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    Europe

    Attentats à Paris: Molenbeek, foyer de jihadistes malgré lui

    media Le marché de Molenbeek, commune de Bruxelles ayant la réputation d'abriter des jihadistes, ici le 15 novembre 2015. REUTERS/Yves Herman

    Deux Français ayant résidé à Bruxelles figurent parmi les auteurs des attentats meurtriers de vendredi soir à Paris. L'un d’eux vivait dans la commune de Molenbeek, un lieu ayant la réputation d’abriter des terroristes.

    Molenbeek, commune populaire dans la banlieue ouest de Bruxelles, est un nom tristement connu des services de police. C’est en effet dans ce quartier à forte population immigrée de la capitale belge que de nombreux jihadistes ont transité, voire sont présents si l’on en croit les derniers avancements dans l’enquête sur les attentats à Paris de ce 13 novembre. Le procureur général de Bruxelles a d’ailleurs annoncé un plan spécial pour la commune alors que le ministre belge de l'Intérieur, Jan Jambon, a déclaré qu'il allait s'occuper personnellement du dossier Molenbeek pour « reprendre le contrôle de la situation ».

    De nombreux précédents

    Depuis une vingtaine d’années, c’est à Molenbeek, où vivent quelque 96 000 Belges, qu'ont séjourné les auteurs de plusieurs attentats jihadistes : celui de l'assassinat du commandant Massoud en Afghanistan en 2001, tout comme Hassan El Haski, condamné pour avoir été l'un des concepteurs des attentats de 2004 à Madrid (191 morts et 1 800 blessés). C’est aussi à Molenbeek que se trouvait le responsable présumé de la tuerie au Musée juif de Bruxelles, Mehdi Nemmouche, qui avait fait quatre morts en mai 2014.

    Une cellule terroriste, démantelée en janvier à Verviers, dans l’est du pays, avait également des attaches à Molenbeek. Quant à Amedy Coulibaly, qui avait tué une policière et quatre personnes dans un supermarché juif de Paris en janvier dernier, il avait acheté des armes dans ce quartier, tout comme Ayoub El Khazzani, l'homme qui avait ouvert le feu en août dernier dans le Thalys reliant Bruxelles à Paris. Molenbeek a enfin fait parler d’elle lors du procès sous haute sécurité contre 46 membres du groupe salafiste Sharia4Belgium, filière de recrutement pour la Syrie. Et puis, au lendemain des attentats de Paris, cinq personnes y ont été interpellées.

    REPORTAGE
    L'adjoint au bourgmestre de Molenbeek « défend » sa commune 16/11/2015 - par Laxmi Lota Écouter

    C’est un fait : Molenbeek abrite une minorité d'activistes radicaux. « C’est très facile de jeter l’opprobre sur une commune, de trouver un bouc émissaire », s’est défendu l’adjoint au bourgmestre de la commune. « Ils ne viennent pas tous d'ici et, la plupart du temps, ils ne sont que de passage », a de son côté déclaré Françoise Schepmans, la bourgmestre de Molenbeek. « Dans certains quartiers, la population est très dense, composée de personnes d'origine maghrébine à 80 %. L'anonymat est plus facile pour les gens de passage dotés de très mauvaises intentions (…) Ils débarquent aussi dans des quartiers où le terreau de radicalisation est plus fertile (...) Il aurait fallu être beaucoup plus ferme dès le départ », a-t-elle ajouté, épinglant au passage son prédécesseur.

    « Dans cette petite minorité, a expliqué à l'AFP Claude Moniquet, spécialiste dans les questions de terrorisme, il y a des figures connues au plan européen, qui attirent des gens. » Un fait que reconnaît le Premier ministre belge Charles Michel : « Je constate qu'il y a presque toujours un lien avec Molenbeek, qu'il y a un problème gigantesque. Les mois passés, beaucoup d'initiatives ont déjà été prises dans la lutte contre la radicalisation mais il faut aussi plus de répression ».

    Une image à changer

    Malgré les sirènes de la police qui ont retenti toute la nuit de samedi à dimanche dans les rues de Molenbeek, ses habitants ont continué leurs occupations habituelles et tiennent à défendre l'image de leur quartier.

    Nous sommes fiers d'être de Molenbeek !
    Dans les rues de Molenbeek 16/11/2015 - par Laxmi Lota Écouter

    Un foyer belge ?

    Proportionnellement, en termes de population, rappelle Alain Rodier, ancien officier supérieur des services de renseignement français et directeur de recherche au CF2R (centre français de recherche sur le Renseignement), il y a plus de citoyens belges qui sont partis en Syrie que de citoyens français.

    Ainsi, quelque 494 « jihadistes belges » ont été identifiés : 272 sont en Syrie ou en Irak, 75 sont présumés morts, 134 sont revenus et 13 sont en route, selon la Sûreté de l'Etat, les services de renseignement belges. La Belgique représente un « nœud » pour le jihad international, « qui est connu depuis longtemps par les services de sécurité ».

    Ce qui frappe, c'est que la Belgique, malgré le renforcement de sa législation antiterroriste, le démantèlement de filières de recrutement et de cellules terroristes depuis les années 1990 et les condamnations qui ont suivi, reste un havre relativement sûr pour les jihadistes. Géographiquement, la Belgique se situe au centre de l’Europe, elle est en communication avec le monde entier. « Ça en fait un point utilisé en particulier, malheureusement, par les jihadistes » ajoute Alain Rodier.

    « Depuis longtemps, il y a des foyers jihadistes en Belgique », poursuit Jean-Charles Brisard, président du Centre d’analyse du terrorisme. « On est face à un réseau qui est effectivement structuré, avec plusieurs commandos, et qui avait des liens, surtout, avec d’autres pays. Ça c’est important. Ça prouve bien qu’on est dans un phénomène qui concerne plusieurs pays européens et pas seulement les pays individuellement, comme on le dit trop souvent », analyse l’expert.

    Un besoin de plus de coopération au niveau européen

    Si la coopération en matière de renseignement semble fonctionner entre Paris et Bruxelles, il n’en va pas de la même manière au niveau européen. « Le problème, note Jean-Charles Brisard, c’est que sur un mode multilatéral il y a des choses que la France et d’autres pays européens ont demandé à l’Union européenne de mettre en place depuis de nombreuses années pour accroître et systématiser un centre d’information, à travers Europol notamment, s’agissant des jihadistes. »

    Pour les deux analystes, c’est principalement au niveau du Parlement européen que provient le blocage. C’est le cas en ce qui concerne le renforcement des contrôles aux frontières extérieures de Schengen. « Or, ajoute Jean-Charles Brisard, c’est fondamental, parce qu’aujourd’hui la menace est intérieure ; elle provient de citoyens de Schengen dans la majorité des cas. » Et de conclure, sévèrement : « L’Europe, malheureusement, dans le domaine de l’antiterrorisme, est une énorme force d’inertie jusqu’à ce jour. »

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