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    Sommet UE-Turquie: Ankara est-elle trop laxiste sur la crise migratoire ?

    media Des réfugiés longent une plage turque, dans la province d'Izmir, avant de se diriger vers l'île grecque de Chios, le 5 mars 2016. REUTERS/Umit Bektas

    Les représentants des institutions de l'UE et le Premier ministre turc se réunissent ce lundi 7 mars à Bruxelles, au moment où l'arrivée de 1,25 million de demandeurs d'asile divise comme jamais l'Union européenne. Certains pays des Balkans ont décidé de militariser leurs frontières pour éviter que leur territoire ne se transforme en couloir de passage pour les migrants. Alors que du côté de l’Allemagne et de la France, on plaide pour la mise en place d’une politique de consensus au niveau européen. L'Union européenne compte faire pression lors de ce sommet sur la Turquie pour qu'elle l'aide à maîtriser la crise migratoire.

    Depuis maintenant des semaines, voire des mois, la diplomatie allemande, mais également l’Otan font pression sur la Turquie pour qu’elle permette le déploiement d’une force maritime de l’Alliance. Une force qui serait chargée de surveiller les côtes turques et empêcher les réseaux de passeurs de travailler, ralentissant ainsi un flux migratoire actuellement ingérable.

    Selon de nombreux observateurs, la Turquie ne fait aucun effort dans cette lutte pour endiguer les flux migratoires. Dorothée Schmid, chercheur à l’Ifri, l’institut français des relations internationales, et responsable du programme Turquie contemporaine, estime qu’« on a l’impression que l’Etat turc est soit de mauvaise volonté, soit qu'il n’est pas capable de mettre en œuvre cette stratégie de contrôle que l’Union européenne lui demande. »

    « La Turquie ne peut pas faire grand-chose »

    Les chiffres annoncés par Frontex font état depuis le 1er janvier de l’arrivée de 131 000 personnes en Europe, soit 30 fois plus que pour la même période en 2015. Des données qui laissent penser que la Turquie ne fournit pas les efforts nécessaires. Mais pour le chercheur François Gemenne, spécialiste des migrations, le problème est surtout qu’Ankara n'est pas en mesure de faire beaucoup plus.

    « La Turquie est aujourd’hui le pays du monde qui accueille le plus grand nombre de réfugiés. Elle en accueille quasiment 2,5 millions, pour la plupart Syriens. Et pour beaucoup, la Turquie n’est qu’une étape vers l’Europe, rappelle le chercheur. (…) La Turquie ne peut pas faire grand-chose pour retenir chez elle ceux pour qui la perspective de voir leur vie s’arrêter dans un camp de réfugiés en Turquie est insupportable. »

    Le sommet de ce lundi à Bruxelles s’annonce donc compliqué. Et il faudra certainement de nombreux arguments pour convaincre Ankara de mettre de la bonne volonté et les moyens nécessaires pour endiguer cette crise migratoire.

    Car on attend aussi d'Ankara qu'elle accepte de reprendre les migrants illégaux qui ont été recensés en Grèce. La Turquie a déjà commencé, par ailleurs, à imposer des visas d'entrée sur son territoire aux ressortissants de certains pays d'Afrique ou d'Asie. Ces derniers essaient souvent de passer en Europe et de se fondre dans le flot de migrants.

    Ankara considère avoir fait tout ce qui devait être fait

    Les autorités turques savent que le pays est incontournable aux yeux des Européens pour résoudre la crise des réfugiés, et se présentent à Bruxelles avec une certaine assurance, souligne notre correspondant à Istanbul, Alexandre Billette. D'ailleurs la prise de contrôle du plus grand quotidien d'opposition du pays, ce week-end, indique bien que le gouvernement ne craint pas de se faire dicter une quelconque attitude à adopter.

    Le Premier ministre Ahmet Davutoglu devrait aujourd'hui porter à Bruxelles le message qui est répété depuis des semaines par les autorités turques : Ankara considère avoir fait tout ce qui devait être fait et les dirigeants turcs assurent que la Turquie ne peut pas gérer seule cette crise humanitaire. Un appel du pied en quelque sorte, pour demander davantage d'aides et de contreparties, et notamment des fonds supplémentaires.

    Ankara a fait ses comptes : le pays a dépensé plus de 9 milliards d'euros depuis le début de la crise des réfugiés, et le président Recep Tayyip Erdogan notamment juge insuffisantes, les sommes allouées à la Turquie par l'Europe.

    Aider financièrement Athènes et remettre Schengen en ordre de marche

    A l'occasion du sommet de Bruxelles, les institutions européennes devraient annoncer de nouvelles mesures pour aider Athènes, c'est une volonté commune de l'Union, comme l'a rappelé le président français François Hollande juste avant le week-end. Sur le territoire grec sont bloqués environ 30 000 migrants qui voudraient poursuivre leur route vers le Nord.

    Enfin, ce que Paris et Berlin voudraient obtenir, progressivement, c'est la remise en ordre de l'espace Schengen, récemment mis à mal par les fermetures de frontières, annoncées unilatéralement par des pays tels que l'Autriche.

    Il est certain que la Turquie a tout à gagner dans ce sommet, mais malheureusement les Européens ne pourront jamais obtenir ce qu’ils cherchent.
    François Gemenne chercheur, spécialiste des migrations 06/03/2016 - par Sophie Malibeaux Écouter


    Le regard d'un jeune Syrien à Istanbul

    Depuis l'accord de novembre et en contrepartie de 3 milliards d'euros, les autorités turques sont invitées à améliorer le sort des réfugiés. Mais sur place, les conditions de vie font que la plupart d'entre eux veulent, malgré tout, poursuivre leur route vers l'Europe.

    T'as l'impression que tu es perdu, tu sais pas ce qui va se passer ici. T'as l'impression qu'être réfugié en Turquie, ça fait peur. Je sais pas... Ils vont jouer avec toi, tu n'es pas protégé. (...) Je préfère être en sécurité à 100%, et de ne pas avoir peur. J'en ai marre de la peur.
    Le témoignage d'un réfugié syrien en Turquie Reportage de notre correspondant à Istanbul 07/03/2016 - par Alexandre Billette Écouter

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