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    Combats entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan dans le Haut-Karabagh

    media Un soldat arménien de la République autoproclamée du Haut-Karabagh sur la ligne de front, à la frontière de l'Azerbaïdjan, en 2012. AFP PHOTO / KAREN MINASYAN

    Dans la nuit du samedi 2 avril 2016, les hostilités ont éclaté sur la ligne de contact du Haut-Karabagh, entre l’armée azerbaïdjanaise et les forces de cette région peuplée d’Arméniens. Une montée de tension aussi inattendue que violente, qui fait craindre une escalade dans ce conflit dit « gelé » du Caucase du Sud.

    Les parties parlent de « lourdes pertes ». Selon Erevan, 18 soldats arméniens ont été tués par les forces azerbaïdjanaises. Les violences qui ont débuté pendant la nuit de vendredi à samedi ont impliqué des tanks, de l’artillerie de gros calibre et même l’aviation. Les combats, lourds, se poursuivent.

    Selon l'état-major des forces de la région, un hélicoptère de l'armée azerbaïdjanaise a été abattu, ce que Bakou a reconnu. Erevan dément en revanche le bilan fourni par le ministère azerbaïdjanais de la Défense qui parle de six chars arméniens détruits. L'Azerbaïdjan affirme avoir repris le contrôle de « deux collines stratégiques et du village de Talych » ce que dément le porte-parole du ministère arménien de la Défense.

    Le président russe a réagi vite, ce samedi 2 avril. Vladimir Poutine appelle à un « cessez-le-feu immédiat » et à « faire preuve de retenue pour éviter qu'il y ait de nouvelles victimes ». Les ministres russes des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et de la Défense, Sergueï Choïgou, ont téléphoné à leurs homologues dans les deux pays pour tenter d'amorcer une désescalade.

    L'Arménie et l'Azerbaïdjan se renvoient la responsabilité

    Comme d’habitude, l’Azerbaïdjan d’un côté, l’Arménie et les autorités du Haut-Karabagh de l’autre, se renvoient la responsabilité. L’Arménie prétend que l’Azerbaïdjan a lancé une vaste offensive militaire le long de la frontière avec la république sécessionniste avec chars, artillerie et hélicoptères. Bakou, pour sa part, soutient que ses soldats ont riposté à des tirs d’artillerie de gros calibre et lance-grenades sur des zones résidentielles.

    « L’Azerbaïdjan traverse aujourd’hui une crise assez profonde, économique, sociale, en raison de la chute des prix du baril de pétrole. Il y a peut-être une tentative de diversion de la part de Bakou pour faire pression sur la communauté internationale, mais aussi détourner l’attention de la population azerbaïdjanaise en disant que la principale préoccupation, c’est le Haut-Karabagh et pas les crispations sociales et économiques », avance Gaïdz Minassian, chercheur à l'Ecole militaire de Paris.

    Les tensions sont beaucoup plus fréquentes depuis quelques années autour de cette région, alors que l’Azerbaïdjan et l’Arménie se livrent à une inquiétante course à l’armement. Mais les combats de la nuit dernière sont les plus violents qu’a connus le Haut-Karabagh depuis le cessez-le-feu de 1994. Cette petite région, habitée par 150 000 habitants, non reconnue par la communauté internationale, appartenait à l’Azerbaïdjan à l’époque soviétique et a été reprise par les armes par le côté arménien lors de la guerre de 1988-1994.

    Mettre la pression

    Assiste-t-on à une véritable reprise des hostilités ? Non, espèrent beaucoup d’observateurs, faisant remarquer que les montées de tension se produisent souvent autour des grands rendez-vous diplomatiques. Cette semaine, les présidents arménien et azerbaïdjanais étaient à Washington, moins pour parler de sécurité nucléaire que pour plaider leur cause dans le dossier du Karabagh.

    « Du côté de l’Azerbaïdjan, la marge de manœuvre est très réduite. Le fait de mettre la pression sur le front est une manière d’exercer également une piqûre de rappel à la communauté internationale pour lui dire que le problème du Karabagh doit être à l’agenda diplomatique international et qu’il ne peut pas être tout le temps rétrogradé, explique encore Gaïdz Minassian, chercheur à l'Ecole militaire de Paris. Et du côté arménien, il y a une volonté d’essayer de riposter à ces opérations qu’il dit de "diversion" parce qu’ils ont absolument besoin d’un plan de paix et pas seulement d’une déclaration. Ils ont donc tout intérêt à maintenir une position défensive. Mais depuis quelque temps, ils ont annoncé qu’ils changeraient de tactique et qu’ils passeraient dorénavant à des opérations de contre-attaque. »

    RFI

     

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