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    Europe

    [Reportage] Turquie: ville de transit pour les réfugiés, Izmir s'est transformée

    media Des réfugiés syriens photographiés dans une rue du quartier de Basmane, à Izmir, le 8 mars 2016. REUTERS/Umit Bektas

    C'est sur les plages et les criques de la région d'Izmir, grand port turc de la mer Egée, que partent de nombreux réfugiés vers les îles grecques voisines. Officiellement, il y a 80 000 réfugiés à Izmir, mais les ONG parlent plutôt de 200 000 personnes. Si la ville reste un carrefour majeur pour des milliers de migrants en route vers l'Europe, les passeurs ne travaillent plus aussi ouvertement depuis quelque temps. La ville s'est peu à peu transformée : au cimetière, un îlot réservé aux migrants est apparu. Dans le centre, des commerçants ouvrent les portes aux nouveaux venus.

    Avec notre envoyé spécial à IzmirAlexandre Billette

    Basmane, un quartier populaire du centre-ville qui compte plusieurs hôtels bon marché, est devenu un carrefour pour des dizaines de milliers de Syriens établis, plus ou moins temporairement, à Izmir. C'est aussi à Basmane que l'on peut trouver des passeurs et acheter du matériel pour prendre la mer.

    Des trafics plus discrets

    Mais quelque chose a changé dans le quartier depuis quelques semaines, les passeurs sont moins voyants, les vendeurs sont plus discrets, les taxis n'embarquent plus les réfugiés au grand jour vers la mer.

    « Ces derniers jours, il n'y a plus beaucoup de réfugiés, il y en a de moins en moins. Depuis deux ou trois mois, ça diminue. Avant, pour aller sur les plages, les taxis demandaient aux réfugiés 250, 300, 400 dollars, alors que pour les Turcs, au compteur ça serait 80 dollars. Mais maintenant, c'est interdit de transporter les réfugiés hors de la ville, plusieurs collègues ont été mis à l'amende », explique Hasan, chauffeur de taxi sur la place centrale de Basmane.

    Les trafics se font plus discrets avec ces nouvelles règles, les méthodes changent et les passeurs s'adaptent. Mais il n'y a pas moins de réfugiés, seulement peut-être plus de dangers pour ceux qui vont prendre la mer.

    Depuis le 1er janvier, plus de 400 personnes sont mortes en mer, en tentant de rejoindre une île grecque depuis les côtes turques. Le cimetière municipal, à Dogançay, non loin d'Izmir, compte désormais un espace pour ces réfugiés disparus en mer, un carré qui compte aujourd'hui plus de 400 sépultures.

    Le cimetière s'agrandit

    Les corps de ceux qui sont repêchés sans identité sont enterrés dans ce cimetière, avec de petites plaques numérotées sur les sépultures. L'imam Altan, en charge de ce cimetière, explique qu'il n'y a jamais eu autant de morts qu'au cours des derniers mois, surtout des femmes et des enfants. « 45% sont des enfants de zéro à dix ans, malheureusement. 35% sont des femmes, et le reste des hommes. Le mois dernier, il y a eu beaucoup de morts, soixante-dix dépouilles ont été acheminées ici. En général, ce sont les gardes-côtes qui trouvent les corps, qui sont ensuite envoyés à l'hôpital. On attend quinze jours et si personne de la famille ne réclame le corps, on effectue un prélèvement d'ADN et on les enterre ici, selon les rites de l'islam », raconte le religieux.

    Le carré a une capacité de 500 tombes. L'imam Altan prépare déjà un espace supplémentaire, lorsque celui-ci sera rempli.

    Pendant ce temps, dans le centre, la vie continue, malgré tout, malgré les morts, malgré les arrivées intarissables de candidats à l'immigration en Europe.

    La fermeture des frontières congestionne la bourgade

    En raison des déficiences des structures officielles, ce sont bien souvent des ONG ou des associations qui viennent en aide aux réfugiés. A Basmane, Yalç1n Yan1k a ouvert les portes de son atelier de cuir pour en faire une maison de quartier qui accueille notamment des enfants syriens. Le rez-de-chaussée de sa maison est transformé en lieu d'accueil pour les gens du coin.

    Aujourd'hui, c'est un spectacle de marionnettes qui est donné dans la cour pour les enfants du quartier : syriens, turcs, kurdes... Yalç1n Yan1k a vu le quartier évoluer depuis ces dernières années. « Il y a plus de Syriens d'année en année, constate-t-il. A partir du moment où l'Allemagne a parlé d'ouvrir ses frontières, de plus en plus de personnes sont arrivées ici. Mais depuis quelques temps, la tendance s'est inversée, c'est plus difficile de traverser. Malgré tout, les Syriens viennent à Izmir et tentent ensuite de faire venir leurs proches toujours bloquées en plein milieu de la guerre en Syrie. Donc ils sont en quelque sorte coincés ici et il y a plus de réfugiés chaque jour.

    L'Etat turc est débordé par la crise des réfugiés. Du coup dans le quartier de Basmane, ce sont des ONG qui ont pu ouvrir par leurs propres moyens une école en langue arabe pour les enfants syriens d'Izmir.

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