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    Europe

    Ukraine-Russie: la pilote Nadia Savtchenko dénonce un procès politisé

    media Nadia Savchenko dans la cage de la salle d'audience à Moscou, le 11 novembre 2014. REUTERS/Sergei Karpukhin

    Le 9 mars a marqué le dernier jour du procès de la pilote ukrainienne Nadia Savtchenko, accusée par la justice russe d'être responsable de la mort de deux journalistes russes. L'accusation a demandé une peine de 23 ans de prison. La pilote, qui conteste cette accusation et dénonce un procès politique, va poursuivre sa grève de la faim et de la soif.

    Nadia Savtchenko a l’intention de poursuivre sa grève de la faim et de la soif. Elle l’a redit mercredi matin 9 mars devant les juges russes, au dernier jour de son procès. Alors que le verdict devrait être prononcé les 21 et 22 mars, Nadia Savtchenko a déclaré : « Peut-être que je vivrai jusque-là ! Rappelez-vous que nous jouons ma vie. Et je gagnerai. Les enjeux sont élevés, mais je n’ai rien à perdre ».

    Bien qu’amaigrie par le début de cette deuxième grève de la faim, la pilote ukrainienne ne veut céder sur rien, rapporte notre correspondante à Moscou, Muriel Pomponne. Un traducteur a lu sa dernière déclaration, comme il est de tradition dans les procès en Russie. « Ce procès a démontré la culpabilité des procureurs et des juges russes, ce procès a démontré la culpabilité du pouvoir russe. Seule ma culpabilité n’a pas été démontrée », a-t-elle asséné à ses juges.

    Un doigt d'honneur adressé au tribunal

    Et pour conclure, bravache, elle est montée sur son banc, dans sa cage d’accusée, et a pris elle-même la parole pour ajouter : « Il y aura un Maïdan russe, ce régime totalitaire verra sa fin », et elle a fait un doigt d’honneur à l’assistance.

    Alors que, dans le monde, les appels se succèdent en faveur d’une libération de la pilote, les autorités russes ont fait savoir ce matin qu'« il n’y a pas, et qu’il ne peut pas y avoir de négociation avec Kiev, avant le prononcé du verdict ». Son transfert et son jugement en Russie sont pour les Ukrainiens une preuve accablante de l'implication du Kremlin dans la guerre en Ukraine, ce que Moscou dément avec persistance.

    Face à l'indignation internationale sur le sort de la pilote, la possibilité d'un échange de prisonniers, prévu par les accords de paix de Minsk, pourrait être une porte de sortie pour Nadia Savtchenko, analyse notre correspondant à Kiev, Sébastien Gobert. Celle-ci entend néanmoins poursuivre sa grève de la faim et de la soif jusqu'à l'annonce du verdict, prévu le 21 et 22 mars. D'ici là, selon un de ses avocats, soit la jeune femme sera alimentée de force, soit elle mourra.


    Les soutiens se multiplient

    L'injustice de ce procès est d’ores et déjà une évidence pour des milliers de sympathisants à travers le monde, même en Russie. Mais il est peu probable que les manifestations de soutien qui se multiplient à travers le monde aient un quelconque impact sur ses juges. Le président ukrainien Petro Porochenko a demandé lundi aux Etats-Unis et à l'Union européenne d'accroître leurs pressions sur la Russie afin d'obtenir la libération de la pilote. La chef de la diplomatie de l'Union européenne Federica Mogherini a appelé pour sa part, mercredi soir, les autorités russes à libérer « immédiatement et sans conditions » la pilote ukrainienne en grève de la faim dans un communiqué.

    « Je ne dors plus », a dit la mère de Nadia Savtchenko à la télévision ukrainienne en demandant aux dirigeants du monde entier de sauver sa fille en grève de la faim, considéré comme une héroïne dans son pays. Un cri de détresse qui n’est pas resté sans réponse, Bruxelles appelle à la libération immédiate de Nadia Savtchenko, rappelant que les accords de Minsk, prévoit « la libération de toutes les personnes détenues illégalement en relation avec le conflit ». Berlin demande également à Moscou de libérer « immédiatement » la prisonnière, estimant que son procès est « en contradiction avec l'esprit et la lettre des accords de paix ».

    La Lituanie, la Grande-Bretagne, la Pologne, la Roumanie et la Suède souhaitent que l'Union européenne sanctionne les responsables russes impliqués dans ce procès, enfin trois lauréats du prix Nobel, dont la Bélarusse Svetlana Alexievitch, ont signé une lettre ouverte « aux dirigeants européens » expliquant que la crédibilité de l'Europe était autant en jeu que la vie de la pilote ukrainiene.

    Je pense que du sort de Nadia Savtchenko dépend aussi le sort de la Russie. Si Nadia est libre et vivante, alors la Russie sera libre et vivante.
    REPORTAGE Au coeur de la manifestation pro Nadia Savtchenko à Moscou 09/03/2016 - par Muriel Pomponne Écouter

    Capturée dans l’est de l’Ukraine en juillet 2014, au plus fort des combats, Nadia Savchenko est accusée d’avoir dirigé des tirs d’artillerie contre des civils, provoquant la mort de deux journalistes russes. Selon ses avocats, elle aurait néanmoins été capturée avant la mort des deux journalistes.

    Nadia Savchenko a entamé une grève de la faim depuis un retard inexpliqué dans l’annonce de son verdict, le 3 mars. Selon une délégation de docteurs ukrainiens dépêchée à ses côtés le 8 mars, elle est encore en bonne santé, rapporte notre correspondant à Kiev, Sébastien Gobert. Ses avocats, eux, sont pourtant inquiets. 

    L’un d’eux, Nikolaï Plozov, a annoncé aujourd’hui que son état se détériorait : « Comme elle refuse de mettre un terme à sa grève de la faim totale, de nouveaux symptômes ont été enregistrés aujourd’hui, notamment de la tachycardie et la dérégulation de sa température. Elle a de la fièvre, mais elle a toutefois trouvé des forces pour se mobiliser et faire une déclaration devant le tribunal. Nous tous, depuis le début, nous sommes absolument convaincus qu'elle rentrera à la maison. La seule difficulté, c'est sa propre position concernant sa grève de la faim totale, sans manger ni boire. Si le pouvoir russe lui dit clairement qu'il y aura prochainement une décision et qu'elle pourra revenir dans sa patrie, il y a des chances qu'elle abandonne sa grève de la faim. Dans le cas contraire, elle attendra jusqu'au verdict dans deux semaines. Personne ne peut tenir si longtemps. Donc, soit elle sera nourrie de force, soit elle va mourir ».

    Cela fait un an qu'elle est jugée, la justice Russe n'arrive pas à nous dire pourquoi elle est jugée et pourquoi est-ce qu'elle doit faire de la prison. On arrive pas à avoir des preuves. c'est important de se mobiliser.
    Volodymyr Kogutyak co-responsable du pôle Ukraine de l’ONG Cosmopolitan Project Foundation 09/03/2016 - par Piotr Moszynski Écouter

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