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    Europe

    Migrants: la Suède est «aux limites de ses capacités» d'accueil

    media Des bénévoles distribuent boissons et nourritures à des réfugiés arrivant à la gare suédoise de Malmo, le 10 septembre 2015. REUTERS/Ola Torkelsson/TT News Agency/Files

    La Suède est, avec l’Allemagne, le pays qui accueille le plus de réfugiés et de demandeurs d’asile en Europe. Il en attend jusqu'à 190 000 cette année. Son Premier ministre Stefan Löfven a annoncé ce mercredi 4 novembre que Stockholm allait demander à Bruxelles qu’une partie de ces migrants soient relocalisés dans d’autres pays de l’Union. De leur côté, MM. Juncker et Tusk lancent un appel au G20, alors que l'ONU est instisfait des efforts consentis par les pays de l'UE.

    Stefan Löfven est un fervent partisan de l’ouverture des frontières de l’Union européenne aux migrants qui fuient la violence, mais son pays, la Suède, est aujourd'hui arrivée « aux limites de ses capacités ». En Europe, c’est celui qui accueille le plus de réfugiés ou de demandeurs d’asile proportionnellement au nombre d'habitants.

    Chaque jour, Stockholm doit trouver entre 500 et 600 nouvelles places en foyer. Le mois dernier, le royaume a dû donner son feu vert à l’hébergement sous tente - certes pour quelques jours au maximum - avant un placement dans des centres en dur. Mais l’hiver s’annonce glacial. Et parmi les arrivants, il y a tellement de mineurs isolés qu’en septembre, l’Office des migrations suédoises a désigné une ville, Trelleborg, pour les accueillir.

    Tout cela a un coût, et la ministre suédoise des Finances a annoncé il y a deux semaines que le gouvernement allait devoir emprunter et renoncer à certaines dépenses et réformes. La Suède va donc demander à bénéficier du plan européen de relocalisation des migrants, pour qu'une partie de ceux qui arrivent sur son territoire soit envoyés dans d'autres pays de l'Union.

    Une démarche à laquelle le président du Conseil européen, Donald Tusk, a apporté son soutien ce mercredi. D’autant que la Suède avait été, début octobre, le premier pays à recevoir des demandeurs d’asile déplacés par Bruxelles. La Suède, c'est un peu le bon exemple, dans cette situation à laquelle fait face l'UE. Une situation historique.

    Une situation inédite en Europe depuis plus de 1 000 ans ?

    Des populations qui se lèvent et qui se mettent en marche, l’Europe n’en a pas connues à grande échelle depuis les invasions des vikings au IXe siècle de notre ère. Or, on sait que ces migrations sont annonciatrices de profonds remodelages de civilisations. Alors, selon le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, autant s’y préparer.

    C'est le sens d'une lettre qu'il a adressée mercredi, conjointement avec M. Tusk, aux dirigeants des pays du G20, qui se réunissent ce mois-ci en Turquie pour travailler à la résolution de la crise migratoire. La missive compte six paragraphes. Celui qui traite des flux migratoires est le plus court (à peine sept lignes), mais il est aussi le plus important, le plus urgent aux yeux des deux signataires, explique notre correspondant à Bruxelles Quentin Dickinson.

    Jean-Claude Juncker soutient qu'on aurait tort de tenir le chaos actuel, qui se déroule aux portes et à l’intérieur de l’Union européenne, pour un phénomène ponctuel et limité et dans le temps et dans l'espace. Les réfugiés d’aujourd’hui venus en Europe fuient des guerres civiles impitoyables, nées de rivalités multiples entre Etats, de logiques économiques à courte vue, de conflits religieux...

    Ces ingrédients-là, à l’état latent ou actif, se retrouvent sur tous les continents, plaide le président de la Commission. S’y ajoutent les désordres climatiques, d’où des inondations, des sécheresses, des récoltes perdues... Les migrations constituent donc une réalité durable et mondiale, que les pays riches du G20 ont devoir et intérêt à canaliser, disent MM. Juncker et Tusk.

    L'Allemagne, autre exemple européen salué par les Nations unies

    D'autant que les pays riches sont responsables de la crise actuelle. C'est le haut commissaire de l’ONU pour les réfugiés qui le dit. Lors d’une rencontre à Berlin avec d’autres organisations d’aide aux migrants, le Portugais Antonio Guterres n’a pas mâché ses mots. Selon lui, l’ignorance des pays développés a contribué à l’exode des réfugiés à cause d'un soutien insuffisant aux organisations internationales, qui ont réduit l’aide humanitaire pour les réfugiés.

    M. Guterres et son hôte, le ministre allemand des Affaires étrangères, ont souligné que sans soutien financier supplémentaire, il serait difficile de surmonter l’hiver à venir, rapporte notre correspondant à Berlin Pascal Thibaut. Frank-Walter Steinmeier a annoncé un relèvement de l’aide de Berlin. Et le haut commissaire de critiquer le manque d’unité des Européens et de demander qu'ils aboutissent à une meilleure répartition des réfugiés entre eux.

    L’Allemagne a été en revanche félicitée. Le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour les migrations internationales et le développement, Peter Sutherland, a rendu hommage « à l’exemple fantastique » livré par Berlin par sa politique à l’égard des réfugiés. Antonio Guterres s’est montré « profondément impressionné par le courage et le leadership de l’Allemagne » dans ce dossier. Pour M. Guterres, les autres pays européens doivent suivre l'exemple de l'Allemagne.

    « Ce n'est pas une crise allemande, c'est une crise européenne et c’est pourquoi l’Union européenne doit se sentir responsable et doit effectuer un partage des charges équitables entre tous les Etats membres », a-t-il déclaré. Il a également rappelé sa détermination à « travailler ensemble pour renforcer les capacités permettant de répondre aux besoins des personnes qui sont en train d’arriver », appelant enfin les pays impliqués à « combattre les passeurs et les trafiquants qui sévissent sur les routes entre le Moyen-Orient et l’Europe ».

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