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    Europe

    Choléra : doubler la production de vaccins pour remédier à la pénurie

    media Le centre de traitement du choléra dans le quartier Carrefour à Port-au-Prince, le 10 décembre 2014. AFP PHOTO/Hector RETAMAL

    La quantité de vaccins contre le choléra est chroniquement insuffisante pour faire face aux épidémies. L’Organisation mondiale de la Santé, qui vient d’autoriser un laboratoire sud-coréen à fabriquer un vaccin oral contre la maladie, espère ainsi doubler la quantité de traitements disponibles.

    En approuvant un troisième fabricant de vaccins anticholériques, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) mise sur un doublement de la disponibilité du traitement. Ce sont les laboratoires sud-coréens EUBiologics qui ont été désignés par l’organisation. L’OMS espère ainsi pouvoir disposer en 2016 de six millions de doses. 

    Passer de 3 à 6 millions de doses
     
    Jusqu’à présent, deux laboratoires produisaient le précieux vaccin. En 2015, seul Shantha Biotechnics a alimenté les stocks de l’OMS en fournissant 3 millions de doses à peine de quoi protéger 1,5 million de personnes avec les deux doses nécessaires. L’autre laboratoire, le suédois Crucell, qui bénéficie également de l’approbation de l’OMS, n’a pas contribué à la reconstitution des stocks en 2015.
     
    Avec six millions de doses disponibles, l’agence de l’ONU pourrait mieux répondre aux demandes qui, souvent, restent insatisfaites pour cause de pénurie. Cela a été notamment les cas pour Haïti et le Soudan en 2015 qui avaient souhaité, en vain, mener des campagnes de vaccination préventive.
     
    Une situation que l’Unité des maladies épidémiques de l’OMS espère ne plus voir se reproduire. « La demande a dépassé l’offre » l’an dernier, a constaté Stephen Martin, responsable de cette unité. Tenir à disposition quelque six millions de doses de vaccin anticholérique permettra donc de mieux faire face aux 1,4 à 4,3 millions de cas de choléra qui surviennent chaque année dans le monde et qui font en moyenne 142 000 morts, en majorité des enfants.
     
    Faire baisser les prix
     
    Cela dit, le vaccin oral contre le choléra n’est qu’un moyen complémentaire de lutte contre cette maladie diarrhéique hautement contagieuse qui peut tuer en quelques heures en l’absence de traitement. Il ne peut toutefois pas remplacer les mesures classiques que sont l’approvisionnement en eau sûre et l’assainissement.
     
    Selon l’OMS, jusqu’à 80 % des cas peuvent être traités avec des sels de réhydratation orale (SRO). Mais quand une flambée survient, comme cela arrive régulièrement dans une cinquantaine de pays surtout en Afrique et en Asie, la multiplication rapide du nombre de malades impose le recours au vaccin afin de protéger rapidement les populations exposées à un risque élevé de choléra.
     
    L’arrivée d’un troisième laboratoire producteur en 2016 devrait non seulement accroître la disponibilité en vaccins, mais également contribuer à faire baisser les prix. L’OMS table ainsi sur un prix de 1,45 dollar par dose au lieu de 1,80 actuellement. L’organisation ne compte pas s’arrêter là ; elle espère que d’autres laboratoires vont s’engager à leur tour sur ce marché, faisant encore diminuer les prix et facilitant un accès plus équitable aux populations.
     
    Haut risque pour les camps de réfugiés
     

    Vue du secteur est du camp de réfugiés somaliens de Dadaab, au nord de Nairobi, la capitale kényane, le 28 avril 2015. AFP PHOTO/Tony KARUMBA

    L’OMS a commencé à constituer des stocks de vaccins anticholériques en 2013 et depuis cette date plus de doses ont été distribuées et utilisées qu’au cours des 15 années précédentes. Une des plus récentes opérations a concerné l’Irak où 2 800 cas de choléra ont été détectés. La vaccination qui s’est achevée en décembre 2015 a touché les quelque 255 000 réfugiés syriens et déplacés irakiens répartis dans des camps à travers le pays. L’OMS vient d’annoncer, le 8 janvier, que l’épidémie était sous contrôle.
     
    Ce n’est toutefois pas le cas dans le nord-est du Kenya à Dadaab, le plus grand camp de réfugiés au monde qui accueille 350 000 personnes, où au moins 10 Somaliens sont morts du choléra alors que 1 000 autres sont contaminés par le bacille Vibrio cholerae. L’épidémie s’est déclarée début novembre et s’est propagée à la faveur des fortes pluies qui ont duré plusieurs semaines.
     
    Le choléra se transmet par l’eau contaminée par des excréments humains. Les zones à risque typiques se trouvent dans les bidonvilles périurbains, qui ne disposent d’aucune infrastructure de base, ou les camps de réfugiés ou de personnes déplacées, où les besoins minimums en eau propre et en assainissement ne sont pas assurés.

     

     

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