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    Hongrie: parents et enseignants encore dans la rue contre la loi sur l'école

    media Enseignants, parents d'élèves et élèves étaient dans la rue à Budapest ce mardi 15 mars pour manifester contre le système scolaire jugé trop bureaucratique. REUTERS/Bernadett Szabo

    Mardi 15 mars, jour de la fête nationale hongroise, près de 15.000 Hongrois ont défilé pour protester contre la mainmise du gouvernement de droite nationaliste de Viktor Orban sur l’éducation. C’est la plus grande manifestation depuis octobre 2014, lorsque le premier ministre avait retiré un projet de taxe sur Internet après la mobilisation d’une centaine de milliers de personnes. Les enseignants et parents d’élèves protestent contre le nouveau système scolaire, jugé trop bureaucratique et qui a supprimé l’autonomie des écoles et des pédagogues. A défaut d’être entendus, ils menacent de faire grève le 30 mars prochain.

    Avec notre correspondante à Budapest, Florence La Bruyère

    Malgré la pluie glaciale, près de 15.000 personnes ont défilé mardi 15 mars sur l’avenue Andrassy, les Champs-Elysées de Budapest, avant de rejoindre la place Kossuth où trône le parlement néo-gothique. Ibolya Nagy est venue manifester, pour la troisième fois depuis le 3 février. Ce jour-là, des milliers d’enseignants étaient descendus dans la rue pour protester contre la loi de l’éducation publique adoptée en 2011 par la droite majoritaire au pouvoir. La loi a abouti à une centralisation et une bureaucratisation jugées excessives du système scolaire.
     
    Ibolya, femme ronde et vive de 58 ans, est secrétaire à l’école Sandor Petöfi dans le XIème arrondissement de Budapest. Depuis que toutes les écoles publiques sont dirigées par le Klik (Centre d’administration Klebelsberg), un nouvel organisme créé par la loi, Ibolya travaille 12 à 13 heures par jour au lieu de 8 heures précédemment, sans salaire supplémentaire. Les écoles ont vu leur compte en banque supprimé. Pour acheter le moindre stylo, il faut passer par le Klik. C’est aussi lui qui paie les professeurs, et les factures de chauffage des écoles, parfois avec des mois de retard. Auparavant, les professeurs choisissaient les manuels scolaires sur une liste d’une quinzaine de livres agréés pour chaque matière. Aujourd’hui c’est le Klik qui impose les livres – il n’y a plus qu’un ou deux livres et ce sont les plus médiocres : les meilleurs ouvrages ont disparu de la liste. « On va dans le mur avec ce système !, explique à RFI Ibolya Nagy. Il empêche l’école de bien fonctionner, il empêche les gens de faire leur travail. C’est comme si on était des esclaves de l’Etat… »
     
    Les revendications des manifestants
     
    Le 15 mars 1848, le poète Sandor Petöfi prenait la tête de la révolution magyare contre les Habsbourg et rédigeait un manifeste en 12 points dont le premier exigeait l’abolition de la censure. Et le jeune poète déclamait ces vers : « Nous ne serons pas des esclaves… »

    Mardi, les enseignants du collectif Tanitanék (« J’aimerais enseigner »), chef de file de la contestation, ont lu « leurs » 12 points à la foule. Ils réclament notamment l’autonomie financière des établissements scolaires, plus de liberté pédagogique pour les professeurs, et la transformation, voire la suppression du Klik. Ils exigent aussi la mise en place d’un véritable forum de négociations avec le gouvernement ; ce dernier a convoqué une table ronde mais les pédagogues la jugent illégitime car y siègent des organismes inféodés au pouvoir.
    « Si, d’ici le 23 mars, Viktor Orban (le Premier ministre, NDLR) et Janos Ader (le président de la République, NDLR) ne présentent pas des excuses pour la politique menée depuis 6 ans dans le domaine de l’éducation, à tous ceux qu’ils ont humiliés et intimidés, alors nous ferons une grève d’une heure le 30 mars » a lancé Istvan Pukli, directeur du lycée Blanka Teleki, l’un des chefs de file du mouvement. Un ton qui traduit l’exaspération des pédagogues.
     
    Selon la nouvelle loi de l’éducation, il est très difficile pour les enseignants, voire illégal, de faire grève. Pour faire respecter nos droits humains inscrits dans la constitution, nous n’aurons peut-être pas d’autre choix que d’enfreindre la loi, a souligné I. Pukli.
     
    Le gouvernement fait quelques concessions
     
    Quelques heures avant la manifestation, le Premier ministre Viktor Orban prononçait un discours à l’occasion de la fête nationale, devant environ 2.000 personnes. Le Premier ministre reste très populaire au sein de la bourgeoisie aisée et chez les retraités. « On a une chance énorme, en ces moments difficiles, d’avoir un politicien aussi talentueux et aussi intelligent à la tête du pays », assureTel Ernö Takacs, ingénieur retraité de 68 ans. Mais beaucoup de Hongrois ne sont pas du même avis. Ils ne supportent plus ce gouvernement autoritaire et c’est aussi pour cela qu’ils sont descendus dans rue. « Il ne s’agit pas seulement de l’éducation… Cette protestation est un signe de mécontentement envers tout le système », explique Eszter György, professeur à l’université.
     

    Le gouvernement a fait des concessions. Il a nommé un nouveau secrétaire d’Etat à l’éducation publique. Ce dernier, Laszlo Palkovics, a annoncé que le Klik allait être restructuré d’ici le 1er juillet. L’organisation du système éducatif est « trop centralisée » a-t-il reconnu lors d’un entretien avec RFI le 18 mars. « Nous allons mettre en place une organisation moins centralisée, plus proche des écoles et qui les comprend mieux ». Jusqu’ici les professeurs atteignant l’âge de la retraite devaient quitter leur poste illico, même en plein milieu de l’année scolaire. Or ils n’étaient pas remplacés – l’un des motifs de la grogne actuelle. « Désormais les retraités pourront rester en poste 1 à 2 ans supplémentaires si nécessaire » a indiqué le secrétaire d’Etat. Il a admis que les tâches administratives supplémentaires imposées aux professeurs étaient « un fardeau trop lourd » et qu’elles seraient allégées. Par ailleurs, le système d’évaluation et de prise en compte de l’ancienneté, autre motif de mécontentement, va être modifié.
    « Les enseignants ont le droit de manifester » a ajouté Laszlo Palkovics, « en ce moment, il y a deux processus parallèles en cours ; d’une part, il y a des manifestations, des discours politiques, et d’autre part, il y a des discussions techniques sur l’éducation publique. Ce sont deux choses bien distinctes. »
    La table ronde organisée par le secrétaire d’Etat a mis en place six groupes de travail qui planchent sur tous ces thèmes. Autrement dit, la réforme… de la réforme du système scolaire a déjà commencé.

     

    Près de 15 000 personnes ont bravé la pluie glaciale pour protester mardi 15 mars contre la loi sur l'éducation publique. REUTERS/Bernadett Szabo

     

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