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    Europe

    Catastrophe des boues rouges en Hongrie: relaxe générale

    media Quatre villages avaient été frappés par la coulée de boue toxique en octobre 2010. REUTERS/Laszlo Balogh

    En Hongrie, après plus de trois ans de procès, les responsables d’une usine d’aluminium dont une digue avait cédé en 2010, provoquant la mort de dix personnes, ont tous été acquittés ce jeudi 28 janvier.

    Avec notre correspondante à Budapest, Florence La Bruyère

    Le 4 octobre 2010, la digue d'un réservoir de déchets toxiques s'effondrait en Hongrie, à 160 km à l'ouest de Budapest. Une gigantesque vague de boue rouge haute de 2 mètres frappait de plein fouet quatre villages. Bilan : 10 morts, 200 blessés brûlés par les boues, des centaines de maisons ravagées et des champs dévastés. L'état d'urgence avait même été décrété dans trois départements de l'ouest du pays.

    Quinze personnes, y compris le patron de l'usine d'aluminium dont la digue avait cédé, étaient accusées d’homicide par négligence, d’atteinte aux biens publics, et de violation des processus de gestions de déchets. Ce jeudi 28 janvier, au terme d’un procès-fleuve débuté en 2012, toutes ont été relaxées.

    A l'annonce du verdict, les protestations ont fusé dans la salle du tribunal. « C'est révoltant », a crié le député d'extrême droite Lajos Kepli, avant d'être évacué par les gardes. Gyula Tokolics, un ouvrier de 54 ans qui a perdu ses deux parents dans la catastrophe, s'avouait désemparé par ce verdict.

    Selon le tribunal, les cadres de l'usine ne pouvaient pas prévoir l'accident. Le lieu était régulièrement contrôlé par les autorités qui n'avaient rien signalé de suspect. Ce sont ceux qui ont construit les réservoirs, sur des terrains instables, dans les années 1990, qui sont responsables, a dit le tribunal.

    Dans la région, c'est l'incompréhension. La population a été relogée et une partie des victimes dédommagée. Mais qui est responsable ? Selon plusieurs habitants, le réservoir fuyait depuis longtemps. Pourquoi les autorités ont-elles permis à l'usine de continuer à fonctionner ? Des pots-de-vin ont-ils été versés en échange d'autorisations ? Des questions toujours sans réponse aujourd'hui.

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