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    Europe

    Femme kamikaze à Saint-Denis, une première en Europe

    media Opération antiterroriste à Saint-Denis, en banlieue nord de Paris, le mercredi 18 novembre 2015. REUTERS/Benoit Tessier

    Dans l'assaut mené ce mercredi 18 novembre 2015 au matin contre une cellule terroriste à Saint-Denis, en proche banlieue parisienne, les forces de sécurité françaises ont été confrontées à une première : une femme s'est fait exploser avec un gilet piégé. Si l'enquête doit encore donner les détails, cette situation soulève une menace qui inquiète les autorités.

    [Mise à jour] L'enquête a finalement montré que le kamikaze n'était pas la jeune femme présente dans l'appartement ce jour là, malgré les premières conclusions de la police. Cette information est à prendre en compte dans la lecture de cet article.

    Une femme kamikaze, c'est une première en France et en Europe. Et c'est loin d'être une habitude pour le groupe Etat islamique, qui n'en utilise ni en Irak ni en Syrie, même si d’autres mouvements jihadistes qui ont fait allégeance à ce groupe utilisent des femmes, notamment au Nigeria. La jihadiste qui a activité son gilet d'explosifs ce mercredi matin pendant l'intervention de la police à Saint-Denis a ainsi ajouté ce qui pourrait être une innovation opérationnelle à la série d'attaques qui a frappé la France ces jours-ci.

    « Des femmes mènent des opérations kamikazes en Tchétchénie ou en Palestine, mais ce sont à chaque fois des veuves qui nourrissent une idée de vengeance, elles ont une place particulière dans la famille », explique Grégory Robin, expert en engins explosifs improvisés et chercheur à l'Institut prospective et sécurité en Europe.

    Cela n'arrive que très rarement en Irak et en Syrie. Même en Afghanistan, c'est une méthode rarissime. Ce qui, selon Grégory Robin, laisse penser que la cellule terroriste neutralisée ce mercredi matin avait des habitudes très européennes : « Cela montre que c'est un groupe occidental, avec des normes occidentales, où la femme a une autre place. »

    La femme, une jihadiste déterminée

    Contrairement aux idées reçues, les femmes qui décident de participer au jihad ne sont pas cantonnées à des rôles secondaires, nous assure un ancien des services de renseignement français. « Nous sommes loin de l'imagerie de la femme soumise, assure-t-il. Elles participent à la logistique, à l'hébergement, au soutien des combattants. Elles participent beaucoup au prosélytisme également. »

    Il est même arrivé, par le passé, que des femmes européennes aillent jusqu'à cette extrémité. Au milieu des années 2000, plusieurs d'entre elles ont profité des filières irakiennes pour aller combattre avec al-Qaïda en Irak. La plus connue, Muriel Degauque, une Belge de 38 ans, s'est fait exploser sur une route au nord de Bagdad, dans une attaque contre une patrouille de police en 2005.

    « Les femmes restent minoritaires, car le jihad armé reste un milieu très masculin, explique notre ancien des services. La rareté de ce phénomène est révélateur de la proportion des femmes dans ces groupes. Mais il y en a souvent de très influentes qui officient dans l'ombre : ce ne sont pas les plus tendres. »

    Ainsi, dans le groupe de Djamel Beghal, membre d'al-Qaïda incarcéré en France, et qui a notamment été en lien avec Amedy Coulibaly et Chérif Kouachi, se trouvait une femme. On pourra également penser à Samantha Lewthwaite, surnommée la « veuve blanche » par les médias. Cette Britannique de 31 ans est soupçonnée d'avoir été mêlée aux attaques du Westgate, au Kenya en 2013, qui ont causé la mort de 67 personnes.

    Une menace difficile à gérer

    Grégory Robin s'inquiète des conséquences pour les forces de police, qui ne sont pas habituées à faire face à ce genre de menaces. « Les forces européennes ne sont pas préparées aux attentats-suicides, et encore moins aux femmes, note-t-il. Il va falloir sensibiliser tout le monde. Quelle réaction adopter face à une femme portant une burqa, qui refuse de l'enlever, par exemple ? »

    Ailleurs dans le monde, des attaques impliquant des femmes ont mis en lumière des procédés astucieux d'improvisation d'explosifs. Si les tenues peuvent être une cachette, d'autres ont opté pour des sacs à main ou encore des soutiens-gorge.

    Dans le cas de la cellule démantelée ce mercredi matin à Saint-Denis, l'enquête dira si la femme concernée avait comme objectif de mener un attentat-suicide, ou s'il s'agissait d'échapper aux autorités. Dans tous les cas, la gestion de cette menace posera un réel défi aux forces de sécurité dans les mois et années à venir.

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