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    Europe

    Energies: la Turquie peut-elle vraiment se passer de la Russie?

    media Le président russe Vladimir Poutine (g.) et le Premier ministre turc (désormais président) Recep Tayyip Erdogan lors de l'inauguration du gazoduc Blue Stream, en 2005. AFP PHOTO/KERIM OKTEN/POOL

    Il aura fallu la chute d’un avion militaire russe, abattu par la Turquie fin novembre, pour enterrer pour longtemps l’immense projet de gazoduc Turkish Stream qui périclitait déjà, mais aussi pour détourner, si l’on en croit les déclarations, Ankara du gaz russe, pourtant si précieux. Depuis, en effet, les autorités turques mettent l'accent sur la diversification des approvisionnements et démarchent d’autres partenaires en ce sens. Mais Ankara peut-il faire l’économie des hydrocarbures russes alors que son appétit économique ne cesse de grandir ?

    Le 24 novembre dernier, un Sukhoï Su-24 de l’aviation russe tombe en vrille dans le ciel syrien. Un des pilotes est tué, un autre est récupéré par les forces fidèles à Damas. Ankara annonce d’emblée être à l’origine du tir fatal à l’appareil, qui aurait violé, selon sa version, l’espace aérien turc. Ce que dément Moscou, évoquant une attaque délibérée. Cet incident sera le point de départ d’une série de mesures dites de « rétorsion » entre les deux pays. Une escalade qui n’a pu vraiment être enrayée depuis et qui s’est déroulée en grande partie sur le terrain économique.

    Or ce qui lie le plus les deux géants, c’est l’énergie. Il y a d'abord la construction de la première centrale nucléaire turque ; des travaux à l'arrêt depuis une semaine. Mais il y a surtout le gaz. Logiquement, tous les regards se sont braqués sur ce secteur et une première décision est tombée, tel un couperet : les négociations autour du grand projet de gazoduc Turkish Stream, qui devait relier la Russie à l’Europe centrale, via le territoire turc, ont été stoppées sur le champ.

    Qui a pris cette décision ? Comme pour le Sukhoï, les versions divergent. Le ministre russe de l’Energie a affirmé dans un premier temps qu’il s’agissait de Moscou. « Mensonge », a répondu le président Erdogan, arguant que la décision avait été prise de son côté en amont de l’incident, la Russie n’ayant pas satisfait « aux demandes turques » sur le projet. Toujours est-il que désormais, l’exécutif turc assure être plus que jamais à la recherche « d’alternatives » aux hydrocarbures russes.

    Plus de la moitié du gaz importé de Russie

    Pas de quoi ébranler le russe Gazprom. Dans les couloirs du siège moscovite du géant gazier, on sait bien que les Turcs sont trop dépendants du sous-sol russe : 56 % du gaz consommé en Turquie provient de Russie, selon les chiffres 2014 du ministère turc de l’Energie et des Ressources naturelles. Cette même année, Ankara a importé de Russie pour 16,5 milliards de dollars d’hydrocarbures. « Les besoins énergétiques de la Turquie sont tels que Gazprom devrait continuer à jouer un rôle important pour la sécurité énergétique du pays à court et à moyen terme », assure une source proche du géant russe. 

     → A (RE)ECOUTER : La Russie coupe le gaz à l'Ukraine mais pas à la Turquie

    Reste qu’Erdogan ne s’est pas contenté de déclarations fracassantes. En début de mois, il s’est bien envolé pour le Qatar et son offre en gaz liquéfié, et le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a pris la direction de l’Azerbaïdjan, point de départ d’un immense corridor gazier qui doit relier les côtes de la Caspienne au sud de l’Europe.

    Deux alternatives dont le pouvoir turc ne peut espérer de grandes retombées : si un mémorandum portant sur le gaz qatarien a bien été signé, la question de la quantité se pose pour un gaz liquéfié qui, de plus, coûte cher. Même problématique de volumes pour le Corridor gazier sud, un ensemble de gazoducs s’étirant du gisement offshore de Shah Deniz II (Azerbaïdjan) jusqu’aux côtes grecques et italiennes, en courant tout le long du territoire turc. Dans un premier temps, le projet - soutenu par l’Union européenne - ne propose de fournir que 10 milliards de m3 à l’Europe du Sud, et 6 milliards à la Turquie. Loin de 27 milliards que fournit chaque année Moscou à Ankara.

    Deuxième marché pour Gazprom

    Ces derniers jours, une partie de la presse israélienne s'est fait l'écho, en marge de déclarations d'apaisement entre la Turquie et l’Etat hébreu, de l’intérêt grandissant des Turcs pour les gisements gaziers du pays. Le 8 décembre, devant la commission des Finances de la Knesset, le Premier ministre Benyamin Netanyahu a même assuré que des discussions avec Ankara étaient engagées dans ce domaine. Mais aucun chiffre n'a été avancé.

    Du coté de Moscou, on ne serait pas prêt non plus à faire une croix sur un marché turc en pleine croissance et qui représente le deuxième client de Gazprom dans sa sphère européenne. Les prévisions de croissance sont même très bonnes : Botas, l'entreprise nationale, table sur un doublement de la demande turque en gaz d'ici 2020-2030.

    Seule certitude à l'heure actuelle : le projet Turkish Stream ne donne plus signe de vie. Et si Moscou ne peut se passer du marché turc, faire de la Turquie un pivot essentiel de sa distribution de gaz en Europe est une question qui se pose désormais, le précédent ukrainien n'aidant pas, du point de vue du Kremlin. Hasard du calendrier, le 24 novembre, jour de l’incident du Sukhoï, le président azéri était devant son Parlement pour une session inaugurale. Session durant laquelle il a eu peine à cacher son enthousiasme pour le Corridor gazier sud, concurrent donc du Turkish Stream, qui permettra « d’accroître l'influence de l'Azerbaïdjan » dans toute une région.

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