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    Europe

    Migrants: l'UE s'inquiète de voir la Grèce devenir une voie sans issue

    media Les migrants réclament l'ouverture de la frontière gréco-macédonienne, le 23 février 2016 à Idomeni. REUTERS/Marko Djurica

    Lors du dernier sommet européen, les Vingt-Huit se sont séparés sur une déclaration d'intention concernant la crise migratoire. Le débat sur cette question avait été relégué au second rang du fait de l'omniprésence de la question britannique et de l'absence du Premier ministre turc. Quatre jours plus tard, il règne en Europe une cacophonie assourdissante et les décisions contradictoires d'un pays à l'autre semblent se multiplier. L'UE dit désormais craindre une crise humanitaire en Grèce. Le commissaire européen à la Migration et le ministre chargé de la question au sein du gouvernement néerlandais, qui exerce la présidence tournante, sont allés jusqu'à se fendre d'un communiqué commun pour exprimer leurs inquiétudes.

    Avec notre bureau à Bruxelles,

    C'est surtout sur la désormais tristement célèbre route des Balkans que suivent les réfugiés que l'effet domino se fait sentir. Après une réunion jeudi dernier des chefs de police des cinq pays concernés, l'Autriche a décidé de limiter les entrées vendredi à 80 demandeurs d'asile et 3 200 migrants en transit.

    Effet domino

    Du coup elle s'est attiré les foudres de l'Allemagne qui trouve que c'est encore trop, mais cela a aussi entraîné le verrouillage de la frontière macédonienne les migrants afghans ne peuvent plus quitter la Grèce et où les documents et les déclarations des Syriens et Irakiens sont passés au crible. Plus de 5 000 migrants étaient bloqués à la frontière mardi (voir encadré ci-dessous).

    Ceci a d'ailleurs entraîné une réaction furieuse de la Grèce qui a aussi protesté contre la tenue ce mercredi à Vienne d'un mini-sommet des Balkans où elle n'est pas conviée, mais où sont invités tous les pays de l'ex-Yougoslavie ainsi que l'Albanie et la Bulgarie. Le Premier ministre Alexis Tsipras a exprimé son « mécontentement » et a dénoncé « un acte unilatéral et inamical ».

    La route des Balkans, goulet d'étranglement

    La crainte du gouvernement grec est la même que celle de la Commission européenne et des Pays-Bas, à savoir que le goulet d'étranglement que constitue désormais la route des Balkans transforme la Grèce en une quasi-impasse pour des milliers de migrants. D’autant que le pays n’a pas la capacité de les prendre en charge et surtout de les héberger.

    Lors du sommet européen du 18 et 19 février derniers à Bruxelles, la Grèce avait insisté pour que l'Autriche et d'autres pays se trouvant sur la route des migrants gardent leurs frontières ouvertes au moins jusqu'au 5 mars, la date probable d'un nouveau sommet de l'Union européenne consacré aux migrants, cette fois-ci avec la participation de la Turquie. Les Vingt-Huit comptent énormément sur les autorités d'Ankara pour mettre fin aux passages clandestins dans la mer Egée et arrêter ainsi le flux migratoire vers l'Europe.

    De l'autre côté de la frontière grecque, des policiers macédoniens, le 23 février 2016. REUTERS/Marko Djurica


    Le camp d’Idomeni complètement engorgé

    Avec notre envoyée spéciale à Idomeni, Charlotte Stievenard

    La nuit tombe sur le camp d'Idomeni, à la frontière macédonienne. Cette femme de 40 ans vient d'Alep en Syrie. Elle dormira dans une des tentes. Pour elle, les ONG font ce qu'elles peuvent. « C'est bondé, mais il fait chaud. Ils nous ont donné beaucoup de couvertures. Ils essayent de nous rendre les choses confortables », explique-t-elle.

    Mais les réfugiés sont trop nombreux. Plus de 3 000 pour une capacité maximale de 1 500 personnes. « Les gens dorment dehors. Il fait très froid en ce moment vous savez. Et la nourriture c'est peu quand on compare au nombre de réfugiés », commente la réfugiée syrienne.

    Crise humanitaire

    Stella Nanou est porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), en mission sur place. Pour elle, à chaque restriction à la frontière, le résultat est le même : « Il y a beaucoup d'enfants, beaucoup de familles, beaucoup de femmes, beaucoup de personnes en situation de handicap. C'est une nouvelle situation de crise humanitaire que l'on voit ici. Elle résulte des politiques restrictives des Etats, ce qui est inacceptable », s’indigne-t-elle.

    Mardi après-midi, les Syriens et Irakiens ont pu recommencer à passer la frontière, mais le rythme est désormais ralenti par l'augmentation des contrôles. A 18 h, seules 250 personnes avaient pu passer.

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