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    Affaire Litvinenko: pour la justice britannique, Poutine est impliqué

    media Un portrait de l'ancien espion russe Alexandre Litvinenko, exposé dans une galerie moscovite, le 23 mai 2007. AFP PHOTO / NATALIA KOLESNIKOVA

    Alexandre Litvinenko, ex-agent du KGB mort en novembre 2006 à Londres, a été empoisonné au polonium dans une opération des services secrets russes (FSB) « probablement approuvée » par Vladimir Poutine en personne, selon les conclusions de l'enquête britannique rendues publiques ce jeudi 21 janvier 2016. Ce rapport, aux allures de « bombe » diplomatique, est déjà très commenté au Royaume-Uni et en Russie.

    Neuf ans après l'assassinat d'Alexandre Litvinenko, le juge britannique Robert Owen, chargé de l'enquête sur la mort de l'ancien espion des services soviétiques (KGB), a rendu ses conclusions. Des conclusions dans lesquelles Vladimir Poutine est directement pointé du doigt. Le juge Owen estime que le président russe, ainsi que Nikolaï Patrouchev, ancien chef des services secrets russes (FSB), ont « probablement approuvé le meurtre d’Alexandre Litvinenko ». Il ajoute qu'Andreï Lougovoï et Dimitri Kovtoun, deux ex-espions russes, ont « délibérément empoisonné l’opposant et agissaient selon les ordres du FSB ».

    « Je suis sûr qu’ils ont mis le polonium 210 dans la théière le 1er novembre 2006 », écrit même le juge Owen, pour qui une première dose plus faible de la substance radioactive aurait même été administrée à M. Litvinenko deux semaines plus tôt, le 16 octobre. Des mots qui ont de quoi ravir la veuve de l’ancien espion, Marina Litvinenko, qui se dit très heureuse qu’une cour de justice britannique ait enfin donné raison à son mari. Sur son lit de mort, Alexandre Litvinenko avait en effet accusé M. Poutine d’avoir commandité son meurtre.

    Un ancien espion devenu opposant

    Né en 1962 en Russie, Alexandre Litvinenko est entré très jeune, en 1986, dans les services secrets russes, le KGB, rebaptisé FSB après la chute de l'Union soviétique. Mais à partir de 2000, il devient un opposant du président Vladimir Poutine, lui-même un ex-agent des services secrets. Après avoir quitté la Russie pour s'établir à Londres, Litvinenko accuse publiquement le président russe de négliger la lutte contre la corruption. Il publie des livres dans lesquels il accuse les services secrets de Moscou d'avoir organisé eux-mêmes la vague d'attentats qui a eu lieu en Russie en 1999 et qui a été attribuée aux rebelles tchétchènes, et aussi d'avoir réactivé le fameux laboratoire de toxicologie n°12 du KGB, créé par Lénine.

    Le 1er novembre 2006, Alexandre Litvinenko rencontre à l'Hôtel Millennium, dans le centre de Londres, Dimitri Kovtoun et Andreï Lougovoï, d'anciens membres des services secrets russes passés à la tête d'une société de sécurité. Ce jour-là, ils semblent être à la recherche de contrats dans leur domaine.

    Litvinenko boit du thé. Le soir même, il est pris de malaises. Il succombe trois semaines plus tard dans un hôpital de la capitale britannique, empoisonné au polonium 210. Des traces de cette substance radioactive provenant d'une installation nucléaire située dans l'Oural russe ont été découvertes dans l'hôtel Millennium, de la théière aux toilettes pour hommes, en passant par la chambre de Dimitri Kovtoun.

    Réactions au Royaume-Uni

    A l'annonce des conclusions du juge Owen ce jeudi, l'épouse d'Alexandre Litvinenko a appelé le Royaume-Uni à prendre des sanctions à l'égard de la Russie. « J’appelle à l’exclusion immédiate du Royaume-Uni de tous les agents des services de renseignement russes, qu’ils fassent partie du FSB qui a assassiné Sacha, ou d’autres services basés à l’ambassade de Londres, a-t-elle lancé ce jeudi depuis Londres. J’appelle aussi à des sanctions économiques et à une restriction de visa contre des individus précis, dont MM. Patrouchev et Poutine. J’ai reçu une lettre, hier soir, de la ministre de l'Intérieur, qui promet que des mesures seront prises. Il serait impensable que le Premier ministre ne fasse suite aux conclusions du juge Robert Owen. »

    « Ce rapport confirme ce que nous avons toujours cru, et ce que le dernier gouvernement travailliste croyait à l'époque de ce meurtre épouvantable, c'est-à-dire qu'il a été commandité par un Etat », a réagi depuis Davos David Cameron. Le Premier ministre a ajouté que si Londres se devait de maintenir le contact avec Moscou pour tenter de régler le conflit en Syrie, le Royaume-Uni se contenterait dorénavant de rapports « froids et lucides » avec la Russie.

    Les autorités britanniques ont convoqué l'ambassadeur de Russie à Londres. Affirmant que l'assassinat d'Alexandre Litvinenko avait bafoué les règles internationales de manière flagrante, la ministre de l'Intérieur Theresa May a annoncé le gel des avoirs des deux exécutants présumés, Andreï Lougovoï et Dimitri Kovtoun. La police britannique a par ailleurs demandé l'extradition de ces deux suspects, ce que Moscou a toujours refusé.

    Une « blague » pour le Kremlin

    Le Kremlin a quant a lui opté pour la dérision. « Cela s'apparente (...) peut-être à une blague, a déclaré le porte-parole de la présidence russe. Visiblement, on peut relier ça à l'élégant humour britannique. » Bien que les autorités russes semblent les prendre avec humour, les conclusions du magistrat britannique risquent fort de raviver les tensions entre Londres et Moscou, analyse cependant notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix.

    Le pouvoir russe a toujours nié être impliqué dans l'assassinat d'Alexandre Litvinenko. Des diplomates britanniques ont d’ailleurs appelé le Premier ministre David Cameron à s'abstenir de lancer de nouvelles sanctions économiques contre la Russie, pour ne pas nuire aux tentatives de mettre fin au conflit en Syrie.

    Pour la diplomatie russe, cette affaire va effectivement assombrir les relations bilatérales, confirme notre correspondante à Moscou, Muriel Pomponne. Selon la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, il s'agit d'une histoire « purement criminelle », mais « qui a été politisée » au Royaume-Uni. Elle parle d'enquête « politiquement orientée et manquant de transparence ». Mais Moscou ne s'attendait pas à ce que ce rapport soit « objectif et impartial », précise-t-elle.

    Les autorités de Russie ajoutent que ce rapport n'aura aucune conséquence juridique, puisque la Russie n'extrade pas ces citoyens. Andreï Lougovoï, directement pointé du doigt dans les conclusions du juge Owen, peut donc se permettre de critiquer la procédure britannique. Il a accusé Londres, ce jeudi, d’avoir classé « secret défense » des documents essentiels, d’avoir refusé de prendre en compte le point de vue russe, le tout en raison d’une « hystérie anti-russe » liée aux évènements en Ukraine.

    Et de qualifier d' « absurdes » les accusations portées contre lui, d'évoquer une « farce », avant de pointer que le résultat de cette enquête au Royaume-Uni prouve la position « anti-russe » de Londres. « Londres, martèle M. Lougovoï, a sorti l’affaire Litvinenko comme on sort un squelette du placard » à des fins politiques. « J’espère, conclut-il, que cette histoire va briser le mythe de l’impartialité de la justice britannique. »

    Cette forme particulière d'enquête, n'est pas et n'a jamais été , contrairement à son titre, ni ouverte, ni transparente, que ce soit pour la partie russe, ou pour la société britannique.
    Maria Zakharova porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères 22/01/2016 - par Muriel Pomponne Écouter

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