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    Europe

    [Reportage] Migrants: l'île grecque de Lesbos ouvre son «hotspot»

    media Un bateau de migrants accoste sur l'île de Lesbos, le 11 octobre 2015. REUTERS/Fotis Plegas G

    Ouverture officielle du hotspot de Lesbos, en Grèce ce vendredi, avec la visite sur l’île du commissaire européen aux Migrations et Affaires intérieures Dimitris Avramopoulos. Les hotspots, définis par l’Union européenne, sont les principaux points d’arrivées de migrants en Europe, et en Grèce c’est en effet Lesbos qui accueille le plus grand nombre d’entre eux. L’île fait face avec difficultés à cet afflux.

    Avec notre envoyée spéciale à Mytilene, Juliette Gheerbrant

    Ils étaient, ces dernières semaines, entre 1 000 et 4 000 à atteindre chaque jour en canot pneumatique la côte nord de l’île, depuis la Turquie toute proche. Et les tragédies se poursuivent : ce jeudi, six personnes ont encore perdu la vie. Mardi dernier une femme accouchait sur une plage du nord de Lesbos après avoir été forcée par les passeurs à embarquer en Turquie. Selon le HCR, entre 10 000 et 12 000 réfugiés sont présents sur l’île actuellement.

    Après leur arrivée, ils sont conduits en car jusqu'au centre de Moria pour se soumettre aux procédures d’enregistrement. Puis ils rejoignent Mytilène à pied ou en taxi pour prendre un ferry pour Athènes et poursuivre leur route.

    A Mytilène la situation est plus calme depuis que les autorités ont augmenté le nombre de ferries. Mais les migrants sont encore nombreux à dormir sur des cartons autour du port. Il y a sinon trois tentes de Médecins sans frontières en contrebas du château non loin de là et hier soir, des bénévoles distribuaient sur le port un plat de riz et lentilles à des centaines de personnes Les plus fortunés cherchent des chambres d’hôtel, nombreux sur cette île prisée des touristes.

    Depuis Lesbos, les migrants gagnent le port du Pirée, non loins d'Athènes, par ferry. REUTERS/Alkis Konstantinidis

    Quel changement ?

    Concrètement, qu’est-ce que l’ouverture de ce hotspot va changer pour l’île ? On en saura sans doute plus dans la journée mais pour l’instant c’est très flou. Même le maire de Lesbos, Spyros Galinos, avouait hier qu’il n'en savait rien et qu’il aimerait bien avoir un peu plus d’explications.

    « Pour moi ce ne sont pas les mots qui comptent, déclarait-il à RFI. Si le fait d’être un hotspot signifie qu’il y aura une meilleure prise en charge du problème, ça me convient. Mais j’attends qu’on me donne des explications plus précises. On ne sait pas encore exactement ce qui va se passer. Dans un premier temps, on sait qu’il y aura une meilleure organisation autour de Moria, où il y a déjà un centre, que moi j’appellerais centre d’accueil. »

     ► A (RE)ECOUTER :De Lesbos à Munich, la longue route des réfugiés syriens(Accents d'Europe)

    En effet, du nouveau matériel d’identification géré par Frontex est arrivé à Moria, des renforts humains aussi, ajoute le maire sans plus de précisions. Selon les ONG, toutefois, les conditions d’accueil des migrants empirent, l’aide alimentaire n’est même plus assurée dans ce centre. La municipalité a quant à elle ouvert trois nouveaux lieux d’accueil sur l’île, mais Spyros Galinos aimerait que le problème soit pris « à la racine » comme il dit, et il a fait une demande à l’Union européenne : « Identifier les migrants directement en Turquie, arrêter la criminalité organisée des passeurs qui font du trafic d’êtres humains, pour qu’enfin il n’y ait plus de gens qui se noient en essayant d’arriver ici. »

    Beaucoup de questions restent en suspens. Notamment sur les critères retenus pour la relocalisation des Syriens et Irakiens que l’Union européenne doit accueillir. En bref, il va falloir du temps pour que les choses se mettent en place et il y a comme un décalage entre les besoins de communication de Bruxelles et la situation sur le terrain.

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