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    Europe

    Avion russe abattu: le torchon brûle entre Moscou et Ankara

    media Le président russe Vladimir Poutine lors de sa conférence de presse à l'occasion de l'ouverture de la COP21. Le Bourget, le 30 novembre 2015. REUTERS/Mikhail Klimentyev/Sputnik/Kremlin

    Le président russe a refusé de rencontrer ce lundi le président turc Recep Tayyip Erdogan, en marge de la COP21, malgré l’insistance du président turc. Vladimir Poutine a ensuite lancé une lourde accusation contre Ankara : selon lui, si la Turquie a abattu un bombardier Soukhoi la semaine dernière, ce n'est pas parce qu'il a franchi la frontière turco-syrienne, c'est pour protéger les routes du pétrole de contrebande du groupe Etat islamique (EI).

    Les relations russo-turques sont très tendues depuis que les forces turques ont abattu un chasseur bombardier russe à la frontière syrienne qui ne répondait pas aux appels à s’identifier. Ce lundi 30 novembre, elles sont se tendues davantage.

    Quelques jours après les tirs contre l'avion russe, Moscou avait déjà accusé la Turquie de protéger l'organisation Etat islamique et aujourd'hui, lors de sa conférence de presse, Vladimir Poutine a violemment attaqué la Turquie, l’accusant d'avoir détruit le bombardier russe dans le but de protéger le pétrole du groupe Etat islamique. Le pétrole est la principale source financière des jihadistes, et l'une des cibles des raids russes.

    « Nous avons reçu des informations complémentaires qui confirment malheureusement que le pétrole, produit dans les endroits contrôlés par Daech et d'autres organisations terroristes, est acheminé massivement, de manière industrielle, vers la Turquie, a lancé Vladimir Poutine. Nous avons toutes les raisons de penser que la décision d'abattre notre avion a été dictée par la volonté de protéger ces chemins d'acheminement de pétrole vers le territoire turc, justement vers ces ports depuis lesquels il est chargé sur des navires-citernes. »

    Le président russe a également accusé Ankara de protéger les terroristes qui opèrent dans le Caucase du Nord : « Par ailleurs, nous signalons depuis longtemps que des représentants des organisations terroristes qui combattent ou tentent de combattre dans différentes régions de la Russie, notamment en Caucase du Nord, séjournent sur le territoire turc. Nous avons demandé de mettre fin à ces pratiques, mais nous constatons que ces gens s’y trouvent toujours et qu’ils vivent dans les régions protégées par les forces spéciales turques. En profitant du régime de circulation sans visas, ils pénètrent de nouveau sur notre territoire, où nous continuons à les combattre. »

    En représailles de l'incident, le Kremlin multiplie ces derniers jours les sanctions économiques à l'encontre de la Turquie. Il a détaillé, ce lundi, les sanctions économiques que le pays va imposer à la Turquie : un embargo sur les fruits et légumes de Turquie.

    Ankara en colère

    Le président Erdogan a répondu du tac au tac au président russe : « S’il [ndlr. Vladimir Poutine] a des documents à ce sujet, qu’il les sorte, nous voulons les voir. Chacun sait que la liste des pays qui nous fournissent du pétrole est connue. En revanche, parmi ceux qui font commerce du pétrole de Daech, il y a, selon le Trésor américain, un ressortissant russo-syrien, Georges Hachawi ; et cet individu vend le pétrole à l’Etat syrien, c’est aussi connu. Alors, que d’abord il rende des comptes à son sujet. En ce qui nous concerne, il n’y a rien eu de tout cela jusqu’à aujourd’hui. Nous, les trafiquants de pétrole, nous les attrapons et nous leur infligeons ce qu’ils méritent, comme nous l’avons toujours fait. Et je vais vous dire quelque chose de courageux : au moment même où une telle chose serait établie - et c’est le code d’honneur de notre culture qui veut cela – je quitterais mes fonctions. Mais je demande à Poutine : ‘Et toi, dans le cas contraire, tu resterais à ton poste’ ?»

    La Turquie refuse donc de s'excuser comme le réclame Moscou. Lors d'une conférence commune avec le secrétaire général de l'Otan, le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu est revenu sur l'incident, maintenant avoir agi légitimement pour protéger son espace aérien. « L'espace aérien relève de notre souveraineté. Et notre action a été défensive, a-t-il martelé. Nous aurions aimé que cela ne soit pas produit. Mais en même temps, nos règles d'engagement ont été très claires et nous les avons communiquées trois fois à nos amis et voisins russes : à Ankara, à Antalya et à Moscou. Nous avons dit que l'espace aérien turc doit être respecté, et ce après trois violations commises par des avions russes. Et aucun Premier ministre ou président ou autorité turque ne va s'excuser, car nous n'avons fait que notre devoir. »

    Et le Premier ministre turc a ajouté : « La Turquie veut avoir de bonnes relations avec la Russie et avec les autres pays qui combattent Daech, l'organisation de l'Etat islamique. Nous sommes prêts à coopérer mais, si nous combattons Daech, alors nous devons combattre uniquement Daech et pas l'opposition syrienne modérée, ou bien les civils. Nous devons nous mettre d'accord et dire ‘oui, nous combattons tous contre Daech’. »

    Ahmet Davutolu, a aussi demandé à la Russie de revenir sur les sanctions économiques adoptées en représailles de l’incident.

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