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    Europe

    Attentats à Bruxelles: la presse belge sous le choc

    media Un homme dépose des fleurs sur un trottoir de Bruxelles suite aux attentats qui ont frappé la capitale belge, le 23 mars 2016. REUTERS/Francois Lenoir

    Les Belges sont en état de choc au lendemain des attentats revendiqués par le groupe Etat islamique qui ont frappé Bruxelles mardi 22 mars. Entre récits, témoignages et remises en cause, l'émotion domine dans les médias belges.

    « L’union fera la force » : c’est le titre principal du quotidien Metro, le plus gros tirage en Belgique. Le quotidien reprend ainsi la devise de la Belgique « l’union fait la force », avec cette photo du Manneken Piss, autre grand symbole belge, arborant le drapeau tricolore noir jaune rouge.

    « Lâches, méprisables, aveugles : les mots ont plu hier - et pleuvront encore - de toutes parts pour qualifier les attaques qui ont frappé notre pays, soupire Metro. Pas facile pourtant de trouver les siens, de mots, face à cette tragédie. »

    « Le bruit est continu »

    « Bruxelles n’est plus qu’une sirène », lance Le Soir, autre grand quotidien belge. « Le bruit est continu, il sort de partout, il traverse la ville comme une blessure ouverte. Ambulances, voitures de pompiers, combis de la police, voitures banalisées gyrophares allumés hurlent leur passage. Les gens s’arrêtent, regardent, hébétés : ils ont les yeux vides. Ils savent que tout cela est vrai, ils savent aussi qu’ils savaient : cela allait, cela devait arriver. C’est la tristesse surtout qui est infinie, poursuit Le Soir, elle suinte des pavés, elle dégouline des trottoirs. »

    « Un geste, tout d’abord, écrit La Libre Belgique. S’incliner devant les victimes. Partager la douleur des familles. Une nécessité. Rendre hommage à ceux qui ont porté secours aux blessés. Un sentiment. La colère, le dégoût. La rage. Un cri. Non. Une attitude: faire face. Debout. »

    « Ces valeurs sont belles et universelles »

    La Libre Belgique poursuit : « Rien, absolument rien, pas même cette barbarie, ne doit nous empêcher de maintenir vivantes nos valeurs : la liberté, la tolérance. Parce que ces valeurs sont belles et universelles. Elles sont les nôtres depuis des siècles et jamais nous ne les abandonnerons. Notre volonté de vivre, celle du peuple belge et de tous ceux qui sont confrontés à cette pourriture, ne doit pas faiblir. Nous devons rester optimistes. Faire face, debout. Car sombrer dans le désespoir, la haine, la violence, à l’égard de quiconque, ce serait, précisément, donner raison à ces fanatiques. »

    Enfin cette lettre, poignante, de cet homme, belge, à son fils qui n’est pas encore né… Lettre publiée toujours par La Libre Belgique : « Tu n’es pas encore là et je suis déjà inquiet. Je te demande pardon, car aujourd’hui je doute. Je doute de ce que j'ai à t’offrir. Je doute que mes bras puissent te protéger jour et nuit de la bêtise des uns et des autres. Ce matin, j’ai le sentiment d’être terriblement égoïste. Égoïste de n’avoir que ça à t’offrir, un monde devenu fou, où la haine n’a jamais trouvé autant écho, où nos libertés n’ont jamais été autant remises en question. Jusqu’ici, je n’avais pas réalisé que donner la vie pouvait avoir quelque chose de si terrifiant… »

     

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