne se reconnaissent pas dans la candidature de Tatiana Korotkevitch à la présidentielle. Cette jeune femme de 39 ans, qui a mené une campagne active dans tout le pays, est issue comme les autres de la coalition pour un référendum populaire. Un mouvement qui, après la répression de 2010, voulait contraindre le pouvoir à se réformer. Est-ce un conflit générationnel entre la vieille garde - qui a connu l'époque soviétique - et une nouvelle génération réformiste ? Ou est-ce une véritable opposition idéologique ? Toujours est-il que le dialogue est rompu dans l'opposition. Mme Korotkevitch est soupçonnée par d'anciens amis d’avoir été choisie comme faire-valoir par le pouvoir.

    Manifestation de l'opposition au régime biélorusse, le 10 octobre 2015 à Minsk. REUTERS/Vasily Fedosenko

    « Je ne veux pas participer à une farce dont je connais déjà le résultat »

    Une chose est sûre : Tatiana Korotkevitch se place résolument dans la légalité, tout en souhaitant encore une réforme du système politique. A l'inverse, à la veille de l’élection présidentielle, samedi, les autres opposants, qui ne participent pas au scrutin, ont appelé à manifester. Une manifestation non autorisée, mais tolérée, et qui n'a pas été réprimée. « Vive la Biélorussie ! », ont pu scander les quelques centaines de manifestants présents, emmenées par trois opposants irréductibles au régime.

    Le défilé a néanmoins eu lieu à vive allure, de crainte de voir intervenir les forces de l'ordre. Car en Biélorussie, manifester, c'est tout de même prendre un risque, comme le rappelle un étudiant croisé dans le cortège : « Les Biélorusses ont peur de l'autorité. Beaucoup d'étudiants ont peur de montrer leur position, même dans les couloirs, dans les conversations. »

    Autre slogan de la mobilisation : « On croit, on peut, on gagnera », même si les voix de ces manifestants-là ne donneront pas leur voix à Mme Korotkevitch. Une femme explique son choix : « Je veux lutter, je veux aller à contre-courant du système et des mensonges du pouvoir. Je ne vais pas voter. Je ne veux pas participer à une farce dont je connais déjà le résultat. Je sais que mon vote ne sera pas pris en compte. » « La Patrie, la liberté, à bas l'ogre Loukachenko ! » A l'heure de la dispersion de la mobilisation de samedi, Mikola Statkevitch remercie ses partisans : « Une nation est vivante lorsque quelqu'un lutte pour elle. Nous sommes bien vivants. Donc, la Biélorussie vivra ! »

    De gauche à droite: les présidents Alexandre Loukachenko (Biélorussie), Emomali Rahmon (Tadjikistan) et Vladimir Poutine (Russie), le 15 septembre 2015 à Douchanbé, au Tadjikistan. REUTERS/Mikhail Klimentyev/RIA Novosti/Kremlin

    « Le salaire moyen est à peu près quatre fois supérieur à celui de l'Ukraine »

    Tous les Biélorusses ne sont pas des opposants, loin de là. Malgré une crise économique sévère, la stabilité et l'ordre semblent régner dans ce pays. Et c'est justement ce qui rassure les partisans d'Alexandre Loukachenko, notamment les plus âgés, habitués au système soviétique. Comme cette dame, qui confie : « Nous vivons bien en Biélorussie. Nos salaires sont payés régulièrement, à date fixe, nos retraites aussi. Je suis tout à fait satisfaite. »

    Cette stabilité, parfois même cet immobilisme, permet en tout cas au pays de vivre en bonne entente avec son grand voisin russe. Et pour Sergueï Kizima, haut fonctionnaire, c'est une bonne chose. « Regardez les pays ex-soviétiques qui se sont tournés vers l'Union européenne et les Etats-Unis : maintenant, ils ont de graves problèmes ! », observe-t-il.

    Et d'expliquer : « C'est parce que leur économie a été organisée pendant des décennies pour travailler avec la Russie. Alors, lorsqu'ils ont artificiellement cassé ce système, ils ne sont pas parvenus à construire des économies viables et efficaces pour prendre leur place eu Europe. Et actuellement, le salaire moyen en Biélorussie est à peu près quatre fois supérieur à celui de l'Ukraine. » Pour autant, Sergueï Kizima défend l'indépendance de la Biélorussie et se félicite que depuis un an, le président Loukachenko fasse référence plus souvent à la souveraineté du pays.

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