GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mercredi 21 Septembre
Jeudi 22 Septembre
Vendredi 23 Septembre
Samedi 24 Septembre
Aujourd'hui
Lundi 26 Septembre
Mardi 27 Septembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    Europe

    Conflits, attentats: qui est l’ennemi?

    media Le président américain Barack Obama (à droite) se recueillant devant la salle de spectacles du Bataclan, aux côtés du président François Hollande (C) et Anne Hidalgo, maire de Paris, pour rendre hommage aux victimes des attentats du 13 novembre. REUTERS/Philippe Wojazer

    Cette question était au centre des VIe Assises nationales de la recherche stratégique il y a quelques jours à Paris, à l’initiative du Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégiques. Un sujet éminemment d’actualité : la guerre en Syrie et en Irak, le conflit en Centrafrique, la prise d’otages à Bamako il y a quelques jours, les attentats en Tunisie, l’appareil civil russe abattu au-dessus du Sinaï, les attentats en Turquie, ceux de Paris en janvier contre le journal satirique Charlie Hebdo et plus récemment le 13 novembre dans la capitale française et à Saint-Denis, en banlieue parisienne.

    Qui est l’ennemi ? L’interrogation reflète bien la perplexité qui est la nôtre aujourd’hui face à des points de tension nouveaux, plus nombreux, dont la lecture gagne en complexité. Alors que la notion d’ennemi n’allait plus de soi ces dernières années, la voilà qui ressurgit non sans questionnement sur notre naïveté peut-être, notre manque de lucidité sans doute, ou encore notre volonté de ne pas voir l’ennemi ou de l’occulter.

    La chute du Mur de Berlin nous a fait croire à la fin de l’ennemi, nous faisant entrer dans un monde prétendument de bisounours. La Terre est soudainement devenue plate. L’illusion de l’absence d’ennemis a fait long feu. Les attentats du 11-Septembre 2001 ont comme sorti les Etats-Unis d’une certaine torpeur. Peut-être en est-il de même pour la France au lendemain du 13 novembre. François Hollande a désigné l’ennemi : Daech. Mais sans doute sera-t-il nécessaire de prendre du recul.

    Les Américains n’ont jamais cessé de fabriquer de l’ennemi

    A quel type d’ennemi avons-nous affaire ? A-t-on raison de parler de guerre alors que nous sommes loin des guerres conventionnelles ? Comment qualifier les nouveaux conflits ? Alors que les mouvements terroristes de la mouvance radicale islamiste définissent les pays occidentaux comme leurs ennemis, comment comprendre qu’il ait fallu la violence des attentats récents pour les considérer en retour comme tels ? Pour Pierre Conesa, expert en stratégie militaire, les Américains, contrairement à nous Français, n’ont jamais cessé de fabriquer de l’ennemi.

    Comment définir l’ennemi aujourd’hui ? Les contours sont flous et l’absence de consensus totale. La mondialisation a provoqué la résistance de tous ceux qui s’en sentent exclus ou s’en excluent eux-mêmes, réactions de « repli » identitaire ou de crispations communautaristes allant jusqu’aux expressions les plus violentes de la révolte. De plus, l’effacement des frontières, la décomposition des territoires, l’effondrement des repères idéologiques traditionnels et la marchandisation du monde entraînent de nouvelles fractures sociales et culturelles qui ébranlent les cohésions sociales.

    L’ennemi a aussi la vertu d’occulter les problèmes de la communauté

    Le philosophe Pascal Bruckner explique qu’ « un ennemi, c’est une provision d’avenir, une manière pour un groupe d’assurer sa cohésion, de se poser en s’opposant. C’est la certitude de durer à travers l’hostilité de l’autre qui, paradoxalement, nous conforte en nous niant ». Désigner l’ennemi permet au politique, sciemment ou non, de concentrer ses efforts sur la menace. Il alimente la cohésion du groupe. L’ennemi a aussi la vertu d’occulter les autres problèmes de la communauté, voire de les rendre acceptables.

    Les contours de l’ennemi sont aujourd’hui plus flous que jamais. A côté d’entités comme « l’Etat islamique », on assiste à l’émergence d’un nouveau « salad bowl » criminel intégrant fanatisme religieux, massacres, piraterie, trafics d’êtres humains, de drogues, d’armes, de substances toxiques ou de matières premières. La menace provient désormais de groupes hybrides, opportunistes et instables, capables de métamorphoses inattendues : un continuum criminalo-terroriste est apparu en quelques années, qui ne correspond plus à aucune de nos catégories. Un défi pour nos sociétés.

    Pour en savoir plus :
    L'émission Géopolitique le débat, dimanche 6 décembre.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.