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    Europe

    Turquie: la police disperse des manifestants devant le siège du journal Zaman

    media La police anti-émeute turque utilise des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants devant le siège du quotidien Zaman à Istanbul, le 5 mars 2016. AFP/OZAN KOSE

    En Turquie, le sort du quotidien Zaman, le plus gros tirage du pays, est plus qu'incertain. Après sa mise sous tutelle par la Cour d'Istanbul vendredi 4 mars, ce quotidien d'opposition est désormais sous contrôle d'administrateurs proches du pouvoir turc. A Istanbul, des manifestants ont été violemment dispersés devant les bureaux du journal. Le quotidien Zaman titrait samedi sur un «Jour de honte» pour la liberté de la presse en Turquie.

    Avec notre correspondant à Istanbul,  Alexandre Billette

    « Aujourd'hui est une journée honteuse pour la Turquie et la démocratie turque », a déclaré Sevgi Akarçeşme, la rédactrice en chef de la version anglaise de Zaman.

    Les employés du quotidien hostile au président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan se sont rendus malgré tout au travail samedi 5 mars, dans une ambiance « irréelle » selon un journaliste. En cause : ils ont été escortés par des policiers et, dans les bureaux, il n’y avait aucun accès à Internet.

    Emre Demir Rédacteur en chef de Zaman France 05/03/2016 - par Toufik Benaichouche Écouter

    Au pied de l’immeuble, 500 personnes étaient rassemblées pour protester contre la prise de contrôle du journal, mais les policiers ont rapidement utilisé des gaz lacrymogènes, des canons à eau et des balles de plastique pour disperser la foule.

    « Réduire au silence »

    « Le gouvernement s'est emparé de notre groupe de presse et tente de réduire au silence toute voix discordante. Ceci est malheureusement devenu trop fréquent et trop habituel », a déclaré Sevgi Akarçeşme, devant les manifestants.

    La rédactrice en chef a poursuivi : « La Constitution a été suspendue aujourd'hui. Mais comme vous le savez tous, nous sommes dirigés par un régime qui n'a pas de respect pour la Constitution, l'Etat de droit ou la démocratie. »

    Un compte Twitter effacé

    Désormais, le site internet de Zaman ne fonctionne plus et le compte Twitter a été effacé. L'édition de dimanche 6 mars ne sera probablement pas publiée.

    Le groupe Zaman est considéré comme proche de l'imam Fethullah Gülen, ancien allié devenu l'ennemi numéro un du président Erdogan. En cause : un retentissant scandale de corruption a éclaboussé le sommet de l'Etat fin 2013.


    La communauté internationale appelle au respect de la liberté de la presse

    La communauté internationale s'est dite profondément inquiète pour la liberté de la presse dans le pays. « La Turquie, en tant que pays candidat, doit respecter et promouvoir des normes et pratiques démocratiques élevées, dont la liberté des médias », a réagi le service diplomatique de l'Union européenne.

    De son côté, le président du Parlement européen, Martin Schulz, a promis d'évoquer ce « nouveau coup porté à la liberté de la presse en Turquie », lors de sa rencontre lundi avec le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu.

    En revanche, pas d'intervention publique d'un dirigeant politique comme Jean-Claude Juncker, Federica Mogherini ou, surtout, Donald Tusk. A quelques jours du sommet UE-Turquie de lundi, la diplomatie européenne préfère probablement se montrer prudente avant de se lancer dans des récriminations de principe.

    Outre-Atlantique, Washington a regretté « la dernière d'une série d'inquiétantes actions judiciaires et policières » du gouvernement turc contre les médias « et ceux qui le critiquent ».

    Le ministre des Affaires étrangères de Moscou a souhaité l'ouverture d'une enquête internationale : « Nous espérons que nos partenaires occidentaux mettront de côté leurs craintes de déplaire à Ankara. »

    On assiste vraiment à une sorte de chantage, une provocation, au moment où les autorités politiques européennes sont en négociation avec les Turcs. Le gouvernement turc veut donner le message aux autorités européennes : "on veut bien vous aider sur les réfugiés, mais vous nous laissez faire sur la liberté de la presse en Turquie".
    Ricardo Gutierez secrétaire général de la Fédération européenne des journalistes 06/03/2016 - par RFI Écouter

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