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    Europe

    Andrzej Zulawski, la mort d’un cinéaste polonais tourmenté

    media Le réalisateur franco-polonais Andrzej Zulawski, ici en 2000 avec son épouse Sophie Marceau, est mort le 17 février 2016, à l’âge de 75 ans. PIERRE-FRANCK COLOMBIER / AFP

    Considéré comme l’un des cinéastes les plus sulfureux, Andrzej Zulawski a rencontré le succès public avec des films comme « L’Important c’est d’aimer », « L’Amour braque », « Possession » et « La Fidélité » avec lequel il a marqué en 2001 quasiment la fin de sa relation avec Sophie Marceau, après 17 ans de vie commune. Ce mercredi 17 février, le réalisateur est mort des suites d’un cancer, à l’âge de 75 ans.

    Pour l’affiche de Cosmos, son dernier film, sorti en décembre dernier après une absence cinématographique de dix ans, il avait choisi une image atroce : un oiseau étranglé, suspendu par un fil. Trois mois après, Xawery Zulawski, le fils du cinéaste, annonce sur sa page Facebook l’entrée de son père en phase terminale d’un cancer…

    La cruauté et la justesse

    Connu pour son penchant pour la cruauté et la justesse de ses images, Andrzej Zulawski a rencontré très tôt des problèmes avec les autorités polonaises. Le Diable a été interdit en 1972 par le comité de censure de ce pays à cause de scènes violentes et cruelles. En effet, ce deuxième film montrait des massacres et des orgies dans une Pologne en décomposition, et le fait que l’histoire se déroule au XVIIIe siècle dans une Pologne annexée par la Prusse, n’a pas pu apaiser la censure.

    Ainsi Zulawski se voit contraint de quitter la Pologne pour s’installer en France. En 1974, il réalise le film qui est aujourd’hui considéré comme son chef d’œuvre, L’Important c’est d’aimer, avec une Romy Schneider au sommet de sa gloire dans le rôle-titre d’une petite actrice qui tourne des films pornographiques pour survivre… Là encore, le distributeur de l’époque demande de couper une partie de la scène du suicide de Jacques Dutronc qui interprète ici son premier rôle tragique.

    « Le régime communiste m’a fichu deux fois à la porte du pays »

    Fort du succès critique et public du film tourné en France, il retourne dans son pays natal. Hélas, en 1977, les autorités polonaises arrêtent le tournage de son film Sur un globe d’argent, une œuvre de science-fiction très métaphorique autour d’un groupe de chercheurs de l’espace fuyant la Terre pour retrouver la liberté. Le film sortira finalement dix ans plus tard. « Le régime communiste m’a fichu deux fois à la porte du pays » avait déclaré Andrzej Zulawski  en 2004 au micro de RFI.

    Né le 22 novembre 1940, à Lviv, en Pologne, ville située depuis la Seconde Guerre mondiale en Ukraine, en tant que fils d’un diplomate et écrivain, Andrzej Zulawski passe une grande partie de sa vie à naviguer entre la Pologne et la France. Grâce au travail de son père, attaché culturel à Paris et ambassadeur auprès de l’Unesco, Andrzej acquiert pendant son enfance et sa jeunesse une double culture.

    Entre Varsovie et Paris

    Étudiant en philosophie à Varsovie et en sciences politiques à la Sorbonne à Paris, élève de l’Institut des hautes études cinématographiques (Idhec), il revient en Pologne à la demande du  cinéaste polonais Andrzej Wajda qui en fait son assistant entre les années 1960 et 1966. Cela lui permet de réaliser ses propres films dont son premier long métrage en 1971, Troisième partie de la nuit. Avec cette sombre histoire familiale pendant la Seconde Guerre mondiale, inspirée par la vie de son père, il décroche plusieurs prix internationaux qui lui ouvrent grand les portes des studios, mais pas toujours l’aval des comités de censure…

    Zulawski, entre passion et paranoïa

    Plusieurs de ses films seront présentés au Festival de Cannes dont la production franco-allemande Possession, écrite et tournée par un Zulawski tourmenté par son divorce de l’actrice Malgorzata Braunek. De ce film marqué par l’hystérie, la paranoïa et la violence d’un divorce, Isabelle Adjani sortira décorée par le prix d’interprétation féminine 1981 et traumatisée pour la vie : « Malgré tous les prix, tous les honneurs qui me sont revenus, jamais plus un traumatisme comme celui-là », déclara-t-elle des années après. Le film fut interdit de diffusion au Royaume-Uni et ne fut distribué en Allemagne qu’en 2009, dix-huit ans après le Festival de Cannes.

    Quant au réalisateur, il a su surmonter ses difficultés personnelles avec L’Amour braque, une adaptation libre du chef d’œuvre de Dostoïevski, L’Idiot. Pendant le tournage du film, il tombe amoureux de Sophie Marceau, âgée de 26 ans de moins que lui. Ils formeront un couple pendant dix-sept ans, jusqu’à leur divorce en 2001, après avoir tourné, en 2000, ensemble  La Fidélité, l’avant-dernier film d’un cinéaste qui restera dans l’Histoire, mais pas dans tous les cœurs.

    Je me suis toujours senti extrêmement polonais.
    Le réalisateur polonais Andrzej Zulawski 17/02/2016 - par Pascal Paradou Écouter

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