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    Europe

    Pologne: le président Duda entérine la loi sur les médias publics

    media Le siège de la télévision publique polonaise, à Varsovie, le 17 mai 2015. REUTERS/Slawomir Kaminski

    En Pologne, malgré les demandes d'explications et l'inquiétude de la Commission européenne, le président polonais a bien signé la loi sur les médias publics. Celle-ci soumet la télévision et la radio du pays au contrôle du gouvernement conservateur.

    Avec notre correspondant à VarsovieDamien Simonart

    Comme toutes les heures, depuis le 1er janvier, l'hymne polonais retentit en alternance avec l'hymne à la joie sur les ondes de la première chaîne de la radio publique polonaise. Kamil Dabrowa, rédacteur en chef et directeur de la chaîne, proteste ainsi contre la réforme des médias publics votée au Parlement par le nouveau pouvoir conservateur nationaliste.

    « La dernière fois qu'une telle situation a eu lieu en Pologne c'était avant 1989 sous l'ère communiste. On peut considérer cela comme un attentat à la démocratie, car on voit que les institutions qui garantissent la démocratie dans le pays sont démontées les unes après les autres », explique Kamil Dabrowa.

    Objectif : plus d'impartialité et de crédibilité

    La réforme des médias met fin avec effet immédiat au mandat de tous les directeurs des chaînes publiques de radio et de télévision polonaise. Leurs successeurs ne seront plus désignés par le CSA polonais, mais par le ministre du Trésor. La loi a été ratifiée par le président Andrzej Duda. C'est sa porte-parole qui l'a annoncé.

    « Il tient à coeur au président que les médias soient impartiaux, objectifs et crédibles. Aujourd'hui, on ne peut pas dire que les médias publics répondent à ces critères », a déclaré Malgorzata Sadurska, chef de la chancellerie du président.

    L'UE inquiète

    Après la loi qui limite les pouvoirs du Tribunal constitutionnel, les conservateurs polonais franchissent un pas supplémentaire dans l'assouvissement de leur pouvoir et peuvent s'attendre à des sanctions de l'UE. Cette loi sur les médias « signe leur arrêt de mort », affirme l’opposition polonaise, qui dénonce une prise de contrôle de tous les leviers du pouvoir par le parti Droit et Justice.

    Plusieurs organisations internationales de médias s'étaient déjà élevées contre cette décision lors de son adoption fin décembre par le Parlement, remporté en octobre par le parti conservateur Droit et Justice.

    ►A (RE)ECOUTER : Pologne : démocratie en péril ?

     

    La Commission européenne préfère temporiser

    L'Union européenne s’inquiète de ce virage d’un de ses membres, et la Commission européenne organise mercredi prochain un débat sur ces réformes et la situation de l'état de droit en Pologne. Une inquiétude contenue toutefois à la Commission européenne, rapporte notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet.

    L'entrée en vigueur de cette loi ne devrait en effet pas provoquer les foudres de la Commission européenne qui préfère ne pas envenimer le débat. Son président Jean-Claude Juncker préfère apparemment temporiser malgré les menaces de l'UE de recourir à une procédure mise en place en mars 2014, l’« outil d'alerte précoce ». Cette procédure de l'article 7 prévoit la suspension des droits de vote en cas de violation grave et répétée des valeurs démocratiques de l'UE.

    La procédure sera évoquée par la Commission européenne lors d'un débat d'orientation des 28 commissaires mercredi prochain, mais elle ne sera probablement pas activée par Jean-Claude Juncker. Le président de la Commission européenne cherche plutôt à parvenir à un compromis avec le nouveau gouvernement polonais.

    Une décision qui ouvre la porte aux critiques. Certains ne manquent pas de relever que le ton adopté envers la Pologne et ses 38 millions d'habitants est beaucoup plus indulgent qu'avec la Hongrie, quatre fois moins peuplée.

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