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    Europe

    Présidentielle contestée en Biélorussie: l'UE suspend les sanctions

    media Les Biélorusses se rendent aux urnes, dimanche 11 octobre, pour exprimer leur vote lors des élections présidentielles de 2015. Ici, un homme dépose son bulletin dans l'urne portable, dans le village de Danilovich, au sud-ouest de Minsk. REUTERS/Vladimir Nikolsky

    Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE) ont décidé ce mardi de suspendre les sanctions à l'encontre de personnalités et d'entreprises biélorusses. Pourtant, les observateurs internationaux de l'OSCE et les Etats-Unis ont critiqué le processus électoral qui a permis la victoire d'Alexandre Loukachenko à l'élection présidentielle en Biélorussie.

    Les sanctions qui frappent 175 individus et 14 entités publiques ou privées biélorusses vont être suspendues, mais pas annulées définitivement.

    C’est la libération des trois derniers prisonniers politiques, identifiés par l’UE qui a permis ce semi-dégel. Le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, encaisse donc là les dividendes d’un très habile repositionnement diplomatique, qui le fait paraître sous les traits d’un interlocuteur plus amène que son voisin Poutine, avec lequel il fait mine de prendre ses distances.

    Loukachenko, c’est aussi celui qui a su attirer chez lui les protagonistes du conflit en Ukraine et qui a réussi à donner le nom de sa capitale Minsk aux seules négociations d’où pourrait sortir un règlement politique de cet affrontement meurtrier.

    Les observateurs de l'OSCE déçus

    L'Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe a dressé un tableau contrasté de l'élection, relevant certes des progrès, mais aussi des « problèmes importants » qui ont miné la transparence de l'élection présidentielle.

    « Il est vraiment évident que la Biélorussie a encore beaucoup de chemin à faire pour remplir ses engagements démocratiques. » C'est par ces mots que le chef des observateurs de l'OSCE a commencé sa conférence de presse, rapporte notre envoyée spéciale à Minsk, Muriel Pomponne.

    Il n'a pas caché la déception de l'organisation qui a déployé 400 observateurs dans tout le pays. « J’ai été particulièrement déçu par les manquements constatés pendant le dépouillement. Il n'est pas acceptable de maintenir les observateurs loin du lieu de décompte des votes », a-t-il poursuivi.

    Il demande au gouvernement biélorusse de revoir également le processus d’inscriptions sur les listes électorales, de ne pas attribuer les moyens de l'Etat à un candidat, et de veiller à ce que l'opposition soit représentée au sein des commissions électorales.

    L'OSCE veut néanmoins maintenir le dialogue avec les autorités de Minsk, et note quelques points positifs. « La récente libération des prisonniers politiques est la bienvenue. Nous espérons que cela marque la fin de ce type de pratiques judiciaires, que c'est un chapitre terminé ».

    L'OSCE note également que ces observateurs ont pu travailler librement et que c'est un bon signe pour l'avenir. L'organisation, qui maintient sur place une mission de longue durée se dite prête à aider le gouvernement à engager les importantes reformes nécessaires pour se rapprocher des standards démocratiques.

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