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    Europe

    Attentat d'Istanbul: les mauvais calculs du président turc Erdogan

    media L'attentat s'est produit en milieu de matinée du 12 janvier 2016, dans le quartier de Sultanahmet, sur l'ancien hippodrome qui borde La basilique Sainte-Sophie et la Mosquée bleue, les deux monuments les plus visités de la plus grande ville du pays. OZAN KOSE / AFP

    La Turquie a été frappée ce mardi 12 janvier par une attaque terroriste. Un attentat-suicide a visé le quartier touristique de Sultanahmet à Istanbul. Au moins dix personnes ont été tuées, presque toutes étaient étrangères. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a fermement condamné cette attaque commise vraisemblablement par un Syrien.

    La basilique Sainte-Sophie d’un côté, la Mosquée Bleue de l’autre et entre ces deux monuments les plus visités d’Istanbul, le carnage. Des corps démembrés sont allongés sur le pavé. Il est 10h et un jeune syrien de 27 ans vient de se faire exploser au milieu d’un groupe de touristes allemands.

    La Turquie est frappée encore une fois alors que le pays est en état d’alerte maximum depuis octobre 2015 et l’attaque la plus meurtrière survenue sur son sol. C’était à Ankara. Cent-trois personnes avaient été tuées et la responsabilité du groupe Etat Islamique avait directement été pointée par les responsables turcs.

    Pourtant, longtemps les jihadistes du groupe Etat islamique ont bénéficié d’une forme de complaisance de la part de la Turquie. C’est par son territoire et sa frontière poreuse qu’ils ont transité et continuent de le faire pour rejoindre leur « sanctuaire syrien ».

    Durant les premières années de la guerre en Syrie, la position turque était claire : « faire tomber le régime de Bachar al-Assad ». Obsédé par cet objectif le président turc Recep Tayyip Erdogan a joué avec le feu en soutenant des organisations armées hostiles à Damas. Aujourd’hui, c’est l’une de ces organisations qui frappe encore une fois la Turquie sur son propre territoire.

    2015, un déclic et un changement de stratégie

    L’année dernière la Turquie a révisé sa position. Sa complaisance envers les jihadistes était dangereuse et ne pouvait plus durer. Cette prise de conscience a notamment été motivée par la présence en surnombre de réfugiés syriens sur son territoire. Plus de deux millions sont actuellement en Turquie. Pour le régime islamo-conservateur du président Erdogan, l’hypothèse de cellules jihadistes au milieu de cette masse de population n’est pas à écarter.

    La Turquie s’est finalement lancée dans la bataille à la suite de l’attentat perpétré par l’EI en juillet dernier à Suruç, ville turque voisine de la Syrie. Elle a bombardé et pilonné les combattants du groupe Etat Islamique.

    Ankara est allée plus loin en ouvrant les portes de ses bases militaires et en accueillent les chasseurs bombardiers américains. La grande base d’Incirlik a été mise à disposition de l’aviation US. Ce nouveau point de départ a facilité, par sa proximité du théâtre des opérations, le bombardement des jihadistes en Syrie.

    Faire d’une pierre deux coups

    Si sur le plan militaire des dispositions ont été prises par la Turquie, des questions se posent toujours quant au trafic de pétrole. L’organisation Etat islamique tire sa puissance financière de la contrebande des hydrocarbures. Une partie de ce pétrole passe par la Turquie.

    Ce pays partage 900 km de frontières avec la Syrie et il est impossible de surveiller tous les points de passage. Pour régler cette question la Turquie, souhaite la création d’une zone de contrôle sur sa frontière. Selon certains experts Ankara, a même négocié la mise en place d’une telle zone avec les Etats-Unis en contrepartie de la mise à disposition de ses bases aériennes.

    Si ce projet aboutit, la Turquie pourrait également se servir de cette zone pour freiner l’expansion des Kurdes. Comme souvent au Moyen-Orient, les alliances n’obéissent à aucun schéma classique. Théoriquement, Kurdes et Turques sont du même bord puisque tous combattent l’EI. Mais Ankara refuse d’enterrer la hache de guerre avec les Kurdes. Elle continue sa lutte historique contre la rébellion le parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) et même contre les kurdes de Syrie (PYD).

    Ces kurdes appuyés par plusieurs pays occidentaux ont montré leur bravoure sur le terrain. Ils ont chassé les jihadistes de plusieurs localités en Syrie et en Irak, ces derniers mois. Pas question donc pour Ankara de les laisser monter en puissance et étendre leur territoire à chaque nouvelle victoire face aux djihadistes. Dans son discours ce mardi, à la suite de l’attentat-suicide à Istanbul le président turc Recep Tayyip Erdogan l’a réaffirmé : « PKK, PYD, Daech sont toutes des organisations terroristes aux yeux d’Ankara ».


    ■ La stratégie de communication de la Turquie a changé

    Le gouvernement turc a communiqué très rapidement le 12 janvier, dès après l'attaque, contrairement à ce qui avait été fait à la suite des attentats précédents, à Ankara en octobre par exemple. En quelques heures,  on a eu confirmation de l'identité du kamikaze, de ses liens avec Daech, de son retour récent de Syrie.

    Et c'est peut-être en partie parce que, contrairement aux attentats précédents qui visaient notamment des militants de gauche ou pro-kurdes, c'est en quelque sorte la Turquie du président Recep Tayyip Erdogan qui a été frappée, ou chose certaine l'image qu'il veut en donner : le cœur d'Istanbul, Sultanahmet qui est l'un des.poumons de l'industrie touristique du pays.

    Le coup porté par Daech, puisque c'est de toute évidence le commanditaire de l'attaque malgré l'absence de revendication, semble marquer une rupture avec la vague des attentats précédents qui ont frappé la Turquie. C'est ce que ce changement de stratégie, ou plutôt de communication, de la part des autorités turques, semble confirmer.
     

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