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    [Reportages] Quelles options pour les réfugiés coincés en Grèce?

    media Une réfugiée syrienne installée avec sa tente près de la frontière gréco-macédonienne, à proximité du village d'Idomeni. REUTERS/Alkis Konstantinidis

    L’UE et la Turquie cherchent à conclure un accord sur la crise migratoire, qui prévoirait notamment le renvoi en Turquie des réfugiés et migrants arrivés illégalement dans les îles grecques. Plus de 45 000 personnes sont actuellement bloquées en Grèce, du fait de la fermeture de la « route des Balkans ». Depuis que la frontière macédonienne a fermé, au début du mois, leur nombre ne fait qu'augmenter. Ils s'interrogent sur la meilleure marche à suivre.

    Avec nos envoyés spéciaux et notre correspondante à Athènes,

    A Idomeni, près de la frontière macédonienne où se trouve notre envoyé spécial Jean-Arnault Dérens, la question du sommet européen est sur toutes les lèvres et dans toutes les têtes. Paradoxalement, un certain espoir subsiste. Beaucoup de réfugiés restent convaincus que les dirigeants européens contraindront les pays des Balkans, notamment la Macédoine, à rouvrir les frontières, qui sont totalement fermées depuis le 9 mars. Cette option a pourtant bien peu de chance d’arriver sur la table.

    Plus de 10 000 personnes se trouvent en ce moment à Idomeni, dans des conditions humanitaires et sanitaires de plus en plus catastrophiques. Autant sont bloquées dans d’autres petits camps disséminés dans le nord de la Grèce, notamment sur les stations-service de l’autoroute ou dans la périphérie de Thessalonique. Le camp d'Idomeni étant saturé, les autorités grecques ont en fait ouvert d'autres camps officiels en dur autour de cette grande ville du Nord, pour accueillir à long terme toutes ces personnes. Comme les camps de Nea Kavala, Chirso ou encore Diavata.

    Autre envoyé spécial de RFI, Simon Rico s'est de son côté rendu dans un tout nouveau camp, ouvert dans le port de Thessalonique, à côté des rares cargos qui viennent encore débarquer leurs marchandises. Sur place, les ouvriers n'avaient pas encore achevé la clôture que 300 réfugiés étaient déjà arrivés, relate-t-il. « La situation est vraiment difficile pour tous ces gens. Rester ici, ce n'est pas une solution, mais je crois que c'est vraiment le mieux pour le moment », explique Fotini Keletsoglou, l'une des responsables de l'ONG médicale Praksis.

    Qu'adviendra-t-il si la Macédoine n'ouvre plus sa frontière ?

    Pour sa part, le camp de Diavata, aménagé dans une ancienne caserne militaire de la banlieue de Thessalonique, accueille plus de 2 500 personnes, dont de nombreux Afghans. Les conditions y sont bien meilleures qu'à Idomeni. Jeudi, les réfugiés ont pourtant organisé une manifestation devant les premiers journalistes autorisés à y entrer pour demander l'ouverture des frontières. Si la Grèce se prépare à accueillir à long terme ces candidats à l'exil, eux non pas renoncé à atteindre les pays riches du nord de l'Europe.

    Depuis deux ou trois jours, beaucoup de réfugiés tentent de rejoindre Idomeni pour être les premiers sur place dans le cas où si la frontière macédonienne s’ouvrait enfin. Des familles entières reprennent la route, marchant à pied le long de l’autoroute. Si les frontières ne s’ouvrent pas, que feront les réfugiés ? Nul ne le sait. Dans les discussions, ils reconnaissent que si cela devait arriver, ils auraient alors peu de possibilités s'offrant à eux.

    La première, ce serait de tenter de passer clandestinement en Macédoine, en ayant recours aux réseaux de passeurs. Une option non seulement dangereuse, mais aussi très coûteuse. Deuxième option : revenir vers Athènes ou Thessalonique, pour tenter de s’inscrire dans les programmes de « relocalisation » dans les pays de l’Union européenne. Mais les quotas prévus sont déjà dépassés. Enfin, troisième piste : tout simplement rester sur place.

    Pour ceux déjà passés, la crainte d'un retour forcé en Turquie

    A l'heure actuelle, les jeunes gens qui voyagent seuls essaient déjà de franchir la frontière. Certains parviennent toujours à trouver des failles dans le mur de barbelés érigé par la Macédoine. Par contre, à Idomeni, il y a beaucoup de familles et près de la moitié des réfugiés sont des enfants. L’épuisement, le désespoir et une certaine apathie dominent parmi eux.

    De nouvelles tentatives de passage en force de la frontière, comme celle qui a échoué lundi, semblent donc, du moins de prime abord, peu probables dans les prochains jours. Quant à un retour forcé en Turquie, personne n’envisage cette option. Ahmat, un jeune Afghan de 16 ans rencontré jeudi près de Thessalonique, confie que sa famille a vendu tous ses biens pour payer les passeurs qui lui ont permis de franchir la mer Egée, entre la Turquie et la Grèce.

    « Nous n’avons pas fait cela pour revenir en Turquie », considère-t-il. D'autant qu'il a pris de grands risques au cours de cette traversée. Alors, pour sa part, Babar Baloch, porte-parole du Haut Commissariat aux Nations unies aux réfugiés, a tenu à lancer un appel depuis le camp d’Idomeni. S'adressant aux dirigeants européens, ils les invitent à ne pas oublier les principes du droit international sur la protection des réfugiés et des demandeurs d’asile.

    Un certain intérêt pour le système des relocalisations

    Pour le gouvernement Tsipras, la situation est véritablement un casse-tête, d'autant que de leur côté, les camps installés sur l'île de Lesbos, entre la Grèce et la Turquie précisément, sont eux aussi pleins. Ils ont néanmoins connu un petit répit cette semaine à cause du mauvais temps. Seules quelques centaines de personnes ont débarqué chaque jour, explique notre correspondante en Grèce, Charlotte Stiévenard, qui s'est rendue dans le camp de Kara Tepe.

    Notre consœur constate qu'à Lesbos, avec la fermeture de la « route des Balkans », les personnes s'intéressent de plus en plus au système européen des relocalisations. C'est le cas de Mohammed, un infirmier syrien de 23 ans, qui s'est arrêté pour discuter alors qu'il allait chercher sa ration de riz (la même depuis une semaine). Il attend son premier rendez-vous au service d'asile grec, car pour sa part, le choix est fait : il veut être légalement envoyé vers un autre Etat européen.

    Mohammed explique avoir le choix entre 21 pays : Belgique, Bulgarie, France, Allemagne, Estonie, Irlande, Espagne, Croatie, etc. Il doit en choisir huit et espère être ensuite retenu par l'un d'entre eux. C'est ce que fait Nesrine aussi, une jeune Syrienne qui voyage avec son petit frère et la famille de son oncle. Elle aurait préféré passer par les Balkans, pour rejoindre sa famille là où elle se trouve, mais elle explique ne plus avoir le choix.

    Le Bureau européen d'appui en matière d'asile le confirme par les chiffres : en Grèce, ils sont de plus en plus nombreux à montrer leur intérêt pour le programme européen. D'une centaine par jour avant, ils sont passés, il y a une semaine, à 650 en une journée. Mais en réalité, le système est encore lent. Depuis novembre, seules un peu plus de 570 personnes ont pu quitter la Grèce grâce au système mis au place par les pays de l'UE.

    Chronologie et chiffres clés
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