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    Europe

    Combats dans le Haut-Karabagh: Vladimir Poutine est très inquiet

    media Extrait d'une vidéo réalisée pendant les combats du 2 avril par le ministère de la Défense de la république autoproclamée du Haut-Karabagh. REUTERS/Nagorno-Karabakh Military Handout via Reuters

    Au moins une trentaine de victimes, essentiellement militaires, ont été enregistrées dans des combats d'une intensité inhabituelle déclenchés dans la nuit du 1er au 2 avril le long de la frontière du Haut-Karabagh, dans le Caucase du Sud, entre forces azerbaïdjanaises et arméniennes. Le président russe Vladimir Poutine a très vite réagi, appelant à un « cessez-le-feu immédiat » face au risque d'une reprise pour ce conflit vieux de plus de 20 ans.

    La tension est demeurée très vive, samedi, sur la ligne de contact. Mais elle aurait baissé peu à peu d’intensité, précise notre correspondant dans la région, Régis Genté. Dans la nuit du 2 avril, les forces armées d’Azerbaïdjan et du Haut-Karabagh, république autoproclamée soutenue par l’Arménie et peuplée en majorité par des Arméniens, se sont violemment affrontées. Un conflit vieux de plus de 20 ans. Le Haut-Karabagh faisait partie de l’Azerbaïdjan à l’époque soviétique, et a été conquis par le côté arménien au terme de la guerre de 1988-1994, qui a fait environ 30 000 morts.

    Réactions pour une désescalade

    De l’aveu du président arménien, Serge Sarkissian, c’est « l’affrontement le plus important enregistré depuis le cessez-le-feu de 1994 ». Chaque côté prétend avoir tué des dizaines, voire des centaines de soldats ennemis. C'est sans doute très exagéré, mais les combats ont tout de même impliqué des chars, de l’artillerie lourde et même les forces aériennes. Les autorités azerbaïdjanaises reconnaissent avoir perdu 12 hommes et un hélicoptère d’attaque, et prétendent avoir repris des territoires aux forces arméniennes - au moins deux collines stratégiques. Le côté arménien dit déplorer 18 victimes dans ses rangs et une trentaine de blessés.

    Cela fait au minimum une trentaine de victimes, essentiellement militaires. L’intensité des combats a surpris tout le monde, même si depuis quelques années, la situation est très tendue sur la ligne de contact, alors que Bakou et Erevan se livrent une dangereuse course à l’armement, le tout sur fond d’utilisation du conflit à des fins de politique intérieure. De Washington à Moscou, en passant par Bruxelles, Paris ou Téhéran, des appels à un cessez-le-feu immédiat ont été lancés. Peut-être même ont-ils été écoutés, bien qu'il est encore trop tôt pour savoir si les tanks vont rentrer dans leur casernes.

    Les raisons de l'engagement russe

    Face à cette reprise des hostilités aussi inattendue que violente, c'est Vladimir Poutine qui a été le premier à s'exprimer. Le président russe est très inquiet, a fait savoir le porte-parole du Kremlin. M. Poutine a appelé « les deux parties à un cessez-le-feu immédiat et à faire preuve de retenue pour éviter qu'il y ait de nouvelles victimes ». Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense russes ont contacté leurs homologues arméniens et azerbaïdjanais pour les inciter à une désescalade. La Russie a également entamé des consultations avec ses partenaires du groupe de Minsk de l'OSCE, en charge du dossier pour la résolution du conflit du Haut-Karabakh.

    Ces réactions aussi immédiates que vives de la Russie se justifient par les intérêts qu'elle a dans la région, explique notre correspondante à Moscou, Veronika Dorman. Depuis vingt ans, le statu quo de la petite république sécessionniste est garanti en grande partie par le Kremlin. Comme tous les conflits gelés que Moscou entretient, celui du Haut-Karabagh lui sert de moyen de pression et de contrôle, aussi bien sur Erevan que sur Bakou. L'Arménie est très dépendante de la Russie, sur les plans économique et militaire. Moscou est, en même temps, le principal fournisseur en armes de l'Azerbaïdjan. En maintenant le rapport de force, la Russie préserve son influence sur ces deux voisins caucasiens.

    Une stratégie pour détourner l'attention ?

    Il y a aussi la question turque. « Indirectement, les tensions entre la Turquie et la Russie jouent un effet sur la situation, considère Gaïdz Minassian, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). Mais ni la Turquie ni la Russie ne veulent d’une guerre dans la région. La Syrie, l’Irak, l’Ukraine, ça suffit déjà. Et la Russie n’est pas si pro-arménienne que ça dans cette affaire, parce qu’elle vend autant d’armes à l’Arménie qu’à l’Azerbaïdjan, et qu’elle joue une sorte d’équilibre pour se mettre un peu en avant, considérant qu’elle a une influence naturelle et un droit de regard sur cette région qui était une ancienne région soviétique. »

    « On sait très bien qu’en coulisse, il y a un jeu ambigu de la part de Moscou dans cette affaire, ajoute le chercheur. Et la Turquie, elle, est pro-azerbaïdjanaise. Elle peut de temps en temps souffler sur la braise ou alors calmer les ardeurs d'Aliev (président azerbaïdjanais, NDLR). Mais en gros, ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’aujourd’hui l’Azerbaïdjan traverse une crise assez profonde, économique, sociale, en raison des chutes du prix du baril de pétrole. Il y a peut-être une tentative de diversion de la part de Bakou pour faire pression sur la communauté internationale, mais aussi détourner l’attention de la population azerbaïdjanaise. »

    → À relire : Combats entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan dans le Haut-Karabagh

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